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Soirée d’accueil des étudiants

Le 11 octobre dernier a eu lieu la désormais traditionnelle soirée de rentrée, pour accueillir tous les étudiants versaillais. Imaginée en 2010 et souvent itinérante depuis, elle était organisée cette année dans le cadre magique de l’école des Beaux-Arts.

Université, BTS, classes préparatoires, écoles d’architecture, de paysage, de l’environnement, des beaux-arts, de parfumerie, d’infirmière… L’offre en formations est particulièrement riche et diversifiée à Versailles. Depuis quelques années, à la rentrée, la Ville convie les étudiants de tous cursus à se réunir pour une soirée d’accueil. Ce rendez-vous est l’occasion de leur présenter toutes les ressources proposées dans la ville pour accompagner la vie étudiante. Cette année, plus de 250 étudiants ont participé à cette rencontre, ouverte par François de Mazières.

Pour en savoir plus : www.jversailles.fr

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7ème Finale des Vendredis du Rock

La semaine dernière a eu lieu la finale de la 7ème saison des Vendredis du Rock, devant plus de 250 spectateurs. Primitive, Jamwalkers, Solace et Le Horla étaient sélectionnés pour ce dernier concert, à l’issue des soirées qui les ont départagé tout au long de l’année avec la quinzaine de groupes en sélection…

Créé à Versailles en 2011 par François-Xavier Bellamy et François de Mazières, les Vendredis réunissent le meilleur de la jeune scène musicale d’Île-de-France, s’inscrivant dans l’héritage des pionniers de la « Versailles Touch » (Phoenix, Air, Etienne de Crécy, Alex Gopher). Les finalistes des années précédentes ont eu l’occasion de poursuivre un beau parcours, à l’image de Tim Dup qui a récemment joué en ouverture du Printemps de Bourges : ils ont été programmés à Rock en Seine (Encore!), aux Solidays (Saint-Michel), aux Vieilles Charrues (Saint-Michel) ou aux Transmusicales (Encore!) et ont signé avec de grands labels (Saint-Michel chez Sony Music / Columbia, Casareggio chez Roy Music, Tim Dup chez Warner Chappell Music, Les Frangines chez Jo and Co). Ils sont également passés par « La Nouvelle Star » pour Clarisse Mây et par « The Voice » pour Côme, ancien leader des Bohemians.

Pour cette septième édition, c’est Le Horla qui a remporté la finale, et qui conclura donc la programmation de la prochaine Fête de la Musique…

En savoir plus : www.jversailles.fr

Images : Clophoto

Réponse à Jean-Michel Aphatie

Cher Monsieur Aphatie,

Quand on a une idée à défendre, la réponse à une objection consiste à expliquer son propos – pas à insulter celui qui la propose.

Vous avez récemment affirmé sur un plateau de télévision que votre première promesse, si vous vous présentiez à la présidence de la République, serait de « raser Versailles, pour qu’on n’y vienne plus en pèlerinage cultiver la grandeur de la France. » Il est vrai qu’une proposition aussi consensuelle aurait dû susciter l’unanimité générale, n’est-ce pas. Mais voilà, quelques voix ont osé indiquer que votre premier acte politique ne les enthousiasmait pas…  J’en faisais partie ; me voici donc pris à partie dans une longue diatribe où vous fustigez un « professeur de philosophie autoproclamé » qui a osé vous contredire.

Cher Monsieur Aphatie, j’aurais préféré que vous me répondiez sur le fond. Car sur le fond, c’est vous qui faites semblant de ne pas avoir compris… Pour ma part, rassurez-vous, je n’ai pas cru un seul instant que vous comptiez raser Versailles, parce que je vous crois assez intelligent pour savoir que cela échappe encore à votre pouvoir. Si Versailles, que vous appelez « une belle bâtisse au sud ouest de Paris » (sic) a survécu à trois siècles d’histoire tourmentée, elle peut survivre encore à quelques décennies d’inculture impuissante… Versailles vous survivra donc, cher Monsieur Aphatie, je n’ai que peu d’inquiétude sur ce point.

