Tout est à reconstruire. Tout commence.

Texte paru dans le Figaro du  27 avril 2017.

 

Cette élection présidentielle laissera à des millions de Français le sentiment amer d’un rendez-vous manqué ; et cet échec est lourd de conséquences. Alors que notre pays, pourtant riche d’un potentiel exceptionnel, traverse une crise qui touche aujourd’hui toutes les dimensions de notre vie collective, il était plus nécessaire que jamais d’aboutir à un choix clair, assumé, et rendu légitime par un vrai débat de fond. C’est ce cap cohérent qui a tant manqué à la France depuis cinq ans. Pouvions-nous nous offrir le luxe d’un nouveau choix grevé d’ambiguïtés ? C’est pourtant ce qui vient d’arriver. Emmanuel Macron va emporter cette élection présidentielle en ayant essayé jusqu’à un mois avant le vote de ne pas présenter de projet, remplaçant l’exigence démocratique de clarté et de transparence par une stratégie marketing qui disait tout et son contraire à toutes les clientèles possibles : la France est coupable de crimes contre l’humanité, mais en même temps ils ont eu des aspects positifs ; M. Saou est un islamiste radical, mais en même temps c’est quelqu’un de très bien ; il faut promouvoir la culture française, mais en même temps elle n’existe pas ; il faut plus de protection sociale, mais en même temps moins de charges… A quelques jours du premier tour, dans une triste comédie, les partisans de M. Macron scandaient ce « en même temps », devenu symbole des séductions contradictoires par lesquelles ils avaient été attirés, et que notre pays va maintenant payer au prix fort par la colère et la frustration qu’elles ne manqueront pas de susciter à l’inévitable épreuve du réel.

A rebours de ces calculs, la droite avait vécu une expérience forte de clarification politique, à travers une primaire dont le débat avait suscité une très large participation. Elle était prête à contribuer à cette élection présidentielle en proposant un projet approfondi, explicite, courageux, et légitimé par des millions de Français. On connaît la suite : il est apparu que François Fillon n’avait pas été fidèle à l’idée qui l’avait fait sortir vainqueur de cette primaire, et il s’en est suivi un emballement médiatique qui a dépassé de très loin le devoir d’information. Dans cette affaire, la première victime n’a pas été la droite, mais la France : il aurait fallu parler d’emploi, d’éducation, de famille, de culture, d’innovation, de fiscalité, de sécurité, de défense… et nous avons finalement débattu pendant deux mois de costumes et d’assistants parlementaires. Aujourd’hui, une campagne défectueuse accouche d’un choix par défaut. Un de plus. Un de trop.

Maintenant, la responsabilité qui pèse sur la droite est immense : délivrée des affaires qui pesaient sur son candidat, elle doit porter avec force son projet pour les élections législatives, dont l’enjeu sera décisif. Il faut rassembler une majorité de Français autour de ce projet, face à M. Macron, afin d’éviter que se réalisent les dérives graves sur lesquelles nous n’avons cessé, à raison, de lancer l’alerte tout au long de ces derniers mois. Ne pas reprendre le flambeau, ce serait de toute évidence laisser M. Macron installer le scénario dont il rêve, celui d’un duo pour dix ans avec Marine Le Pen dans le rôle de seule opposante. C’est tout le sens du rouleau compresseur moralisant par lequel ses soutiens exigent que tout responsable public fasse séance tenante allégeance à leur candidat, au motif qu’en dépendrait un second tour qu’ils ont pourtant déjà célébré comme un succès gagné d’avance… Cette stratégie d’intimidation est un scénario bien rôdé ; mais elle constitue un grand risque pour l’avenir de notre débat politique, alors que la peur qu’on nous mime ne se fonde sur aucun élément raisonnable.

Car cette élection nous livre un dernier enseignement. Mme Le Pen ne gagnera pas ce second tour : jamais, même à l’issue d’un premier tour aux régionales qui lui était bien plus favorable, elle n’a suscité autour d’elle une majorité ; et ce ne sont pas les contradictions tout aussi inquiétantes de ses lieutenants, qui lançaient lundi matin un appel pathétique aux soutiens de Nuit Debout, qui pourront la réunir. Le Front National apparaît donc pour ce qu’il est : une formidable machine à empêcher le renouveau, et à maintenir en fonction les tenants de la déconstruction. Mme Le Pen avait fait élire François Hollande en 2012, et elle s’apprête à rééditer l’exploit : il aura fallu tout son poids pour réussir aujourd’hui cette incroyable prouesse, que le premier président à avoir été assez impopulaire pour ne même pas oser se représenter soit pourtant remplacé par celui qu’il voit comme son « fils », son double et son héritier.

