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déc 18

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Le choix à faire

En philosophie, rien ne mérite plus de reconnaissance que la générosité intellectuelle qui consiste à aller jusqu’au bout de sa propre pensée. C’est la cohérence d’une idée avancée jusque dans ses conséquences ultimes qui permet en effet d’en discerner le bien-fondé – ou l’inverse. Mais peu d’esprits en sont capables ; on reconnaît une idée à moitié convaincante au fait qu’elle trouve toujours de bonnes raisons de s’arrêter sur le seuil de son propre développement.

En ce sens, il faut dire un immense merci à Pierre Bergé. Voilà un homme honnête et franc, qui va jusqu’au bout de la vision du monde qu’il défend. Participant hier à la manifestation pour l’égalité, il n’a pas hésité à expliciter les conséquences nécessaires de cette revendication. Conséquences logiques, à la vérité…

Exiger l’égalité, c’est affirmer que « tous ceux qui s’aiment » (selon la formule de la pétition du PS, d’une généralité déconcertante) doivent se voir reconnaître le droit d’avoir des enfants. Fort bien. Le droit à l’enfant est donc acté, et prétendre le contraire serait une supercherie malhonnête.

Pour que ce droit soit effectif, l’adoption, on le sait très bien, ne suffira pas ; ne serait-ce d’ailleurs que parce que, comme d’autres exemples l’ont montré, la plupart des pays avec lesquels nous entretenons des conventions d’adoption n’acceptent pas d’envoyer des enfants dans des couples de même sexe, et rompront donc ces conventions.

Il faudra donc produire des enfants pour satisfaire ce droit. Admettons-le ; là encore, promouvoir le fait et s’émouvoir des termes n’aurait pas de sens.

Mais comment faire ? Pour les femmes, c’est techniquement assez simple : la procréation médicalement assistée, qui jusque là servait uniquement de palliatif à l’infécondité accidentelle de couples hétérosexuels, sera généralisée pour suppléer à l’infécondité de fait de l’union homosexuelle.

Et pour les hommes ? L’égalité ne sera pas complète tant qu’une solution ne leur aura pas été ouverte… Et cette solution ne peut passer que par la gestation pour autrui. Autrement dit, la possibilité ouverte aux hommes de salarier une femme pour porter l’enfant désiré.

Tout cela est d’une imparable logique ; admettre le premier principe du raisonnement, l’exigence d’une égalité absolue dans les faits de tous les couples, revient à en accepter ces conséquences. Ce qu’a fait Pierre Bergé avec une remarquable clarté :

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« Nous ne pouvons pas faire de distinction dans les droits, que ce soit la PMA, la GPA ou l’adoption. Moi, je suis pour toutes les libertés. Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l’usine, quelle différence ? »

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Un immense merci à Pierre Bergé, donc, qui d’un seul coup met en évidence ce que tant d’autres, militants et politiques, cherchaient à dissimuler par de pénibles subterfuges : oui, ce projet de loi entraîne des implications majeures. Et oui, ce projet de société est bien, dans son principe, un projet ultralibéral.*

Affirmer, au nom de « toutes les libertés », que rien ne doit être placé au-dessus du désir individuel, c’est entrer dans un monde où la loi s’interdit de réguler l’économie consumériste qui, tôt ou tard, doit investir tous les champs de l’existence humaine. Tout peut devenir objet d’une relation commerciale : plus seulement nos relations professionnelles, mais nos relations amoureuses ; plus seulement nos entreprises, mais nos familles ; plus seulement notre travail, mais nos corps. Tout se vend, tout s’achète, tout se loue : l’amour, le sexe, la vie.

La totalisation de l’économie s’exprime par le fait qu’il n’y a plus de barrières, plus de différence. Aujourd’hui, notre droit reconnaît, par exemple, que le corps humain n’est pas une matière comme une autre : on ne peut en disposer comme d’un bien de consommation. C’est au titre de cette indisponibilité du corps humain qu’il est interdit, par exemple, de vendre un organe.

A cette limite, Pierre Bergé répond par une simple question : en fait, « quelle différence ? » Quelle différence entre la marchandisation d’un corps ou de tout autre bien matériel ? Le propre de cette vision du monde, c’est l’indifférenciation. Produire un objet par le travail de ses mains ou louer son corps, c’est la même chose : c’est simplement de l’économie. « C’est faire une différence qui serait choquant », ajoute même Pierre Bergé : les différences sont scandaleuses, elles doivent être effacées, toujours au nom d’une égalité factice. C’est la même vision, au fond, qui nous rend insupportables bien d’autres distinctions, à commencer par la différence entre l’homme et la femme, entre le couple homosexuel et hétérosexuel. Et c’est la même tentative d’uniformisation rageuse qui inspire une laïcité détournée de son sens, triste revendication qui ne s’estimera satisfaite que quand l’homme ne reconnaîtra plus rien, et surtout pas lui-même, comme sacré…

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Rencontrer une pensée assumée jusqu’au bout permet de faire un vrai choix entre les visions du monde qui s’offrent à nous. Dans quelle société voulons-nous vivre demain ? Voulons-nous d’un monde où tout sera mesuré par l’économie du désir individuel, un monde où tout a un prix de marché parce que plus rien n’a, en soi, de valeur ? Ou bien accepterons-nous que la loi ait pour fonction de fixer des bornes au pouvoir que les hommes ont les uns sur les autres, à la pression de la force sur le faible, et de l’argent sur le pauvre ?

