Réforme du collège : les raisons de la rébellion

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Entretien paru dans le magazine La Vie en date du 14 mai 2015. Propos recueillis par Stéphanie Combe. Dans le même numéro, un dossier d’analyse et un entretien avec Philippe Watrelot, président des Cahiers pédagogiques.

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Que pensez-vous de la réforme du collège ?

Cette réforme manifeste une incapacité à répondre au problème essentiel que rencontre notre système éducatif. Les « experts » qui fixent ces directives n’ont probablement pas mis les pieds en classe depuis longtemps ; et ce projet trahit leur décalage immense d’avec la réalité du terrain.

Le problème est bien identifié en effet : c’est celui de la maîtrise des fondamentaux, très déficiente pour beaucoup d’élèves. Chaque année, le test de lecture réalisé à l’occasion de la Journée de Défense et de Citoyenneté montre que 18 à 20 % des jeunes français, à 18 ans,rencontrent des difficultés majeures pour lire et écrire leur propre langue. Et on nous propose une réforme des programmes de français dans lequel le mot de « grammaire » ne figure même pas Au lieu de se donner simplement pour objectif la maîtrise de la lecture et de l’écriture, les nouveaux programmes visent pompeusement l’apprentissage des « langages », parmi lesquels le français, mais aussi, pêle-mêle, deux langues vivantes, les « langages du corps », ou encore le code informatique, qui devra être enseigné dès le CE1 !

Les concepteurs de ces programmes vivent au pays des rêves. Si tous nos élèves savaient lire et écrire correctement le français, on pourrait s’offrir le luxe de leur enseigner le code informatique. Mais à l’heure actuelle, c’est donner le superflu à ceux qui manquent cruellement de l’essentiel. Cela revient à offrir des petits fours aux victimes d’une catastrophe humanitaire… Tout cela est absurde et tragique.

Vous étiez sur France Inter le 16 avril pour défendre l’enseignement du latin et du grec. Pourquoi ?

La Ministre de l’Education Nationale nous dit que l’option langues ancienneconcerne assez peu d’élèves pour pouvoir être supprimée. Mais cette option est choisie aujourd’hui par 20 % de collégiens : si l’on supprimait les partis politiques qui recueillent moins de 20 % des voix, beaucoup n’existeraient plus, à commencer par celui de la Ministre ! Lorsque les classes de latin sont fermées, c’est souvent faute d’enseignant plutôt que d’élèves. D’ailleurs, contrairement aux idées reçues, le département où le latin s’est le plus développé ces dix dernières années, c’est la Seine-Saint-Denis : quand la maîtrise du français est fragile, les langues anciennes sont une ressource très efficace. Encore faut-il qu’on puisse les apprendre... Affirmer qu’un « enseignement pratique interdisciplinaire » pourra remplir ce rôle, c’est un mensonge absolu : rien ne dit que les « cultures de l’antiquité » incluront l’apprentissage du grec et du latin. Il faudra de toutes façons impliquer une autre matière, l’histoire, ou l’éducation artistique. On y fera des exposés sur les temples et les pyramides, mais rien qui corresponde vraiment à l’enseignement de ces langues qui ont pourtant fondé notre civilisation.

À la place des classes bi-langues dont seule une minorité bénéficie, le Ministère introduit deux langues vivantes en 5ème. Qu’en pensez-vous ?

Là encore, quelle aberration... On va achever de perdre les élèves en enseignant une langue vivante dès le CP, alors qu’aucune base n’est encore en place. Le principal obstacle à l’apprentissage des langues vivantes, c’est la fragilité des élèves en français. Quand vous ne savez pas identifier un sujet, un verbe et un complément dans votre propre langue, comment voulez-vous les transposer dans une autre langue ? Quand vous manquez de vocabulaire en français, comment rencontrer un autre lexique ? De toutes façons, ce n’est pas en une heure d’allemand par semaine qu’on apprendra cette seconde langue à des élèves de 5ème… Au moment où la Ministre condamne les enseignants de langue à l’impuissance, on atteint le sommet du ridicule avec la nomination d’un délégué interministériel chargé de la promotion de l’allemand ! Tout cela n’a aucun sens. Soutenons les filières spécifiques qui fonctionnent bien, et pour le reste commençons par revenir à l’essentiel, en augmentant les heures de français ; toutes les études en effet montrent une corrélation entre le temps consacré à l’apprentissage d’une langue et son intégration par les élèves. 

Pensez-vous que ces nouveaux programmes diminuent l’élitisme de l’école ?