La situation est donc claire : au terme d’une campagne qui n’aurait hélas pas pu lui être plus propice, il est désormais certain que le Front National ne sera jamais qu’une impasse pour les électeurs qui se tournent vers lui. Il les condamne ainsi au désespoir politique. Si nous ne voulons pas que demain toutes les colères de la France ne finissent par déborder avec violence la voie de nos institutions, il nous faut reconstruire une proposition qui puisse parler à tous ceux que les transformations du monde laissent aujourd’hui au bord du chemin. Ce n’est pas l’injonction morale qui nous sortira de ce piège, c’est le travail politique, quand il fera l’humble effort de se remettre au service de tous, et notamment des plus fragiles parmi nous. Nous devons porter le projet d’une société qui saura d’autant mieux aborder les opportunités nouvelles qu’elle aura su reconstruire les permanences qui la fondent – la famille, l’école, une culture ancrée dans la fécondité d’un héritage, un modèle politique solide qui garantit nos libertés – toutes ces stabilités que la société liquide du progressisme naïf continuera de fragiliser, au détriment des plus vulnérables. M. Macron est le candidat de ce qui marche sans savoir où, nous devons défendre ce qui demeure et qui nous relie – parce que cela seul peut donner à la France une raison de s’engager dans l’avenir avec confiance et liberté. Si nous n’y parvenons pas, notre débat politique sera durablement paralysé, incapable d’offrir un vrai choix démocratique, et la défiance qu’il suscite ne cessera de s’aggraver. Le travail qui nous attend est immense. Tout est à reconstruire. Tout commence.

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30 réponses
  1. Rivière de Précourt
    Rivière de Précourt dit :

    Monsieur,
    Bravo pour votre bel engagement politique qui s’inscrit dans la ligne de vos valeurs; vous avez manqué la victoire d’un cheveu; gageons qu’elle viendra en son temps…
    A propos de notre nouveau Président, que pensez-vous de la conception qui est la sienne de cette « bienveillance » qu’il nous ressort à intervalles réguliers ? Guillaume Leblanc en donne dans La Croix une approche philosophique que je trouve pour le moins plutôt alambiquée :

    http://www.la-croix.com/Debats/Forum-et-debats/Emmanuel-Macron-conception-liberale-bienveillance-2017-06-23-1200857502

    Avec toute ma considération.

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  2. Fiorenza
    Fiorenza dit :

    Merci de nous aider à espérer en une renaissance culturelle et politique !

    Notre questionnement est grand depuis le premier tour de l’élection présidentielle : comment est-il
    possible que François Fillon ait été éliminé alors que ses propositions étaient claires, courageuses,
    et adaptées à la vision gaullienne de la culture française ?

    Une coalition médiatique, sans rivale dans les pays libres, a-t-elle fini par détruire les ressorts du pluralisme
    politique ? Cette uniformité de la bien-pensance auto-proclamée nous laisse sans voix !

    Sommes-nous si déphasés dans notre propre pays ? Quel sentiment étrange de voir s’écrouler
    tant de fortifications !

    Aidez-nous à retisser des liens entre les différentes strates de la société, non pas en gommant
    notre culture spécifique comme le souhaite la doxa macronienne, mais en revenant aux invariants
    culturels qui ont toujours servi de boussole aux nouveaux arrivants !

    Puissiez-vous, au sein d’une droite humaniste, trouver le chemin qui nous mènera vers une France libérée du multiculturalisme, de l’extrême-droite et de la gauche robespierriste, nos trois écueils principaux !

    Avec notre plus chaleureux soutien !

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  3. CHEREL
    CHEREL dit :

    Cher Monsieur
    Avec 45% des voix au 1er tour sur les FN-LR-NDA, il parait clairement nécessaire d’ouvrir de nouvelles perspectives. Installer un véritable dialogue avec des responsables du FN, notamment Marion Maréchal Le Pen, et des personnalités de la Droite « hors les murs », dont JF. Poisson et R. Ménard. Concrétiser durant ce mois de mai la recomposition de la Droite pour rassembler les électeurs sur un vote performant aux législatives des 11 et 18 juin prochains. Contribuer à la recomposition de la Droite pour gagner en 2022 sur un programme clarifiant la priorité aux intérêts nationaux et à la protection des plus faibles.
    Confiant à nouveau dans votre compréhension de la nécessité de cette recomposition mobilisatrice, je vous prie d’agréer l’expression de ma respectueuse considération.
    Jean Cherel

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  4. denis
    denis dit :

    Bonjour,
    Et vous revoilà parti pour une nouvelle salve de tirs sur le FN comme si c’était LE seul parti qui incarne toute l’incohérence de la vie politique actuelle. Avec votre investiture LR aux législatives vous prétendez participer à une reconstruction « cohérente » dites-vous ?
    Vous n’êtes pas aveuglé au point de ne pas voir le manque de cohérence actuelle, pour ne pas dire plus, du parti LR ? Espérer rebatir tel que « la droite et le centre » dans un projet cohérent me semble impossible.
    Au sujet de Marine Le Pen en 2012, vous continuez à dire sans la moindre nuance « a fait élire Hollande » alors qu’elle a dit « à titre personnel je voterai blanc et je ne donne aucune consigne de vote »
    https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lection_pr%C3%A9sidentielle_fran%C3%A7aise_de_2012#Campagne_2
    Dans le même temps F Bayrou a indiqué qu’il voterait F Hollande …
    Quelles informations particulières avez-vous eu pour être CERTAIN (« c’est un fait ») que les électeurs FN ont « fait élire Hollande »?
    Vous dites à juste titre « Il est inutile d’invectiver » mais que faites-vous depuis 15 jours à l’égard du FN ?
    cordialement

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    • admin
      admin dit :

      Bonsoir,
      Eh bien je ne sais pas où est l’esprit de parti qui aveugle, mais je suis bien triste de voir que décidément il vous est si difficile de lire simplement ce que je tente d’exprimer. Je laisse le temps, qui apaisera j’espère les tensions de cet entre-deux tours si peu propice à la réflexion, rendre justice à ce que nous aurons écrit.
      Bonne soirée,
      Fxb

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  5. Martin de Waziers
    Martin de Waziers dit :

    Mais qu’a donc fait la France pour que se déchaîne la situation actuelle, que les familles s’entre-tuent, que les amis se vouent aux gémonies et que la haine remplace l’amour dans tous les discours? Notre devise paraît bien vilipendée quand on voit que, sous prétexte d’une égalité à tout crin, nous avons gâché la fraternité de bon aloi au risque de perdre, à jamais, la liberté chérie qui permet à chacun de se sentir à l’aise dans son pays!