Préférons-nous un monde où l’enfant se marchande, plutôt qu’un monde où il se reçoit ? Prenons garde que, dans une société où les ventres se louent, ne se donne plus une vie vraiment humaine…

Militer pour que la GPA me permette enfin d’obtenir « un enfant si je veux, un enfant quand je veux », c’est faire apparaître l’individualisme auquel finira par aboutir la rhétorique de l’égalité. Ce n’est pas un projet altruiste, non, c’est une vision marchande fondée sur l’ivresse du pouvoir de la technique et de l’argent, que rien ne doit plus limiter. Il faut que tout s’achète, pour que je sois enfin tout-puissant. A cet égard, il n’est malheureusement pas insignifiant que l’un des premiers à appeler au commerce des utérus soit un milliardaire de sexe masculin.

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Je conclus cette brève réflexion par deux remarques.

Le propos de Pierre Bergé est l’occasion d’une intéressante mise en perspective. On cherche souvent à discréditer l’opposition au mariage homosexuel en soulignant que ce sont les mêmes qui, hier, s’opposaient au PACS. La critique, me semble-t-il, vaudrait plutôt en sens inverse. J’ai reproduit ici le discours de Mme Guigou, qui expliquait il y a une dizaine d’années qu’elle ne soutiendrait jamais le mariage homosexuel. Où est-elle aujourd’hui ? Où sont les dizaines de parlementaires de gauche qui applaudissaient lorsqu’elle rappelait le droit de tout enfant à avoir un père et une mère ? Evanouis dans la nature. Tétanisés, sans doute, par la peur de n’avoir pas l’air assez branchés. Disparus. De fait, ce sont les mêmes qui jurent aujourd’hui leurs grands dieux que la GPA ne se fera jamais ! Au sujet de la PMA, François Hollande a eu cette expression éloquente : « J’y suis opposé à ce stade. » A ce stade, c’est-à-dire jusqu’à quand ? Jusqu’à une prochaine « évolution de la société ? » Quelle crédibilité ont encore ces élus qui n’ont cessé de se rallier à ce qu’ils avaient dénoncé ? Je préfère au moins la loyale cohérence du propos de Pierre Bergé : elle a le mérite d’annoncer déjà la couleur. (La première surprise passée, il a d’ailleurs rapidement été rejoint par quelques éditorialistes en vue, qui déballent déjà l’attirail usé des mauvais arguments et des vraies insultes pour commencer d’imposer le « droit » à la GPA. L’étape suivante est donc bien en route…)

Ma deuxième remarque est pour tous mes amis qui soutiennent le projet du mariage pour tous, en toute bonne foi et animés par une belle et vraie générosité. Je pense en particulier à mes amis de gauche, du PS ou du Front de gauche, camarades de prépa ou d’école. Les amis, votre engagement d’aujourd’hui suscite en moi autant d’incompréhension que de tristesse. Comment ne discernez-vous pas l’inspiration ultralibérale de ce projet ? Comment ne pas voir qu’il porte en germe la disparition de la loi commune derrière le droit du plus fort, de la figure du citoyen derrière celle du consommateur, de la société politique derrière l’universel marché ? Comment ne pas comprendre que ce projet va contre l’idée même de République, que vous défendez si courageusement par ailleurs ? Engageons-nous ensemble pour le respect de tous ; mais ne laissons pas voler ce combat par ce détournement qui laisserait le marché libre et l’idéologie technique confisquer l’essentiel de nos vies…

Je l’avais déjà écrit, il y a plusieurs mois, et je comprends que vous ne m’ayez pas cru ; mais j’espère au moins que vous entendrez Pierre Bergé. Deux visions se rencontrent, deux projets antagonistes : il faut choisir. Ne vous laissez pas abuser, le réveil serait douloureux…

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(*On a critiqué précédemment l’usage du terme ultralibéralisme comme trop vague. Pour le préciser d’une façon encore trop approximative, j’entends ici par ultralibéralisme un projet politique qui entre en conflit avec la loi au nom du désir de l’individu, sans reconnaissance de sa responsabilité – corollaire nécessaire de tout libéralisme authentique.)