Non, ce qui m’a fait réagir, c’est ce que votre propos exprimait : ce que vous avez voulu dire, c’est que l’histoire de la France, son patrimoine, et l’admiration qu’ils suscitent, sont un problème qu’il faut régler. C’est votre droit de le penser – et d’ailleurs je vous remercie de l’avoir dit aussi clairement. Mais alors, pourquoi vous enfuir ? Pourquoi vous retrancher derrière l’excuse un peu puérile d’un quelconque « second degré » ? Si c’est bien ce que vous pensez, assumez-le ! Et si ce n’est pas le sens de votre propos, rectifiez-le, car nous sommes des milliers à vous avoir compris ainsi…

En vérité, Monsieur Aphatie, soyons sérieux : c’est bien ce que vous vouliez dire. Cette idée, nous la connaissons bien. D’ailleurs, elle n’est même pas de vous. Ce que vous avez exprimé, dans cette ironie sans humour, c’est toute la haine de l’héritage qui a marqué notre pays pendant les dernières décennies. Le petit monde des décideurs avait décidé qu’aimer son pays était un idéal périmé ; que la modernité exigeait de défaire nos attachements particuliers ; que l’identité était synonyme d’exclusion, et que la transmission d’une culture était de l’aliénation. Il pensait en un mot – et de cette obsession commune vous vous êtes fait ici le parfait porte-parole – que l’avenir supposait la déconstruction du passé.

Mais voilà, cher Monsieur Aphatie, votre première priorité politique, nous l’avons déjà testée ; et ça n’a pas marché du tout. Mais alors pas du tout. Cette passion de la déconstruction a eu tous les pouvoirs pendant quarante ans, à l’école, dans les journaux, à la télévision… Elle n’a laissé qu’un immense vide. Et ce vide se remplit maintenant du bruit des kalachnikovs. Quand on choisit de détester la grandeur de la France, quand on ne donne rien à aimer, rien qui puisse fonder sur l’histoire le ferment de notre unité, il ne faut pas trop s’étonner qu’on laisse la place à la violence. Monsieur Aphatie, quelle ironie de vous voir me traiter de « taliban »… Votre idée de raser les plus beaux monuments historiques pour qu’on n’y vienne plus en pèlerinage s’émerveiller de quoi que ce soit, ça ne vous rappelle rien ? Un petit effort, allez… (Attention, second degré ! Mais je sais que vous comprendrez : comme vous l’écrivez, « seuls les sots n’ont pas le sens de l’humour » !) Pour ce qui me concerne, mon métier, c’est de partager la culture, toute la culture, sans rien détruire, sans rien raser – mais pour construire, au contraire : être professeur, ce n’est pas un titre autoproclamé, c’est juste la joie de transmettre, et de voir comme est fécond dans l’esprit et le cœur des plus jeunes un héritage pourtant millénaire !

En écrivant cela, finalement, je vous comprends bien ; je comprends même votre rage. Car, ne dites pas le contraire, il y avait un peu de rage dans votre vandalisme verbal. « Je raserais Versailles… » Détruire enfin cet héritage que tout l’effort d’une génération n’a pas réussi à faire oublier. Vous aurez tout reçu, et rien transmis ; et pourtant, malgré tant d’obstination dans cette déconstruction méthodique, les générations qui viennent s’obstinent encore à aimer la grandeur de la France ! Raser Versailles, pour que personne ne puisse encore, avez-vous dit, « espérer changer le monde ». Et pourtant ils y croient encore !