    Chacun s’accroche à ses acquis et tout débat national est renvoyé dans les limbes d’où il renaîtra, peut-être, un jour venu! Nous avions vu cela avec le livre blanc sur l’éducation lorsque Luc Ferry avait permis à plus d’un million de Français de s’exprimer sur un thème cher à chacun… Le résultat avait été enterré: où est le respect?

    Alors, au risque de paraître à nouveau trop idéaliste, a-t-on un espoir de récréer un environnement de concertation et de partage ou chacun puisse s’exprimer librement sans risquer de s’attirer la ire.

    Revenons à la France, au symbole de notre drapeau, à notre devise et calmons ce jeu délétère!

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  6. admin
    admin dit :

    Merci pour vos commentaires. Ils témoignent largement, je crois, de la difficulté à prendre le recul nécessaire dans cette période de vive tension. Mon propos cherchait seulement à réfléchir à notre avenir, bien au-delà de ce second tour. Je ne cherche qu’à faire un constat lucide pour que nous puissions reconstruire de vraies perspectives pour notre pays. Si vous m’avez fait l’amitié de me lire ici, vous savez que je n’ai jamais développé de propos partisan ; je ne commencerai pas maintenant. J’essaie simplement de regarder la réalité en face. Pour ma part je ne veux pas que ma génération soit coincée pendant les trente prochaines années entre un progressisme assumé qui, en entretenant la fiction d’une dérégulation heureuse, continuera de fragiliser les plus vulnérables et de susciter leur colère – et de l’autre côté un Front national, dans lequel nous ne pouvons nous reconnaître. Beaucoup d’entre vous parlent de « l’union des droites », mais de quelle union parlons-nous avec un parti qui revendique d’avoir le même programme économique que Jean-Luc Mélenchon ? Dont bien des cadres, comme l’ont encore montré les dernières semaines, sont obsédés par la négation de la Shoah ? Avec un parti dont le vice-président considère que la question de la famille est aussi importante que la culture du bonsaï ? C’est un fait, Marine Le Pen a fait élire François Hollande en 2012 ; je ne suis personne pour lui reprocher son choix à l’époque, je ne puis que le constater, pour tirer de ces faits les enseignements qu’ils imposent. Bien sûr, si la droite avait réussi, elle n’en serait pas là aujourd’hui ; mais si le FN pouvait prendre la place d’une proposition politique cohérente à droite, il réussirait aujourd’hui. Ce n’est pas le cas. Nous devons donc travailler pour reconstruire cette proposition, et c’est simplement ce que j’ai essayé d’esquisser dans ce texte. Que chacun vote en conscience. Il est inutile d’invectiver, ce qui compte est l’effort qui nous attend. Je ne me sens pas responsable des dernières décennies, mais responsable pour ma petite part de ce que nous ferons des leçons qu’elles nous laissent. Merci pour vos commentaires. Fxb

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    • Chedrac
      Chedrac dit :

      Merci Monsieur pour vos précisions.

      Je crois que la majorité des commentateurs ici, et plus généralement des votants FN, sont loin d’en faire une apologie pour autant. Institution humaine, le Front National est par définition faillible, comme tous les autres partis du reste. Mais il s’agit dans ces élections, comme dans toutes les élections, de faire d’un choix pragmatique. Je ne crois pas qu’on demande aux français une adhésion entière et totale à un parti idéal (qui de toute évidence n’a jamais existé et n’existera jamais). C’est le jeu contestable de la politique, des élections, et de la démocratie en général (Existe-t-elle vraiment d’ailleurs ?).

      Je me permets alors d’émettre une légère réserve quant à votre argumentaire.
      Il semblerait qu’on ait atteint, une fois de plus, une fois de trop, le point Godwin dans le débat. La logique est simple et efficace : ici votre évocation du négationnisme (qui peut être aussi celle d’Hitler, du nazisme ou de la Shoah) suffit à mettre un terme aux discussions, les arguments sensés ayant été remplacés par des grossissements extrêmes.

      Vous parlez ici « de bien des cadres », alors même que les journaux peinent à les recenser et se les arrachent comme des trophées de guerre, à brandir comme des épouvantails au public « so shocked ». Ce genre de comportement est à blâmer, nous sommes tous d’accord sur ce point. Mais que cela serve d’argument d’autorité et illustre une critique fort peu étayée ne démontre qu’une chose: la pauvreté et la faiblesse de la pensée du politiquement correct que l’on tente d’imposer à l’opinion commune. Les débats, son seulement bloqués sur le prix des costumes comme vous le dites très justement le sont aussi sur des caricatures qu’ils ‘agirait de dépasser.