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21 comments

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  1. Frédérique

    Bonjour,

    Votre article me pose un peu problème. Tout d’abord, partir d’une phrase de Pierre Bergé ne permet pas d’en déduire le sens de la loi en général. Je suis pour ma part favorable à ce projet de loi mais n’approuve pas la phrase de Pierre Bergé, car je pense effectivement qu’il n’y a pas là une « marchandisation comme une autre ». Au contraire, la possibilité d’avoir un enfant par PMA ou GPA doit être étroitement encadrée afin de conserver son aspect « rituel » (de même qu’une grossesse dans les couples hétérosexuels est un « rituel » au-delà de son aspect strictement biologique). Ne généralisez donc pas l’affirmation de Pierre Bergé pour en faire les dessous cachés de la loi.

    Le deuxième problème est celui du « désir d’enfant » associé à « l’ultralibéralisme » (dont la définition que vous donnez n’est pas très assurée). Pourquoi opposer de manière aussi stricte couples hétérosexuels et homosexuels sur ce point ? Les hétérosexuels n’ont-ils pas aussi des « désirs d’enfant » ? Personne ne leur demande leurs raisons d’avoir des enfants : désir, devoir, accident… Il y a donc là une mauvaise foi à peine dissimulée. Je pense que les raisons que les homosexuels ont d’avoir des enfants sont similaires à celles des hétérosexuels.

    1. admin

      Bonjour,

      Merci pour votre commentaire.

      Ce qui m’intéresse n’est pas effectivement l’opinion personnelle de Pierre Bergé, mais seulement le fait qu’elle exprime ce à quoi la rhétorique de l’égalité absolue doit forcément nous conduire. Mieux vaut en être conscient tout de suite : en fait, même si l’on n’en a pas conscience, affirmer que tous les couples doivent avoir les mêmes droits, c’est obligatoirement faire un pas irréversible vers la GPA. Au nom de quoi refuserait-on en effet les moyens pratiques d’atteindre cette égalité lorsqu’on l’a posée comme principe dans la loi ?

      C’est le mérite de Pierre Bergé d’exprimer jusqu’au bout ce que bien des responsables politiques préféraient cacher, pour laisser à l’opinion le temps de s’acclimater. Je suis malheureusement prêt à parier que, si nous nous engageons dans la voie qui nous est proposée aujourd’hui, la GPA ne choquera plus grand monde demain, puisqu’elle s’imposera comme une nécessité logique. Mieux vaut prendre des aujourd’hui la mesure de nos choix…

      Il ne s’agit donc pas du désir d’enfant des homosexuels plus que des hétérosexuels, mais de la question de savoir si l’on peut raisonnablement réfléchir sur les questions de famille et de filiation à partir du désir des adultes. Poser le problème en ces termes, et demander par conséquent à l’Etat d’écarter toutes les bornes, naturelles ou juridiques, qui freinent encore la satisfaction immédiate de ce désir, c’est entrer dans cette logique que je qualifierais d’ultra libérale, et qui ouvre la voie aux pires dérives, quelle que soit le type de couples dont on parle d’ailleurs. La GPA en sera une, tout autant que le business qui se développe dans certains états américains pour « vendre » des enfants soigneusement sélectionnés sur des critères génétiques à des couples hétérosexuels fortunés. Vous avez bien raison, aucune orientation sexuelle n’a le monopole de l’égoïsme…

      C’est pour cela que je crois qu’il faut dissocier absolument la question du progrès de la lutte contre les discriminations, ce combat nécessaire pour une vraie justice pour tous, du projet de mariage et d’adoption pour tous, qui relève en fait d’une toute autre logique à laquelle la cause homosexuelle sert de prétexte utile.

  2. Anne

    Bonjour,
    Je ne suis convaincue ni par le raisonnement de Pierre Bergé, ni par le votre. J’ai le plus grand mal à croire que vous soyez véritablement convaincu par ce que vous dites. Je ne vois pas pourquoi le mariage et l’adoption ouvrirait automatiquement la voie à la PMA et la GPA. D’une manière plus générale, je ne comprends pas votre angoisse apocalyptique sur la fin du règne de la loi : reconnaitre une liberté entrainerait systématiquement la reconnaissance d’une multitude d’autres ? Je crois au contraire que l’histoire a montré la mesure du progrès, et trouve l’argument du ‘mariage caché derrière le pacs’ bien limité à cet égard. En l’occurrence, la différence entre le projet de loi et la PMA et la GPA me parait assez évidente. Il s’agit dans un cas de simplifier des situations existantes, et dans l’autre de pallier l’impossibilité naturelle pour deux personnes de même sexe de se reproduire, méconnaitre une telle différence serait confondre équité et égalité. Le cas du GPA relève presque de la mauvaise foi, si elle interdite aux hétérosexuels sa libéralisation ne peut être l’objet de revendications égalitaires d’homosexuels. Les cas de ‘négationnisme de la différence’, tel que Pierre Bergé, sont assez rares. Et je suis convaincue que les limites éthiques qui prévalent depuis des siècles sont assez solidement ancrées pour ne pas être ébranlées par une loi sur le mariage et l’adoption.
    Les derniers sondages Ipsos montrent bien la grande lucidité des français en la matière, je doute que vous en ayez moins.
    Par ailleurs, il s’agit d’être réalistes. Les cas de ‘marchandisation du corps’ existent déjà à l’étranger ou dans l’illégalité, et d’obscures solutions sont employées. Aussi, la légalisation de l’adoption permettrait-elle d’en éviter une partie, de tracer clairement des lignes et de renforcer la distinction entre équité et égalité.

