4.1. Coupures de presse au sujet de Demeure

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La Libre Belgique

Grand entretien réalisé par Bosco d’Otreppe, paru dans la Libre Belgique du 1er novembre.

 

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La Croix

Demeure cité dans la rubrique « Coup de coeur » des libraires, dans le journal La Croix du 18 octobre 2018.

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Les Echos : « Rien n’est écrit à l’avance. »

Où en serons-nous dans vingt ans ? Pour son anniversaire, le journal Les Echos a posé la question à plusieurs personnes, de Jean-Michel Blanquer à Carlos Tavares, en passant par Jean Jouzel, Erik Orsenna ou Gilles Kepel… Un numéro spécial très stimulant, auquel je suis heureux d’avoir contribué ; voici ma réponse.

A un journaliste qui lui demandait à quoi ressemblerait la grande oeuvre du prochain siècle, Bergson répondit : « Si je le savais, je la ferais ! » Il voulait montrer par là que l’avenir n’existe pas, qu’il n’est pas écrit d’avance. Ce n’est que par une fiction mentale que nous nous représentons demain comme la prochaine étape d’un scénario déjà tout prêt. Bien sûr, la prospective peut dessiner des tendances que les probabilités prolongent ; des évolutions sont à l’oeuvre dont l’élan ne s’arrêtera pas soudainement. Il n’en reste pas moins que nos libertés créatrices peuvent toujours faire surgir demain l’imprévisible et l’inattendu, pour le meilleur ou pour le pire.

Cette propriété de l’histoire humaine se fait sentir en particulier dans certains moments décisifs : car il est, dans nos itinéraires individuels comme dans notre vie collective, des périodes qui ressemblent à des carrefours, à des points de bifurcation, où la nécessité d’un choix nous impose de faire face au poids écrasant de notre propre liberté. Il me semble que les vingt prochaines années sont précisément l’un de ces rendez-vous historiques. Non pas parce qu’ils seraient spécialement marqués par des événements majeurs – ce n’est pas ce qui est en jeu. Mais de façon moins visible, ils nous verront faire des choix qui engageront notre avenir commun d’une manière inédite.

Rien n’est écrit à l’avance

Dans les années qui viennent, nous déciderons de l’avenir de notre environnement ; comme l’a montré le dernier rapport du GIEC, le pire n’est pas encore sûr, mais c’est maintenant qu’il faut agir. Mais l’environnement n’est pas le seul enjeu de notre action sur les grands équilibres de la nature : dans les vingt ans qui viennent, nous déciderons aussi, selon toute probabilité, de l’avenir de notre condition humaine. Après avoir progressé pour réparer les corps humains pendant des millénaires, céderons-nous pour la première fois au rêve de les augmenter, de les transformer, de forcer toutes les limites naturelles pour répondre à nos désirs encore insatisfaits ? Les plus anciens mythes de l’humanité nous avertissent sur le danger de cette bifurcation : elle va devenir possible pour la première fois dans l’histoire ; et c’est déjà l’enjeu évident du débat qui s’engage dès aujourd’hui sur la procréation, dans le cadre des prochaines lois de bioéthique.

Tout cela est dans nos mains, et rien n’est écrit à l’avance. Plus que jamais, la politique ne devrait pas se réduire à une promesse de bonne gestion, de changement sans destination ; elle devrait être l’occasion d’élaborer une vision partagée, qui nous permette d’exercer notre liberté collective. Mais même cet exercice est aujourd’hui menacé : saurons-nous préserver les conditions de la démocratie, reconstruire le commun lui-même, qui n’est jamais une évidence acquise ? Ou bien laisserons-nous se défaire cette unité politique dont nous héritons, par l’abandon de notre souveraineté à des pouvoirs qui ne répondent devant personne, ou par la force corrosive de l’individualisme et des communautarismes ?

Tout cela paraîtra peut-être sombre ; au contraire. Le mot « crise » vient du grec « krisis », qui désigne la décision. Les vingt prochaines années seront effectivement décisives. Il ne faut voir, dans leur incertitude, qu’un signe magnifique de notre responsabilité.

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Le Figaro Histoire

Michel de Jaeghere, directeur de la rédaction du Figaro Histoire et du Figaro Hors Série, consacre un long article à Demeure dans sa dernière parution.

« Demeure : un manifeste pour les droits de l’âme »

« (…) Le jeune philosophe le souligne, l’idéologie du mouvement fait en réalité l’impasse sur l’un des caractères majeurs de notre condition : notre capacité de nous extraire de la mobilité universelle du monde matériel par le jeu de la conscience. De sortir du fleuve d’Héraclite pour nous placer, en esprit, sur la rive, et surmonter la violence du flux par l’effort de l’intelligence, la force de la contemplation. Nous ne sommes pas condamnés au supplice de Sisyphe parce que nous sommes capables d’assigner à notre course un but légitime, de discerner une vérité vers laquelle diriger notre mouvement. Encore faut-il que nous acceptions d’«habiter le monde» : de nous donner des points d’ancrage, qui échappent par ce qu’ils ont de gratuit, de singulier, à l’éphémère. Ce qu’il y a de plus nécessaire à l’homme, dit-il dans les plus belles pages de ce livre magnifique, c’est peut-être la demeure. Non pas seulement le toit qui abrite, le logement impersonnel : le foyer qui réchauffe et qui réunit par les liens qui le nouent au passé et à l’espérance, par la magie des souvenirs, par le superflu qui émerveille, par l’amour qui rassemble. «Ce qui est simplement nécessaire à l’homme, écrit-il, dépasse de très loin la simple satisfaction de ses besoins. Il ne suffit pas que le corps soit à l’abri: l’âme aussi a ses droits.» Dans des pages qui renouent par leur clarté, leur chaleur, leur beauté limpide avec la ligne claire de la Lettre au général X, François-Xavier Bellamy fait mieux que répondre à Saint-Exupéry: il le prolonge et s’impose comme l’interlocuteur et l’ami que l’écrivain n’avait pas trouvé auprès de lui. »

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