      Quant à l’échec de la droite en 2012, que vous faites porter par le FN permettez-moi de mettre cela sur le compte de la mauvais foi. Suite au quinquennat fort décevant de N. Sarkozy, NKM pour ne citer qu’elle a suffisamment nuit à ce parti pour que ce dernier ne se prononce pas. Et comparé aux malheureuses consignes de F. Fillon, le silence de Marine Le Pen à cette époque parait presque plaisant

      Cordialement,

      Mathilde Chédrac

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  7. Bourillon
    Bourillon dit :

    Cher François-Xavier,
    Cette fois, vous nous décevez parce que vous répétez trop docilement la dialectique mortelle de la « Droite » qui obéit à la dictature intellectuelle et immorale de la « Gauche ».
    A défaut d’avoir le courage d’appeler à voter contre Macron, vous auriez du vous taire cette fois-ci et rester en réserve pour être prêt à participer à la composition d’une droite large et capable de rassembler les Français, en incluant une alliance avec le FN . Cela ne peut pas commencer par l’expression du mépris.

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  8. De Caux
    De Caux dit :

    Cher monsieur. Si je partage une partie de votre analyse et m’accorde avec un certain nombre de vos textes je ne peux vous entendre dire que MLP est responsable de l’élection de Mr Hollande.
    C’est le refus d’une droite frileuse et masochiste de reconnaître chez MLP des objectifs et des références communs (enfin avec ceux au moins du RPR car pour la suite c’est plus que douteux) donc la volonté de diaboliser « démocratiquement » un mouvement qui est le premier responsable. Cette politique, choisie par Chirac est la première responsable de la situation actuelle de la France. En effet, la force de notre adversaire, ce sont nos faiblesses, nos reniement et nos erreurs.
    Aujourd’hui la puissance des médias inféodés aux intérêts anti-nationaux poursuit ostensiblement une campagne de conditionnement des masses avec une violence, une puissance et des mensonges comme rarement sinon sous la Révolution cela s’est produit jusque là. Vous le dites : « C’est tout le sens du rouleau compresseur moralisant par lequel ses soutiens exigent que tout responsable public fasse séance tenante allégeance à leur candidat, au motif qu’en dépendrait un second tour qu’ils ont pourtant déjà célébré comme un succès gagné d’avance… » Le genèse montre clairement d’où vient cette tactique. CS Lewis en parle très bien.
    C’est que l’enjeu et de taille, et la possibilité pour la France d’une alternative réelle même si elle reste fragile et déjà minée par beaucoup d’intêret partisans et de pollution politicienne contractée par le bain ambiant et les ambitions personnelles.
    Il est triste pour moi de constater qu’un homme de reflexion comme vous puisse affirmer sans aucune prudence (l’avenir ne se dicte pas et tout est toujours possible même si cela peut être moins probable car « vos voies ne sont pas mes voies… »), qualité essentielle d’un homme politique : « Mme Le Pen ne gagnera pas ce second tour ». Et au lieu de se remettre en cause et de fairfe un bilan de la situation qui permette de voir sa part de responsabilité, reporter la faute sur un adversaire et là encore bien triste. Ces discours politiques qui choisissent de voir ce qui ne va pas chez les autres avant que de reconnaître ses insuffisances sont la cause principale de la situation actuelle de la France, la cause principale de la disparition du politique véritable au profit de la politique, la cause principale enfin de la disparition de la Nation par perte du bien commun.
    Qui peut cependant se targuer de ne pas être contaminé par cette influence maléfique omniprésente ?
    FD

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  9. de Richemont
    de Richemont dit :

    Cher F.X Bellamy, « Tout est à reconstruire. Tout commence. ». Synthèse pertinente, juste et réfléchie, mais votre analyse semble quelque peu contestable. Je ne voudrais pas vous paraître ni cacochyme ni présomptueux, mais s’il semble probable que Marine Le Pen nous conduit dans une impasse, elle est pour l’heure moins visible que les 40 ans nous ont mis sciemment dans la nasse de la déconstruction sociétale et civilisatrice. Nos ténors de la politique ne tarissent pas de projets d’ordre économiques en considérant sans doute que les difficultés sociales disparaitront de fait. Et pourtant la réalité est tout autre, ce qui tend à démontrer qu’aucun de nos politiques ont eu ou ont la carrure d’un réel chef d’état. Pour l’une (Marine Le Pen), elle ne manque pas de pertinence sur le plan sociétal, l’immigration particulièrement, les autres ont peut-être un meilleur bien-fondé en matière d’économie, mais aucun ne semble être capable de réunir simultanément ces 2 formes d’adéquation. Alors tout reconstruire, certes, mais avec qui ? Tout commence, non; tout recommence, c’est un éternel mythe de Sisyphe qui a et aura de longs jours devant lui tant que les hommes s’obstineront à nier et à écarter leur dimension transcendée et spirituelle qui leur permettrait d’en rabattre quant à leur superbe et leur inéluctable orgueil qui se noie dans l’ignorance. Trop d’enfants gâtés peuplent notre pauvre pays, leurs égoismes les écartent des réalités, et tant qu’ils n’auront pas faim (au vrai sens du mot) ils ne cesseront de courir vers des veaux d’or imaginaires ou virtuels. A moins d’une intervention divine, ne faut-il pas admettre que notre civilisation chrétienne se meurt, il n’y aura donc rien à reconstruire, tout est peut-être finissant. A votre prochain commentaire toujours épatant et honnête.