Eh oui, Monsieur Aphatie, oui, nous y croyons encore ; et oui, nous allons changer le monde, ce monde cabossé et usé que vous laisserez derrière vous. Versailles est, parmi d’autres lieux, le signe que le rêve des hommes peut parfois transformer l’histoire. C’est par là que notre folie résiste encore à votre cynisme. Au moment où vous écriviez cette triste diatribe, hier, des milliers de Français, de toutes convictions politiques, de toutes origines, de toutes confessions – des milliers de Français remettaient à leurs fenêtres ce drapeau bleu blanc rouge, pour dire qu’ils ne lâcheraient pas devant la terreur djihadiste. Ils croient encore à la France, voyez-vous ; et parce qu’ils aiment son histoire, parce qu’ils l’aiment dans ses grandeurs autant que dans ses faiblesses, ils savent tout ce qu’elle a d’avenir. Quand on a frappé leur pays, ils ont retrouvé la France, celle qu’on avait pourtant tenté avec tant de persévérance de leur faire mépriser, détester, dépasser. Ils ont retrouvé toute la France, le bleu et le rouge de la capitale, et le blanc du château des rois. Cette histoire est grande, c’est un fait, assez grande pour nous rassembler encore. Allez, Monsieur Aphatie, un petit effort : je suis sûr qu’au fond de vous, vous l’aimez vous aussi… Si vous faisiez l’effort de dépasser cette folie suicidaire qui nous a fait croire qu’il fallait raser son passé et se détester soi-même ? Versailles vous survivra, la France nous survivra j’espère : une chose est sûre, ce n’est qu’en elle que nous pourrons survivre ensemble.

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Claude Bartolone, le racisme autorisé

7430865Tribune parue sur le site FigaroVox le 10 décembre 2015.

Monsieur Bartolone,

Quand je pense qu’il faut encore vous appeler « Monsieur le Président de l’Assemblée nationale »… Vous vous êtes lancé dans cette campagne régionale en conservant l’une des plus hautes fonctions de l’Etat, ce qui a choqué jusque dans votre camp. Ce cumul aurait dû exiger de vous, à tout le moins, un peu de hauteur ; mais il faut croire que vous n’en étiez pas capable.

Monsieur Bartolone, la France va mal, elle est traversée par des fractures de plus en plus profondes, divisée par une défiance inouïe. Vous le savez, vous le dites. Et c’est donc consciemment que vous avez choisi de creuser ces fractures, d’alimenter cette défiance. En disant de Valérie Pécresse qu’elle défend « Versailles, Neuilly et la race blanche », vous avez choisi de remplacer un débat politique par un conflit de communautés.

A vrai dire, j’ai hésité à vous écrire ; après tout, ce conflit que vous décrivez, à grand renfort de caricatures périmées, paraît totalement dérisoire. Monsieur Bartolone, entre nous : quand vous mettez en scène l’effroyable danger que « les serre-têtes » représenteraient contre « les bras tatoués », j’espère que secrètement vous avez un peu pitié de vous-même. Ne voyez-vous pas des problèmes plus sérieux ? Des ennemis plus crédibles pour la République ? Venez à Versailles, Monsieur Bartolone ; venez rencontrer 14000 lycéens, 10000 étudiants, l’une des villes les plus jeunes et créatives d’Île de France. Celle qui incarne la French Touch dans le monde de la musique, celle où se forme une nouvelle génération d’architectes, de chercheurs, de parfumeurs, de paysagistes, d’entrepreneurs… Quel cliché délirant a pu vous faire opposer notre ville à « l’Île de France qui fait des start-ups et du hip-hop » ?

Pauvre Monsieur Bartolone… Etes-vous à ce point incapable de proposer une vision positive, un vrai projet politique ? Ces caricatures sont tellement vides qu’elle ne peuvent même pas nous blesser. Votre envie électorale est trop pressante, et vous n’arrivez pas à vous retenir. Je me contenterais de vous plaindre, si vous n’étiez pas le quatrième personnage de l’Etat : car dans votre naufrage, c’est la France que vous abîmez. Et c’est cela qu’il fallait que je vous dise.