Je n’aime pas le discours qui s’attaque à un soi-disant « égalitarisme. » L’égalité est au cœur de la mission de l’éducation. L’école devrait offrir à chaque jeune les moyens d’atteindre l’excellence qui lui est propre ; car l’excellence n’est pas uniforme ! J’ai eu la chance d’enseigner en lycée hôtelier, en STI électrotechnique..J’y ai rencontré des élèves excellents dans leur spécialité ! Mais en France, on ne voit la réussite scolaire que comme la mention très bien au bac SPlutôt que de défendre cet élitisme trop étroit, nous devrions nous préoccuper de rétablir une équité réelle dans notre système scolaire, qui est devenu le plus inégalitaire de tous les pays de l’OCDE.

Comment remédier à l’échec scolaire et réduire les inégalités entre élèves, selon vous ?

C’est tellement simple ! Il suffirait de redire ce qu’est la mission de l’école : transmettre des connaissances. Tout le reste en découle. Aujourd’hui, on perd l’école dans une multiplicité d’objectifs : l’intégration, l’insertion professionnelle, le plaisir des élèves, la lutte contre le sexisme, contre les discriminations et même contre le réchauffement climatique… L’école peut contribuer à tout cela, mais seulement en transmettant le savoir.

Les nouveaux programmes d’histoire, par exemple, sont victimes d’une instrumentalisation effarante. Comment décider de ce qui, dans notre histoire, est facultatif ? En quatre ans, certains collégiens n’auront jamais entendu parler de la Renaissance ou des Lumières ! En revanche, ils auront tous eu plusieurs occasions de dénigrer la France… La repentance est parfois légitime, mais la confondre avec l’enseignement de l’histoire, c’est une faute contre cette discipline, et un danger pour la société à venir.

Cette réforme suscite un débat enflammé. Comment réagissez-vous en tant qu’enseignant ? 

Décidément, ce gouvernement nous a habitué à des méthodes bien peu démocratiques. C’est toujours le même procédé, sur le projet de loi sur le renseignement comme sur la réforme de l’enseignement : un texte est publié, écrit sur commande par des cabinets ou des comités obscurs. Une fois qu’il est diffusé, on propose une concertation – mais en proclamant cependant que pas une virgule ne sera changée ! Dans cette étrange « concertation », il faut croire que seuls ont le droit de s’exprimer ceux qui sont déjà d’accord, car tous les autres sont copieusement insultés. Pour François Hollande, les opposants à cette réforme sont « des immobiles bruyants qui défendent leurs intérêts particuliers. » Ce mépris affiché touche aussi bien des centaines de milliers d’enseignants de terrain, que des grandes figures de la réflexion. S’il est normal qu’une Ministre défende sa réforme, je ne suis pas sûr que l’oeuvre de Madame Vallaud-Belkacem l’autorise à traiter Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut, Régis Debray, Danièle Sallenave ou Pierre Nora de « pseudo-intellectuels »… L’expression témoigne d’un sectarisme dramatique. Que n’aurait-on entendu si un Ministre de droite s’était exprimé ainsi !

Derrière ces débats, voyez-vous une ligne de fracture entre conservateurs et progressistes ?

Le clivage traditionnel n’est sans doute pas pertinent, puisqu’en matière de déconstruction des savoirs, la gauche s’inscrit malheureusement dans la continuité deerrances de la droite. La vraie ligne de fracture se situe entre ceux qui veulent ouvrir les yeux sur la réalité, et ceux qui préfèrent défendre leurs utopies. En témoigne l’opposition massive des enseignants, ces professionnels de terrain que, semble-t-il, nul n’a songé à écouter dans la préparation de cette réforme… 

Dans votre ouvrage, vous qualifiez le numérique de « grande utopie pédagogique » qui accomplirait la promesse de Rousseau d’une enfance débarrassé de transmission. Que pensez-vous de la volonté d’y faire entrer l’école ?

Les enfants n’ont pas eu besoin de l’Education nationale pour maîtriser l’outil numérique... Si l’école veut enseigner la pratique des réseaux sociaux, elle sera toujours dépassée et ringarde dans la course à l’innovation.

Les nouvelles technologies représentent une chance exceptionnelle d’accéder à la connaissance, que nos prédécesseurs nous envieraient. Mais l’école n’aidera les enfants à tirer le meilleur de ces nouvelles ressources qu’en leur transmettant les savoirs qui construiront leur capacité de recul et de discernement. Et pour cela, il me semble qu’il faudrait qu’elle soit d’abord pour eux un lieu de silence numérique...

L’enseignant ne doit-il pas évoluer vers un rôle de « facilitateur » ? 

Depuis quarante ans, on apprend aux futurs enseignants que « tout doit venir de l’apprenant ». Mais personne ne produit seul son savoir ! Même nos capacités de recherche et notre créativité naissent de ce que nous avons reçu. Si Chopin n’avait eu sur son chemin que des « facilitateurs », le monde aurait été privé des Nocturnes. Cela fait quarante ans qu’on assassine des Chopin parmi nos élèvesau nom de ces idées délirantes... La vraie violence éducative consiste à priver les enfants d’héritage, à les laisser prisonniers de l’immédiateté, et à abandonner en eux ces talents en friche qu’aucune culture ne vient plus féconder.