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  10. Chedrac
    Chedrac dit :

    « Le Front National apparaît donc pour ce qu’il est : une formidable machine à empêcher le renouveau, et à maintenir en fonction les tenants de la déconstruction. Mme Le Pen avait fait élire François Hollande en 2012, et elle s’apprête à rééditer l’exploit ».

    Quelle déception d’entendre des analyses aussi simplistes et caricaturales dans vos écrits ! Le renouveau n’est pas empêché comme vous le dites par le front National, mais bien au contraire par sa diabolisation et sa marginalisation à laquelle vous contribuez ici ! La droite n’a de cesse de se rapprocher de la gauche pour se distinguer du FN, tant par lâcheté que par peur de rompre avec la tradition consensuelle qu’elle s’impose. Alors un peu de courage …

    Quant aux élections de 2012, pardonnez moi, mais je crois que la droite ne peut s’en prendre qu’à elle même. Faut-il ainsi rappeler quelle fut la porte-parole de campagne de Sarkozy? NKM préféra perdre son énergie et son crédit dans la critique virulente d’un parti grossièrement jugé (« Le front antinational »), plutôt que de tenter un quelconque rapprochement. Et concernant le choix que Le Pen fit de ne pas appeler à voter N.Sarkozy, bien que regrettable j’en conviens, il me paraît bien moins dévastateur que celui de Fillon qui appelle ouvertement à suivre Macron. Quelle trahison ! On disait avant UMPS en riant, et l’on ne croyait pas si bien dire !

    Merci aussi de bien vouloir arrêter de taxer le FN de responsable de tous nos malheurs. Cela parait un peu facile d’en faire le bouc émissaire de la pensée unique et du politiquement correcte. Ce dernier bien au contraire semble être le symptôme de la crise politique que nous traversons, au sens ou il démontre par sa seule existence contestataire l’impuissance et l’inertie des partis traditionnels (dont Les Républicains font évidemment partie.)

    Enfin, que comprendre de votre message ? Voter blanc ? Ce serait donner à Macron ses chances … ce sera inutile ensuite de protester et de jouer les indignés. Cette situation vous l’aurez choisi. On peut trouver Marine outrancière, penser autrement, mais face à Macron le choix est vite fait.

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  11. CHEREL
    CHEREL dit :

    Cher Monsieur
    L’appel à la recomposition de la Droite, timide actuellement, va sans doute s’amplifier. P. Lellouche, C.Boutin, Y. Meaudre, M.C Danen du PCD et aujourd’hui JF Poisson vont dans ce sens. 7 manifestations massives LMPT en 2013-2014 et 2016 – avec le succès reconnu de la marche pour la vie 2017 – pour que la Droite classique propose un gouvernement avec NKM, Luc Chatel et F. Baroin ? Notre groupe d’amis qui a encouragé F. Fillon au début de sa campagne considère que maintenant, en bonne philosophie, le curseur doit se déplacer à droite. Et que pour cela, il convient naturellement de voter à Droite le 7 mai et les 11 et 18 juin prochains. Nous, comme vous sans doute, pensons que les bienfaits de 2000 ans de civilisation, la « matrice sécurisante », appellent à inscrire les racines chrétiennes de notre pays dans la Constitution, comme JF l’a courageusement proposé récemment à l’Assemblée nationale. Que cette matrice sécurisante permet à des intellectuels comme Luc Ferry et Jean d’Ormesson de brillantes analyses du paysage politique assortis de conseils aux lecteurs et électeurs, se voulant apaisés. Mais, oubliant peu ou prou le travail laborieux de construction de ce cadre sécurisant, il nous semble que nos intellectuels médiatisés rentrent de plus en plus dans le virtuel. Finkielkraut, Onfray, P. Bruckner appellent eux à se reconnecter au réel. Nous avons besoin d’intellectuels appelant de plus en plus à cette reconnexion au réel. Montrant un visage plus conforme au réel , que l’Europe peut et doit se réorienter sur de nouveaux partenariats mondiaux, avec des Chefs d’état reprenant la main et faisant jouer à plein le principe de subsidiarité, bien dévoyé actuellement.
    Confiants dans votre compréhension et votre future influence à l’Assemblée, nous vous prions d’agréer notre respectueuse considération.

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  12. DUPRE
    DUPRE dit :