Monsieur Bartolone, soyons sérieux : votre tactique de fin de campagne n’est pas seulement ridicule. Elle est coupable. Elle est dangereuse. Elle est irresponsable. Il aura fallu, c’est un comble, que ce soit le candidat du Front National qui vous ramène à la raison, en rappelant cette évidence : « Personne n’a parlé de race blanche dans cette campagne. » Vous êtes le seul à le faire. Incapable d’assumer le jeu politique, vous jouez le conflit ethnique. Les noirs et les arabes avec moi, si vous voulez battre les blancs ! C’est cela que vous appelez « la République » ? C’est cela « le rassemblement » ?

Y a-t-il un seul petit, minuscule, infime indice qui vous permette d’affirmer que Valérie Pécresse propose une politique raciale ? Non, bien sûr que non. En l’accusant ainsi, c’est vous qui, par opportunisme, encouragez le racisme. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : il faudrait proposer un vrai projet politique, qui puisse réunir les Français – quelle que soit leur couleur de peau. Mais en désignant tranquillement « la race blanche », vous installez les divisions que vous ferez mine ensuite de déplorer, et vous préparez la violence dont d’autres que vous devront pleurer.

Votre sortie n’a rien d’un accident. Elle signe, noir sur blanc, le seul vrai nom de votre camp : vous n’avez pas de vision, pas de projet, parce que votre moteur, c’est la haine. La haine de celui qu’on peut rejeter en toute bonne conscience, de cette France que vous insultez, et qu’une tribune sur le site de l’Obs appelait cette semaine à violer… La haine de ces familles que vous méprisez, des catholiques qui osent encore exister, de tous ceux qui, parce qu’ils aiment encore leur pays, méritent bien d’être écartés. Votre Île-de-France est « humaine et fraternelle », sauf pour les Versaillais, qui ne méritent pas votre humanité. Votre Île-de-France est « ensemble, ensemble, ensemble »… mais ensemble contre « la race blanche » ?

Monsieur Bartolone, votre concurrente a un projet politique pour sa collectivité, un vrai projet, explicite et approfondi ; vous pouvez le critiquer, c’est là la démocratie. Mais en fuyant ce débat, en préférant l’attaquer comme si elle était la candidate d’une communauté, vous trahissez la démocratie. Peut-être ces subterfuges de court terme, ces médiocres calculs électoraux, vous obtiendront cette présidence, ce nouveau poste et ces prébendes. Mais ce ne sera pas votre victoire ; ce sera notre défaite, notre défaite à tous. En jouant la carte du vote ethnique, vous défaites la République. Monsieur Bartolone, vous l’avez montré cette semaine, en sortant à découvert, dans la lumière crue de cette rase, très rase campagne : depuis des décennies, avec tous ceux qui ont choisi les mêmes méthodes, c’est vous, Monsieur Bartolone, à coup de communautarisme, de mensonge, d’insultes, de sectarisme, c’est vous qui défaites la France.

Monsieur Bartolone, ce n’était pas un dérapage, il ne faut pas vous excuser. Vous êtes déjà inexcusable. S’il vous restait un peu de dignité, il n’y aurait qu’une seule chose à faire, et c’est pour cela que je vous écris. Vous démissionnerez de l’Assemblée Nationale, avez-vous dit, si vous gagnez cette élection ; c’est bien la moindre des choses. Mais s’il reste un peu de bon sens dans l’esprit des électeurs, si devant votre indécence un sursaut civique s’imposait, si demain, ce que j’espère, vous perdez cette élection, alors il faudra aussi démissionner. Car en conservant un mandat confié par le peuple comme une protection contre l’avis du peuple, vous signeriez votre indignité. Quand on a divisé les Français, quand on les a dressés les uns contre les autres, comment peut-on prétendre encore les servir et les représenter ? Comment peut-on être légitime pour présider leur Assemblée ? Vous serez désavoué, Monsieur Bartolone, et avec vous, cette politique de l’insulte, du communautarisme et du racisme autorisé ; vous serez désavoué, je l’espère de toutes mes forces. Et alors, il faudra partir.

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