    1. FXB

      Merci pour votre message. Je suis tellement convaincu de ce que j’écris, que je suis prêt à faire un pari avec vous : si le mariage pour tous est effectivement voté, au nom de l’égalité, je suis malheureusement absolument certain que le passage à l’étape suivante sera immédiat, et que dans dix ans au grand maximum la GPA sera actée. Il ne s’agit pas de revendiquer « une » liberté, mais « toutes les libertés »: il n’y a rien d’apocalyptique à essayer de décrire concrètement la société vers laquelle nous progressons avec une vision de cette nature. Aucune « limite éthique », fut-elle très ancienne, ne tient devant ce renversement de paradigme (heureusement en un sens, car aucune limite ne doit s’imposer au motif qu’elle tient depuis très longtemps : cela ne constitue pas un fondement rationnel suffisant !).
      Aucune dramatisation donc, simplement la nécessité de prendre en considération un choix essentiel, dans toute l’ampleur de ses conséquences, plutôt que de faire le choix en se pinçant le nez devant des résultats auxquels pourtant nous ne saurions manquer de parvenir dans peu de temps. Et qui ne nous choqueront d’ailleurs même plus… N’oubliez pas que malheureusement, comme le dit Mokless, « On s’habitue à tout – c’est juste une question d’adaptation ! »

    2. Jib

      Vous trouvez les français lucides lorsqu’ils sont majoritairement pour le mariage gay et contre l’adoption par les homosexuels ? Cela manifeste une incohérence. Pour une majorité d’entre eux, le mariage ne servirait qu’à s’aimer, et les enfants viendrait en option… C’est plutôt l’inverse. Comme le dit fort bien _Aude Mirkovic_ à propos du sens du mariage : la société n’a pas besoin de couples, elle a besoin d’enfants, d’où l’institution du mariage.

      Pendant combien de temps les français seront-ils lucides pour empêcher qu’une loi reconnaisse plus de 2 parents à un enfant ? Au Canada, la jurisprudence le reconnait déjà. En Californie, une loi a été votée au Parlement, mais bloquée de justesse par le veto du gouverneur. Aux Pays-Bas, les verts le demandent. En France, lors des auditions parlementaires sur le « mariage pour tous », cela a été envisagé par un membre d’EELV.

      Certains ouvriront écarquilleront sans doute les yeux d’étonnement en voyant sur tous les nouveaux livrets de famille les expressions « conjoint A » et « conjoint B », ou « progéniteur A » et « progéniteur B » sur les nouveaux extraits de naissance, comme en Espagne…

    3. Tibo

      À propos de la GPA, attention à ne pas confondre fin et moyen. Évidemment la GPA ne serait pas introduite dans la législation en tant que fin… Mais bien comme un moyen pour arriver à cette prétendue égalité, ce droit à avoir des enfants. Droit donné par qui? Pas par la nature, en tout cas.

  3. MLMMM

    Très clairvoyant, merci pour tout ce boulot!

  4. Neliger

    « un enfant si je veux, un enfant quand je veux », voilà qui est déjà le cas pour les couples hétérosexuels. Aucun permis de procréer, aucune justification, pas la moindre vérification non plus de la capacité à élever des enfants. Pourtant, j’ai croisé bien plus de mauvais parents dans ma vie que de bons, mais l’hétérosexualité pardonne tout à ceux qui gâchent la vie de leurs enfants, y compris en les élevant dans la haine de l’autre.

    Je pense pour ma part que faire un enfant n’est jamais un acte généreux, mais une simple envie égoïste. Le miracle de la vie ? Non, plutôt le « je veux, je fait ». L’hypocrisie est omniprésente sur le sujet de la procréation.

    Un papa, une maman. Tiens donc. Connaissez-vous beaucoup d’enfants ayant grandis aux côté d’un papa et d’une maman, vous ? Moi pas, mais toute une collection de familles recomposées, oui. Là encore, l’hétérosexualité pardonne tout, et il est même permis de prétendre publiquement vouloir protéger les enfants après cela, masque idéal du rejet de l’autre. Après tout, personne ne m’a demandé mon avis au sujet du mariage hétérosexuel, que j’aurais volontiers assorti de conditions concernant les enfants, justement.