    Je ressens la déception de beaucoup dans ces propos. Je ne prétends pas à votre culture. Mais si j’apprécie beaucoup vous lire sur dans de nombreux domaines, en matière politique je reste très circonspect par certaines approches. J’assiste avec une forme d’impuissance à un aveuglement de la droite LR, et notamment mes amis de Sens commun. Peut on gagner lorsqu’on a perdu les classes populaires fort peu réceptives au discours économique, social et faussement identitaire de M. Fillon? Peut-on gagner lorsqu’on a depuis très longtemps (hors une parenthèse sarkozyste) perdu le vote d’adhésion de l’ensemble des classes d’âge étant sur le marché du travail, et notamment les jeunes (10%)? Peut-on gagner lorsqu’on a une approche très citadine, faussement souverainiste et relativement propre sur elle du Bien commun (pardon de l’écrire ainsi, je ne trouve pas mieux) ? Peut-on gagner avec les seuls retraités comme base (40% d’entre eux ont voté M. Fillon) et croire encore que l’on a un projet ancré dans le réel et porteur d’avenir pour la France? Peut-on gagner avec des ambiguïtés anthropologiques permanentes ? Peut-on gagner en tapant sur l’électorat de Marine le Pen via les attaques caricaturales contre celle-ci? Qu’il y ait eu des bons éléments dans le projet de M. Fillon, je ne le nie pas. Qu’il y en ait eu qui soulèvent de grandes interrogations sur le Bien commun aussi, et j’ai trop peu entendu les évoquer par vous ou d’autres…Nous venons d’un milieu que je crois comparable, mais dont j’ai eu l’opportunité de m’éloigner sans doute davantage que vous. Vous êtes confronté comme moi à la misère du milieu éducatif. J’ai également l’opportunité, outre le milieu scolaire et universitaire, d’y être confronté au niveau judiciaire et dans la délinquance. Je n’ai pu que constater chaque jour combien M. Fillon était éloigné des préoccupations des français et de nombre de leurs besoins. Dans sa rhétorique inaudible à trop de gens (n’est-ce pas Aristote qui relevait la nécessité de l’adaptation du discours politique…). Dans les arguments, mettant en avant son projet d’économie qui devait sauver la France alors que les attentes dépassent largement ce cadre restreint, qu’il s’agisse de déclassement, d’éducation, d’immigration, de santé, de justice. Enfin, et ce qui me déçoit le plus, accuser encore une fois le vote Le Pen de défaite de la France relève d’une forme de démagogie insupportable. Pourquoi vote-t-on Le Pen, laquelle serait une formidable machine à empêcher le renouveau? Peut-être parce que le renouveau ne passe pas par le projet de M. Fillon. Peut être parce que le Bien commun ne se réduit pas à la construction d’un programme que l’on croit le meilleur parce qu’on aurait rencontré les français (quels français exactement?) pendant trois ans. « Une machine à perdre », expression facile pour cacher les insuffisances d’un projet. « Une machine à perdre », expression de défaitisme qui rappelle une anecdote de Ph de Villiers: « j’ai passé mon temps à croiser des gens d’accord avec mon programme mais qui préféraient voter utile ». Pour quels résultats? Peut être, et je le crois, beaucoup de gens attendent-ils plus aujourd’hui qu’un vote utile qui a manifestement échoué. Est-ce un signe de défaitisme? Non. C’est probablement un signe inquiétant de crise violente dans l’avenir (mais toute Cité en connaît dans son histoire et s’il ne fait pas les souhaiter au moins faut-il être dans le réel pour les résoudre par de nouveaux moyens lorsqu’elles arrivent). Mais c’est aussi un signe d’espoir car les gens de conviction fondent l’avenir, et je vous rejoins davantage dans la fin de votre propos. Bien respectueusement.

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  13. Martin de Waziers
    Martin de Waziers dit :

    Y-a-t-il un pays européen où tout fonctionne et où on ne se pose pas de problème majeur, malgré les crises auxquels on est « aussi » exposé? La suisse… Connaissez-vous le nom de ses ministres, de son Président, de ses politiques? Peu de monde peut s’en targuer! En France, nous nous passionnons pour cette opposition constante et nos dirigeants ne représentent jamais plus que leur électorat, alors que nous nous disons en démocratie! N’est-il pas temps de prendre quelques éléments du modèle suisse à commencer par son modèle semi-direct où TOUS les citoyens sont amenés à proposer des lois, où le local prédomine le central, où les dépenses ne sont votés que lorsque les caisses sont pleines et où la culture d’un état fédéral est bien ancrée dans les mœurs?

    Nous sommes comme des chiens fous à nous mordre les uns les autres; peut-on s’écouter, s’unir et œuvrer ensemble pour un vrai projet de reconstruction autour de nos racines, de nos valeurs et de notre histoire?

    Idéaliste peut-être mais réaliste si nous ne voulons pas continuer de faire descendre notre belle nation!

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  14. denis
    denis dit :

    J’avoue être totalement bluffé par votre passage extraordinairement « efficace » entre la philosophie et la politique car dans ce billet vous délaissez totalement le terrain des idées et entrez d’une façon fort efficace dans le terrain très miné de la politique politicienne.
    Fini la « manif pour tous » et vos espoirs de voir la loi Taubira abrogée par la seule candidate qui le propose!
    Fini les critiques d’E Macron et de tous ceux qui le soutiennent dont votre champion F Fillon ( 15mn après 20h ) et votre « parrain en politique » , maire de Versailles, quelques heures après.
    Et en avant pour les jugements définitifs et sans aucun argumentaire contre le Front National pour lequel vous annoncez de façon certaine son éternelle défaite !
    Vous reprochez à Macron de fêter sa victoire à l’avance et dans le même temps vous annoncez déjà la défaite de M Le Pen. Vous nous aviez habitué à plus de logique !!
    Vous aimez parler « Education », alors qui a introduit le gender et permis son développement ? le gouvernement Fillon, qui propose de faire cesser enfin le collège unique que tous les vrais spécialistes d’éducation proposent ? Marine Le Pen….
    Vous parlez « risque de colère du peuple » mais vous ne demandez pas la moindre réforme du scrutin législatif afin de « rendre la parole au peuple ». Seule M Le Pen propose un scrutin proportionnel qui permettrait une juste représentation des courants de pensée !
    Quel prix devez-vous payer dans l’abandon de vos idées pour une simple investiture législative LR et le maintien de la stratégie LR « on prend les mêmes et on recommence » ?
    Voterez-vous les mêmes lois que tous les nouveaux amis de Macron : Juppé, Sarko,…qui constitueront votre groupe ?
    Il restera toujours la solution de « se tromper de bouton » pour échapper à vos convictions ou échapper à la « discipline du groupe LR » ?
    Bienvenue dans l’Assemblée Nationale !