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8 réponses
  1. A.Fumey
    A.Fumey dit :

    Il me semble – respectueusement – que l’analyse de FX Bellamy est inexacte sur les « fondamentaux ».

    Le problème est celui de sa définition: dans le mot « fondamentaux » la quasi totalité des parents entend « lire, écrire, compter »; c’est précisément le constat fait lors de la grande consultation organisée en 2003-2004 par Luc Ferry, par dessus l’institution.

    Mais Luc Ferry a été désavoué par son chef de gouvernement et les institutions ont inventé ce mot magique pour le détourner. Vous lirez avec intérêt ce que signifie ce mot dans le Dossier de rentrée 2014: ce mot signifie explicitement « égalité Filles-garçons », suppression des notes, « mixité sociale » (pour faire payer par les enfants les problèmes que les responsables ne veulent pas affronter), etc. En plus succinct(!) sur http://www.education.gouv.fr/pid25535/bulletin_officiel.html?cid_bo=79642, ou le plus récent http://www.education.gouv.fr/pid25535/bulletin_officiel.html?cid_bo=89301 sur le même modèle.
    Je conviens que la logorrhée verbale est indigeste, aussi je recommande une lecture en diagonale jusqu’aux paragraphes réellement significatifs comme les « valeurs de la république » où l’on retrouve sans changement les pires excès dénoncés durant la phase « d’expérimentation » de la précédente année scolaire.

    Attention: il est important de ne pas se laisser leurrer par des expressions comme « compétences de la langue française » ou « maitrise des mathématiques » : le nouveau programme, fort bien analysé ici (http://www.reformeducollege.fr) en donne la signification: réduire les objectifs d’apprentissage pour les rendre accessibles aux plus faibles, y compris aux élèves qui ne travaillent pas à la maison ou y parlent une autre langue. Il est également troublant de lire une prétention aux « internats de la réussite » par ceux-là mêmes qui réduisent ou suppriment les bourses des très bons élèves aux revenus modestes, ou les établissements qui leur auraient permis de compenser l’origine sociale.

    On peut donc souscrire totalement à l’analyse de FX.Bellamy, et pourtant les responsables de l’EN ne mentent pas et sont cohérents dans leur poursuite des « fondamentaux »: ce ne sont simplement pas les mêmes que ceux qu’attendent les parents.

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  2. Ben
    Ben dit :

    Etant élève de seconde, je trouve que cette réforme est effectivement une abération.

    Au niveau des secondes langues plus tôt, je ne me prononce pas étant donné que je suis actuellemment des cours de français, d’allemand, de latin, d’anglais et d’espagnol. Mais les EPI me paraissent abérant car si j’ai bien suivi, ils prévoient des travails de groupes, or dans 90% des cas, quand on forme des groupes de travail dans une classe lambda, du momment que le groupe dépasse deux personnes au moins la moitié des élèves ne font rien et se reposent sur les autres. Ce seront autant d’heures perdues qui au lieu de favoriser un pseudo « égalitarisme » à l’école ne feront qu’aggraver les différence, tant entre les différents établissement qu’entre les élèves. Les meilleurs établissement réussiront probablement à mettre ces modules en place sans trop de dégats, et les bons élèves à avoir un bon bac, mais pour les élèves moyens, ce sera une catastrophe. Déjà que certaines heures de cours me paraissent comme de la permanence (le fond de la classe est rempli d’écrans) si j’avais eu au collège ce genres de choses, je n’aurais rien fait en cours, quitte à tout rattraper en 2heures sur internet.

    Et quand aux langues, peut-être que les apprendre plus tôt sera utile, mais à mon avis il y a aussi une question de motivation. dans un lycé français en allemagne, seuls les élèves allemands parlent allemand, les autres se contantent de dire bonjour en cours et n’utilisent cette langue que dans ces occasion. La chose qui, m’est avis, n’est pas prise en compte, est la motivation des élèves.
    Allez donc faire des sondages sur la pertinance de ce genre de réformes dans les collèges plutôt que d’angager des experts qui n’ont même pas d’enfants pour leurs parler de la situation dans leurs classes.

    Je dirais encores beaucoup de choses, si mon collège m’avais en cours de français donné assez de vers et d’ésprit, mais ce n’est pas le cas, je dois rattraper le français seul.

    Cordialement, un élève expatrié depuis deux ans.

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  3. Brulon Cécile
    Brulon Cécile dit :

    Bravo et merci pour vos propos !