    De ce point de vue, on peut en venir à penser qu’être hétérosexuel, c’est être en droit de se voir accorder le pardon pour tout ce que l’on fera subir à ses enfants, tout en jugeant l’aptitude de parfaits inconnus à en élever. Et cela découle également d’une réflexion sur le fond des détracteurs du mariage pour tous, mais reste inavouable.

    1. FXB

      Merci pour votre message. J’ai l’impression que nous n’avons pas tout à fait la même expérience de la famille… Il me semble d’abord que la fécondité naturelle de l’union des deux sexes n’est jamais garantie, assurée et mécanique ; bref, on ne « commande » jamais un enfant comme on pourrait le demander à la médecine (ou plutôt, comme nous rêvons que la médecine pourrait le faire). Par ailleurs, je ne partage pas votre constat d’un irréductible égoïsme ; j’y vois sans doute le symptôme de cette société dans laquelle précisément rien ne peut excéder la mesure du désir individuel… Mais ce serait bien trop long d’en discuter ici, cela engage plus largement une discussion éthique sur la nature du bonheur et sur sa recherche.
      En revanche, il est plus facile de rectifier les énormes et récurrents clichés dont votre propos est animé en ce qui concerne le couple père-mère.
      Vous vous demandez si il y a encore « beaucoup d’enfants ayant grandis aux côté d’un papa et d’une maman. » Contrairement aux idées reçues sur le sujet, 74% des enfants grandissent aujourd’hui en France avec leurs deux parents vivant en couple. La famille papa-maman et leurs enfants est donc toujours la référence essentielle dans notre pays, bien loin de la désuétude que votre question semblait suggérer.
      Il ne s’agit pas de dire que les hétérosexuels sont individuellement de meilleurs parents que les homosexuels, mais simplement de souligner que cette structure ancestrale (qui ne date pas du christianisme ni d’une quelconque religion, loin de là) est le meilleur cadre pour qu’un enfant grandisse. Elle lui offre la complémentarité des fonctions affectives, psychiques, symboliques, dont toute la psychologie et la psychanalyse nous disent qu’un enfant à besoin. Elle lui permet de trouver le repère qui contribuera à inscrire son histoire personnelle dans une nécessaire origine.
      Que les homosexuels soient capables de donner beaucoup d’amour à des enfants, voilà qui ne fait aucun doute ; mais comme le dit le titre d’un ouvrage de Claude Halmos (pas spécialement étiquetée réac), « l’amour ne suffit pas », précisément.
      Que les hétérosexuels soient capables de faire du mal, de blesser, d’être de mauvais éducateurs et de mauvais parents, là encore, ce n’est pas une grande découverte. Mais cela ne signifie en rien que la structure du couple unissant un père et une mère ne soit pas le meilleur cadre pour accueillir un enfant. On ne saurait raisonner sur un modèle à partir des échecs qu’il rencontrera nécessairement – surtout lorsqu’il s’agit de réalités humainement aussi complexes qu’une famille !
      Enfin, l’évocation d’un « permis de procréer » est intéressante : il se trouve que, puisque nous voulons nier la fécondité naturelle de la complémentarité des sexes, nous sommes en train de construire un modèle dans lequel, tous les couples devant obtenir les mêmes droits, ces droits ne peuvent plus venir… que de l’Etat. Politisation de la sexualité sur laquelle il y aurait beaucoup à dire encore…

  5. Ache

    Merci de ne pas mêler le libéralisme avec cette histoire.
    C’est erroné (je dirais même mensonger) de dire que le libéralisme est l’absence de limites. Le libéralisme prône la liberté dans un cadre d’un droit naturel qui est un ensemble de règles qui pré-existent à l’homme.

    1. FXB

      Merci de lire les notes de bas de page ! Je propose effectivement une distinction claire à la fin de l’article. Tant qu’à faire d’éviter les clichés, il faudrait d’ailleurs aller jusqu’au bout, et éviter alors de parler du libéralisme comme d’un bloc théorique unifié. Reconnaissons qu’il y a des libéralismes diversement fondés ; la définition que vous proposez ne correspond qu’à l’une de ses versions.