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    • admin
      admin dit :

      Bonjour, merci de garder un peu de calme et de bien vouloir lire ce que j’écris avant de commenter. Ce serait vraiment sympathique de votre part. Merci. Fxb

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      • denis
        denis dit :

        Bonjour,
        Il est en effet difficile de rester tout à fait calme à la lecture de si nombreuses approximations et fausses « vérités » données sur l’analyse politique des dernières années. Il n’est pas tout à fait honnête de « disqualifier » votre commentateur par un soit disant « lisez moi avant de commenter » sans en apporter la moindre preuve.
        Pour vos analyses politiques surprenantes, je vous propose qu’un seul exemple (qui est bien dans votre texte): « Mme Le Pen avait fait élire François Hollande en 2012, et elle s’apprête à rééditer l’exploit « . M Le Pen est donc selon vous « Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal » et vous ne vous demandez pas si la politique menée par Sarkozy-Fillon n’est pas pour quelques choses dans la défaite de 2012 ? Il me semble bien que de très nombreuses voix dans l’électorat de droite conservatrice ont manqué à Sarkozy sans avoir besoin de coller la responsabilité à M Le Pen.
        Une reconstruction de la droite de conviction passe par 2 étapes importantes :
        *voir les évènements passés sans les déformer ( ce que vous appelez « voir en Vérité »)
        *ne pas chercher d’ ennemis là où il n’y en a pas et chercher le dialogue constructif entre les forces qui constituent cette droite de conviction
        cordialement

        Répondre
        • admin
          admin dit :

          Merci pour votre réponse. J’indiquais simplement par là que Marine Le Pen a effectivement permis l’élection de M. Hollande en s’abstenant de choisir entre la gauche et la droite en 2012. Ce n’est en rien une « approximation », mais un fait avéré dont j’espère vous vous souvenez. Vous ne m’entendrez jamais nier les défauts bien réels de la politique menée entre 2007 et 2012, sans lesquels à n’en pas douter la droite aurait été réélue. Mais il faudrait malgré tout se souvenir de cette responsabilité non moins réelle de Mme Le Pen dans l’élection de François Hollande, surtout quand on se plaint de manquer d’alliés dans la « droite de convictions ». Merci !

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  15. carpentier
    carpentier dit :

    Je partage le fait que tout soit a reconstruire mais cela dépasse les partis qui sont plus une partie du problème que de la solution.

    Il faut une véritable refondation de notre système politique articulant les partis et la société civile autrement. Il faut construire l’unité nationale en remettant l’homme au centre du système et remettre ce qui est de l’ordre des moyens (economie, finance…) a son service, sans s’egarer vers des désirs individuels que certains pensent être une histoire personnelle mais qui impactent la société.

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  16. Bacot
    Bacot dit :

    Cher François-Xavier

    J’ai toujours été très admiratif face à la justesse et à a clarté d’expression de votre pensée

    Cependant, la lecture de votre dernier article dans la rubrique « débats » du Figaro du 27 janvier m’a causé un sentiment de malaise et me laisse très dubitatif quant à au réalisme d’une démarche de reconstruction de la droite excluant a priori le Front National.

    Vous écrivez « elle (Marine Le Pen) constitue un grand risque pour l’avenir de notre débat politique », mais ne pensez vous que le triomphe de la pensée unique, concrétisé par le ralliement rapide et inconditionnel des principaux responsables LR à la candidature d’Emmanuel Macron constitue un risque encore plus important ?

    Vous savez bien que le projet de M. Macron est celui de la postmodernité et du « Meilleur des Mondes ».

    Ne pas appeler à voter contre Emmanuel Macron, c’est remettre le pouvoir à la caste des « Alpha », représentée entre autres par Jacques Attali, Alain Minc, Pierre Bergé, Patrick Drahi, Xavier Niel, Bernard-Henri Lévy, Bernard Arnault, Jean-Pierre Jouyet sans parler de François Hollande… qui poursuivront la mise en place d’un totalitarisme bienveillant et anesthésiant, et mettront la société française « En Marche » vers le transhumanisme.

    Une large victoire de M. Macron lui donnerait carte blanche pour poursuivre l’œuvre méthodique de déconstruction des fondements de notre civilisation, conduisant à la mort de l’âme de la France.

    Pour ma part, je me refuse absolument à cautionner par mon vote le coup d’Etat orchestré par les « élites » politiques, financières et médiatiques.

    Vous écrivez encore « Le Front National apparaît donc pour ce qu’il est : une formidable machine à empêcher le renouveau », alors que le principal obstacle à ce renouveau est avant tout l’exclusion a priori du FN du jeu politique

    Certes, le programme de Marine Le Pen serait néfaste pour l’économie, mais en pratique, si elle était élue, elle ne pourrait pas l’appliquer en l’état, car elle se heurterait inévitablement à la nécessité politique pour obtenir une majorité parlementaire (le FN n’étant pas en mesure d’obtenir la majorité absolue sans soutiens venant de la droite classique) ainsi qu’à la loi des marchés financiers qui seront là pour ramener à la raison en cas de dérapage des déficits publics.