    Vous pouvez tout à fait citer les « professeurs-documentalistes » qui ont obtenu un CAPES de Documentation et sont donc des professionnels de l’information et de la documentation. Nous sommes aptes à la « transmission de savoirs » dans ce domaine pour aider nos élèves à développer un esprit critique sur les outils numériques qu’ils utilisent trop souvent sans discernement…mais voilà, dans la réforme du collège, nous sommes encore oubliés et nos compétences ne sont pas mises en avant concernant les temps d’interdisciplinarité qui pourraient être des temps intéressants et propices à cette formation dans le domaine de l’information, vu que nous sommes dans une société de l’information (et de sur-consommation de l’information) que nous ne pouvons occulter…(le « silence numérique » ne me paraît plus possible à l’école par conséquent. Et cela peut être un facteur de motivation, néanmoins, que de travailler avec l’outil numérique, pour de nombreux élèves…encore faut-il savoir l’utiliser !)

    Cécile, une prof-doc de l’Essonne !

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  4. Chamoin
    Chamoin dit :

    Petite réflexion sur l’apprentissage d’une langue étrangère :

    Un enfant apprend à parler en répétant ce qu’il entend. A trois, quatre ans il parle en général correctement.

    S’il vit à l’étranger, il parle français à la maison, à trois ans va à l’école locale et six mois plus tard comprend tout ce qui s’y dit et commence même à parler cette nouvelle langue avec un accent parfait.
    Un adulte, sauf s’il a une oreille très musicale, ne peut y arriver.

    Pourquoi ?

    Tout simplement parce que notre mémoire auditive, comme une bande magnétique, enregistre parfaitement les sons jusqu’à l’âge de 9-10 ans. Passé cet âge, l’oreille vieillit et n’enregistre plus de nouveaux sons, elle cherche dans son répertoire les sonorités les plus proches.
    Or le spectre sonore de la langue française est beaucoup plus limité que celui d’autres langues comme l’explique très bien ce site :

    http://caderange.canalblog.com/archives/2009/07/28/7964444.html

    Quand l’Éducation Nationale acceptera l’apport des neurosciences elle pourra enfin enseigner correctement les langues étrangères, en particulier l’anglais.

    C’est pourtant facile, il faut faire écouter et répéter des petites chansons et des comptines très simples grâce à un enseignant de la langue maternelle étudiée ou utiliser des DVD, 15minutes par jour.
    Et ce dès la grande section de maternelle.

    L’oreille des enfants se forme à ces nouveaux phonèmes sans difficulté.
    Ensuite il suffit d’enrichir peu à peu cet acquis de façon ludique.
    Plus tard l’orthographe, la grammaire, l’analyse logique seront enseignées.

    Les enfants pourront ainsi très vite comprendre cette nouvelle langue, regarder des films en VO, des émissions de télévision …

    Renforcer la langue maternelle pour structurer sa pensée
    + 15 minutes de DVD d’une autre langue pour entendre le monde

    La recette est simple !

    C’est ce que font les Hollandais, de grands commerciaux, qui ont bien compris l’intérêt de parler la langue de leurs clients.

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    • Ben
      Ben dit :

      Sauf que le problème n’est pas de parler, mais bien de maitriser la langue de façon littéraire. A quoi me sert d’apprendre a parler anglais si seulement les français comprennent mon accent, et que je ne suis pas capable de comprendre un livre par faute de vocabulaire, ou d’apréhender justement le vocabulaire qu’il me manque parce que je ne connais pas le mot en français?
      On attend des élèves qu’ils appprennent tout d’un coup, sauf que si on ne connait pas la concordance des temps français, on ne peut pas comprendre celle de l’espagnol ou de l’anglias, ou bien on finit par tout confondre et on doit tout réaprendre lentement et douloureusement plus tard. (Expérience vécue, je ne conseille pas)

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  5. Emmanuel THIRY
    Emmanuel THIRY dit :

    Bravo, j’adhère à 100% !
    Je suis prof de musique et il se trouve que tout ce que vous dites est également adaptable à ma simple discipline !

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  6. Chastagnier
    Chastagnier dit :

    Merci de ces propos – et de vos textes en général.
    Je n’ai découvert votre blog que récemment, mais chacun de vos papiers réjouit l’ancien ingénieur, père et grand -père que je suis.
    J’ai 70 ans, et ayant fait latin-grec jusqu’en terminale, je sais ce que je dois à mes professeurs de lettres.
    Je suis profondément heureux de voir un jeune comme vous exprimer, mieux que je ne saurais le faire, ce que je pense profondément.
    Continuez! C’est les gens comme vous qui sauvent le pays. (Et je ne dois pas être le seul ancien à vous soutenir).
    Encore merci 🙂

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  7. Moysan
    Moysan dit :

    Il y a une excellent analyse de l’utopie numérique et de tout son contexte politique, intellectuel, nomenklaturiste etc… dans François Cusset, La décennie : Le grand cauchemar des années 1980, La Découverte, 2006.

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