  6. Pierre-Jean ARNAUD

    Message à FX Bellamy
    J’ai fort bien lu les différents échanges d’arguments. Peut-être n’en ai-je pas saisi tous les contours mais il me semble que tout tourne autour de la négation de la nature par ceux qui insensés, veulent obtenir la satisfaction immédiate de leurs désirs qu’ils appellent droits. La théorie de l’absolue égalité
    de Pierre Bergé qui lève le masque du projet ( PMA, GPA, dans la foulée) est une fiction autant qu’humaine que juridique et qu’économique, car elle aboutit à la rupture du paragdime identitaire de l’humanité fondée sur la différence des sexes. Le gender est une virtualité qui sape petit à petit la société, il devient et vous l’avez très bien décrit l’argument utilitariste qui conduit tout droit au « Meilleur des mondes  » d’Aldous Huxley. Notre père nourricier,l’Etat Big Brother, n’est pas loin qui satisfera tous nos besoins.Je ne veux pas de ce père-là; résurgence maligne tout à la fois d’un communisme faussé et d’un libéralisme dévoyé, ce système nous conduit tout simplement dans le mur de la désillusion et de l’amertume. Je suis né d’un homme et d’une femme; mes enfants reproduisent ce schéma. Schéma matriciel de l’humanité multi-millénaire auquel il confère sa beauté et sa grandeur. Partons de l’équation simple: un papa et une maman égale un enfant. C’est pourquoi je serai dans la rue le 13 janvier à Paris…. Bien cordialement à vous.

  7. Iphigénie

    @ Ache :
    Vous écrivez : « Le libéralisme prône la liberté dans un cadre d’un droit naturel qui est un ensemble de règles qui pré-existent à l’homme. »

    Pardon ? Quel droit naturel, quelles règles et quelle liberté ? Ceux du tigre de manger des gazelles ou ceux de la gazelle de ne pas être mangée ? Ceux du mammouth à brouter de l’herbe ou de l’herbe à pousser en paix ?

    Merci de ne pas proposer de définitions qui consistent uniquement à mettre des mots les uns derrière les autres sans aucune considération pour leur sens.

    A l’auteur : Absolument impeccable, bravo !

  8. FALDUTO Jean Baptiste

    Bravo encore pour votre article!! c’est le bon sens qui parle : il est inévitable que la reconnaissance de la PMA ouvrira la porte à la GPA. A très bientôt. Je renouvelle ma demande si vous êtes amenés à venir dans le Sud je suis partant pour une conférence. Bon noêl!!!