    Si elle parvenait à être élue, il y aurait sans doute des troubles et des soubresauts (car il y aurait inévitablement des révoltés et des déçus ), mais rien d’aussi irrémédiable que la prise de pouvoir par l’oligarchie mondialiste et libertaire représentée par « Little Brother » (Emmanuel Macron).

    Je comprends bien que vous êtes lié dans votre liberté d’expression par le soutien des Républicains à votre candidature aux législatives, mais je me demande si la reconstruction ne passe pas, en ce qui vous concerne, par une rupture avec les diktats du politiquement correct et l’ouverture à un dialogue entre les différents courants de la droite classique (PCD, Sens Commun, l’Avant-Garde, Debout La France et le FN, quitte à voir un candidat un candidat LR investi contre vous.

    Ma conviction c’est que le maintien du cordon sanitaire autour du FN est la meilleure assurance pour le camp des libéraux-progressistes de se maintenir au pouvoir et d’exclure la droite conservatrice .

    Bien cordialement

    Michel B.

    Répondre
  17. Arbelet
    Arbelet dit :

    Merci Monsieur Bellamy ! François Fillon a suscité une immense espérance qu’il ne faut pas laisser mourir.
    Effectivement, tout est à construire.J’espère que beaucoup avec vous aurons à coeur de se mettre au travail pour effectuer des nettoyages nécessaires dans les pratiques politiques et ainsi redonner confiance à ceux que la vie a laissé au bord de la route. Que l’argent aie une place plus modérée quand on sait à quel point certains vivent avec si peu … Que la joie de travailler à un monde plus juste soit la motivation première de ceux qui s’engagent en politique …

    Répondre
  18. Fabry
    Fabry dit :

    Bonjour

    Merci pour ce billet.
    Je partage l’analyse dans son ensemble, même si je regrette le travail un peu « court » sur le programme du FN dont la plupart des mesures sont pourtant celles proposées plus ou moins par le RPR des années 90 et appliquées dans beaucoup de grandes démocraties (je pense à la préférence nationale par exemple).

    Au-delà il me semble que vous passez à côté de deux aspects importants :

    1) Ceux qui appellent systématiquement à voter les uns pour les autres sont bien la droite et la gauche ‘traditionnel’ vous en avez eu l’exemple avec les dernières Régionales et là encore à l’occasion de cette élection. Je trouve un peu lapidaire de dire que c’est le FN qui permet à la gauche d’être élue, quand c’est aussi la gauche qui permet à la droite d’être élue et inversement, avec des appels pour le moins très explicites.
    Par ailleurs vous passez complètement à côté du bilan. Si en 2012 la droite a été battue ce n’est pas à cause ou grâce au FN, c’est d’abord à cause de la contradiction entre son bilan et ses engagements pris en 2007.
    On ne peut les exonérer ainsi de leur responsabilités et leurs résultats.

    2) La recomposition de la droite que je crois pour la plupart nous appelons de nos vœux, va être enfin possible. Et c’est la première étape d’une construction (et non une reconstruction) qui est rendue possible par la montée en puissance du FN. Je pense au contraire de vous que c’est le FN qui rend possible cette opportunité. Le peuple de droite va pouvoir se réunir et proposer une offre politique nouvelle. Cette opportunité nouvelle c’est bien l’ascension du FN qui le permet.
    Sans quoi nous serions condamnés au schéma sans fin d’une alternance putride, faites de reniement, reculade. Bref ce que nous avons connu depuis presque 40 ans maintenant.

    Pour conclure, les temps qui s’annoncent seront durs pour nous, mais l’explosion des partis traditionnels sont une belle occasion de construction d’une offre politique claire, fière de ses valeurs et cohérente.
    Pour ce faire, la prise en considération du vote FN du pourquoi mais au-delà aussi des solutions proposées me semble inévitable.
    Trop léger de balayer d’un revers de main « tout est à jeter’. Non il y a des propositions justes, et d’autres délirantes.
    Soyons constructifs

    Frédérick

    Répondre
  19. jo
    jo dit :

    si la droite continue a se faire intimider par la police de la pensée en rejoignant le débat stupide « je vote macron pour faire barrage au nazisme » il n’y aura jamais un débat sérieux portant sur les vrais sujets: éducation, liberalisme, mondialisation, culture, souveraneité etc. où la droite apportait une nuance importante. la façon dont LR ont rallié Macron dimanche à 20h01 à été fort irresponsable, leur place dans le spectre politique sera prise par une nouvelle alternative avec plus de honetete intellectuelle capable d’aller au délà des tabous imposés par la gauche; sans honte de serrer la main des gens au FN, NDA et nourrir leur débat avec une vision plus nuancée. LR ont deçu. ils vont suivre aveuglement l’aile juppéiste qui sera progressivement bouffé par en marche!.

    Répondre
  20. Legoff
    Legoff dit :

    « Ne pas reprendre le flambeau, ce serait de toute évidence laisser M. Macron installer le scénario dont il rêve, celui d’un duo pour dix ans avec Marine Le Pen dans le rôle de seule opposante ».

    J’acquiese. Mais pourquoi diable la droite se refuse à entendre les électeurs du FN ?
    Pourquoi s’obstine t’elle à n’y voir qu’un vote « de colère »… mais jamais d’adhésion ?
    Que la droite cesse de se faire dicter ses choix politiques par son adversaire politique et se saisisse enfin de ces idées que les électeurs du FN veulent porter.

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