  9. Guillaume M

    Bonjour,

    Votre raisonnement me sembler achopper sur plusieurs points dont il est néanmoins intéressant de débattre.
    Le point principal sur lequel je souhaiterais vous apporter la contradiction concerne le lien que vous établissez entre l’ouverture de l’adoption aux couples homosexuels et la gestation pour autrui. Je comprends votre raisonnement, mais il me semble aller un peu vite en besogne. La PMA est déjà autorisée en France et acceptée par tous (du moins je l’espère), sans pour autant que la gestation pour autrui ne l’ait suivie immédiatement. Pourtant, si celle-ci permet à des couples dont l’homme est stérile d’avoir des enfants, celle-ci n’est à ce jour d’aucune utilité pour les femmes stériles. Mon propos est le suivant : je ne vois personnellement pas de différence sur ce point précis entre un couple hétérosexuel dont l’homme est stérile et un couple de femmes d’une part, ni entre la procréation entre un couple hétérosexuel dont la femme est stérile et un couple d’hommes de l’autre : la PMA permettrait au couple de procréer avec l’aide de la science dans un cas, mais pas dans l’autre. Or personne aujourd’hui ne revendique la légalisation de la gestation pour autrui dans le cas des couples dans lesquels la femme est stérile ; je ne vois donc pas en quoi quiconque permettrait la PMA pour les couples homosexuels devrait également sauter le pas de la GPA. Il me semble que l’argument qui nie le recours à la GPA aujourd’hui (alors que la PMA ne peut résoudre tous les problèmes d’infertilité) vaudra tout autant demain.
    Vous m’accorderez peut-être ce point ou peut-être pas, en répondant peut-être que la PMA est détournée de son but initial lorsqu’elle est utilisé comme un moyen pour pallier un problème structurel et non accidentel comme c’est le cas aujourd’hui ; cette question est délicate et il n’est pas impossible que je sois en partie d’accord avec cette position, quand bien même la distinction entre « infertilité structurelle » et « infertilité accidentelle », que l’on entend souvent, me semble assez difficile à saisir si on pousse le raisonnement assez loin.
    Toujours est-il que, si j’ai bien compris votre billet et votre pensée, je crois que la réponse la plus plausible que vous me feriez serait de réaffirmer que le saut à la GPA sera fait à cause d’une idéologie que vous qualifiez d’ultra-libérale. En clair, quand bien même l’ouverture de la PMA aux couples homosexuels ne contraindrait pas en soi à autoriser également la GPA, ceux qui portent et défendent ce projet ont aussi en tête la légalisation de la GPA, qui serait en somme l’achèvement logique de leur vision de la société.
    À cet argument qui est somme toute intéressant, je répondrai en faisant tout d’abord remarquer que, quand bien même vous auriez raison lorsque vous avancez qu’une minorité ultra-libérale exerce un lobbying intense pour faire passer une loi sur la PMA avec en arrière-plan le désir de légaliser la GPA, cela ne veut nullement dire que c’est le projet en lui-même qui est porteur de cet idéologie. Ce n’est pas parce que certains parmi les plus bruyants défenseurs de l’ouverture de la PMA aux couples homosexuels sont animés par cette idéologie que vous qualifiez de libérale qu’il faut renoncer à ce projet. Votre argument porte sur les conséquences logiques que devrait assumer le législateur dans le cas où il ouvrirait la PMA aux couples homosexuels ; mais si cette obligation n’est pas technique (et elle ne l’est pas puisque la PMA pour les couples hétérosexuels n’a pas conduit à la GPA jusqu’à présent), elle doit alors être idéologique ; mais pour que tel soit le cas, il faudrait que le législateur lui-même partage cette idéologie ultra-libérale que vous dénoncez, et qu’il adhère lui aussi à la théorie du « droit à l’enfant ». Or il me semble parfaitement cohérent de défendre l’ouverture de la PMA aux couples homosexuels sans se revendiquer d’un quelconque « droit à l’enfant ». La PMA est une technique médicale spécifique, qui permet la naissance d’enfants dans des couples qui dans le cas contraire n’auraient pas pu en avoir. Il est normal et nécessaire que cette technique soit contrôlée et encadrée, et c’est déjà le cas. Cependant, à partir du moment où l’on considère qu’un couple constitue un environnement capable d’apporter à un enfant tout ce dont il a besoin, sur quoi pourrait légitimement se fonder le refus de cette possibilité technique audit ce couple ? Vous pouvez toujours nier qu’un couple de femmes constitue une sphère familiale adéquate pour un enfant, mais c’est clairement un autre aspect du débat. Il n’est pas question ici d’un « droit à l’enfant », simplement d’un droit d’accès aux avancées techniques, qui sont un bien commun à la société. Chaque technique maîtrisée par l’homme comporte son lot de restrictions quant à son usage, mais celles-ci doivent être établies a posteriori pour préserver le bien commun : il est parfaitement concevable que l’on interdise à certains de prendre l’avion parce que ce sont des terroristes présumés, mais il est en revanche injuste d’en priver a priori une part de la société ; de la même manière, il est parfaitement normal de refuser l’accès à la PMA à des individus incapables de créer un environnement nécessaire au bon développement d’un enfant ; mais si l’on reconnaît que certains couples de femmes sont capables d’élever un enfant, alors il n’y a aucun raison de refuser la PMA à ces couples. Je comprends votre analyse de l’ouverture de la PMA aux couples homosexuels comme un cheval de Troie de l’ultra-libéralisme, mais je me permets d’y répondre en présentant ce projet sous un autre jour, et qui est selon moi la façon dont le voient la majorité de ses défenseurs : il s’agit simplement de respecter l’égalité des droits entre des couples se trouvant dans des situations identiques : les couples dans lesquels l’homme est infertile ne peuvent avoir d’enfant par défaut de spermatozoïde, mais ont droit à la PMA ; les couples de femmes ne peuvent avoir d’enfant pour la même raison, mais n’y ont pas droit : voilà, je crois, le constat central et le point que les défenseurs de ce projet entendent corriger. Qu’il y ait parmi les défenseurs d’autres personnes animés par une idéologie ultra-libérale, c’est possible, mais il faut les distinguer des premiers ; et, à ceux-ci, je n’ose croire que vous leur ferez l’offense de les considérer comme les « idiots utiles » des ultra-libéraux, défendant aveuglément au nom d’une cause juste un projet fondamentalement vicié, de la même façon que je n’oserais vous faire l’offense de vous considérer comme un « idiot utile » de mouvements intégristes et rétrogrades, au motif que, sur ce point précis vous êtes en accord avec des individus dont par ailleurs vous ne partagez pas l’idéologie extrémiste.
    Voilà les objections principales que j’aurais à apporter à votre raisonnement, et sur lesquelles je suis prêt à entendre votre réponse.

    1. Fxb

      Merci pour votre long message si précisément argumenté.
      En réalité, je vous rejoins sur un très grand nombre de points. En vous lisant, il me semble simplement nécessaire de clarifier un point sur lequel je me suis sans doute mal exprimé. Je ne pense pas que ce soit un lobby ultralibéral qui pousse aujourd’hui la revendication du mariage pour tous, celle de la PMA et demain celle de la GPA. Ceux qui défendent aujourd’hui le projet du mariage pour tous le font au nom de la revendication d’une égalité effective de tous les couples. Je voulais simplement montrer que cette revendication ne peut pas ne pas aboutir à l’ouverture à la PMA et, tôt ou tard, à la GPA. Si cette revendication est considérée comme valide et impérative, alors les raisons qui éloignent encore beaucoup de partisans du mariage pour tous de la GPA finiront par bientôt par leur paraître peu consistantes au regard de l’objectif poursuivi.
      Il me semble d’autant plus important de mettre au jour dès à présent les conséquences ultimes de cette revendication (sont-elles d’ailleurs vraiment ultimes, je n’en sais rien – du moins les conséquences visibles à ce jour), afin de faire un vrai choix. Ces conséquences sont la transition imperceptible vers une société que je qualifierais pour le coup d’ultralibérale, puisque la satisfaction du désir individuel doit y primer sur toute autre considération.
      C’est d’ailleurs sur ce point, pour revenir sur un point de détail que vous évoquez, que je poserais la distinction entre la PMA utilisée comme remède à une infertilité accidentelle du couple (l’union des deux sexes aurait du normalement être féconde, la médecine vient rectifier une irrégularité de la nature par rapport à sa propre norme – on pourrait se rapporter ici aux travaux de Canguilhem sur la norme au sens physiologique) ; et la PMA utilisée comme auxiliaire technique venant imposer contre les dispositions naturelles un projet d’enfant. Ce désir est d’ailleurs parfaitement légitime et respectable ; mais que l’Etat libère les possibilités scientifiques pour lui apporter satisfaction me semble être la porte ouverte à la société que je me proposais d’esquisser ici, et à toutes les dérives qu’elle permettrait… Aussi difficile soit-il, le choix de la justice ne consiste pas toujours à satisfaire tous les désirs. Cela est vrai d’ailleurs pour tous les individus, et pour les couples homosexuels autant qu’hétérosexuels : permettre à un couple âgé d’adopter, au motif que c’est « un couple qui s’aime », serait de toute évidence une injustice.

    2. Tibo

      Je vous cite: « un « idiot utile » de mouvements intégristes et rétrogrades »
      Donc ceux qui sont contre sont nécessairement intégristes et rétrogrades ? Pas simplement d’opinion différente ? Pour débattre sereinement, il faudrait commencer par respecter les autres.

  10. Pierre-Jean ARNAUD

    En voulant séparer de plus en plus la filiation de ses fondements biologiques, le législateur est en train de s’enfoncer dans un bourbier dont on a peine à imaginer les conséquences tant juridiques que sociologiques; mais le principal bouleversement est éthique; le glissement vers le « Meilleur des mondes « , est tout à fait possible. A quand une loi reconnaissant que l’embryon est une personne humaine et à ce titre incessible, indisponible ? Là est le noeud du problème…

  11. Abiram

    Vous oubliez l’utérus artificiel qui est presque au point (on sait le faire marcher pour un bébé chèvre, on saura le faire marcher pour les êtres humains).

    En matière technique, la question ne s’est jamais posée dans toute l’histoire de l’humanité de savoir si l’on devait ou pas utiliser une innovation. La seule question est quand.

    Vous avez raison de dire que les libéraux profiteront de cette situation pour accroître la pression sociale sur les femmes. Les porteuses, comme celles qui, libérées de ce devoir, pourront être plus efficaces au boulot et ne pas prendre de congé pré-natal.

    De même, l’aspect transmission du patrimoine prime, il faut un héritier.

    Mais ce n’est qu’une question de temps. Si vous aviez gain de cause aujourd’hui, vous perdrez demain. Battez-vous pour des causes plus utiles, celles qui permettraient de modifier l’équilibre en faisant reculer la soumission à la nécessité. Battez-vous pour un revenu de base universel, pour plus de démocratie et moins de représentation, pour rendre les Bergé non moins riches mais moins puissants, ce n’est pas la même chose…

  12. lamo

    Bonsoir,
    J’ai lu avec attention votre article, et les différents commentaires.
    Pour ma part, je suis favorable au mariage et à l’adoption pour tous, et totalement opposé à la PMA et GPA y compris pour les couples hétérosexuels, étant opposé à toutes ces manipulations puisque pouvant entre autre mener à une marchandisation.

    Une question me taraude :
    – Pourquoi acceptez-vous que la PMA soit autorisée pour les couples hétérosexuels, puisqu’elle est la marche qui précède la GPA ?
    Votre raisonnement me dérange du coup.

  13. Joachim Caillosse

    Merci pour vos analyses et votre ouverture au débat, loin de tout sectarisme ou idéologie…

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    […] En ce sens, il faut dire un immense merci à Pierre Bergé. Voilà un homme honnête et franc, qui va jusqu’au bout de la vision du monde qu’il défend. Participant hier à la manifestation pour l’égalité, il n’a pas hésité à expliciter les conséquences nécessaires de cette revendication. Conséquences logiques, à la vérité…Source de l’article sur le blog de FX Bellamy […]

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