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Il y a un an : débat face à Olaf Scholz

Entretien paru dans le magazine Causeur

Entretien paru dans le magazine Causeur le 2 avril 2024

Ukraine européenne

La France doit-elle essayer d’empêcher la Russie de gagner la guerre contre l’Ukraine ?

Oui. Laisser la Russie agir serait courir le risque que demain, aux portes de l’Europe, la preuve soit faite de nouveau que la violence peut effacer des frontières, et renverser les principes du droit international. Il est de notre devoir de soutenir l’Ukraine pour mettre fin à cette guerre terrible, qui est une tragédie absolue.

Ce soutien doit passer par une triple action : stratégique – nous devons relancer notre industrie de défense, et fournir aux forces ukrainiennes le matériel et les munitions dont elles ont un besoin vital, en même temps que nous réarmer ; diplomatique – il nous faut contrer le récit de Vladimir Poutine et l’isoler sur la scène internationale ; enfin, nous ne pourrons rien faire sans agir au niveau économique – nous devons mettre fin au contournement des sanctions, saisir les milliards de biens russes mal acquis en Europe, et encourager l’économie ukrainienne sans fragiliser nos producteurs, en utilisant le marché européen comme un couloir commercial vers les débouchés internationaux. Le but est de mettre l’Ukraine autant que possible en position de force pour qu’elle puisse se déterminer face à l’attaque qu’elle subit.

L’éventualité d’une entrée en conflit de notre pays doit-elle être exclue ?

Oui, et elle l’est déjà en réalité. Nous n’avons pas la possibilité de mener un conflit de haute intensité face à la Russie. L’hypothèse d’un envoi de troupes de combat est exclue par l’OTAN même, et par la quasi-totalité des pays membres de l’Alliance atlantique. Pendant toute la guerre froide, avec une tension autrement plus directe et explicite, il n’y a jamais eu d’affrontements directs entre des forces soviétiques et occidentales ; ce n’était pas par « lâcheté », mais parce que la grammaire de la dissuasion nucléaire en particulier rend un tel scénario infiniment dangereux.

En faisant croire l’inverse, à des fins de pure communication, le président de la République a fragilisé l’unité du camp occidental en offrant le spectacle de la division à Vladimir Poutine. “L’ambiguïté stratégique” consiste à faire, pas à parler ; l’hyper-communication adoptée par Emmanuel Macron n’a conduit qu’à faire douter son propre camp de la crédibilité du chef des Armées françaises, prompt à faire des promesses intenables. 

Vladimir Poutine représente-t-il une menace existentielle pour notre nation ?

Non, nous ne pouvons parler à l’heure actuelle d’une menace existentielle sur la France. Mais il est clair que la Russie est hostile à nos intérêts et à nos principes. Elle nous attaque régulièrement dans la sphère informationnelle et dans le cyberespace. À travers Wagner, elle s’en est déjà pris à l’armée française via diverses manœuvres de désinformation, combattant notre influence en Afrique subsaharienne.

Quant à nos principes démocratiques, ils sont gravement bafoués par un régime qui montre combien il n’est pas sorti des vieux démons soviétiques : les opposants tel Alexeï Navalny sont assassinés en prison, et la fraude électorale est telle qu’on ne peut parler encore d’”élections”. Il est de façon certaine une menace pour la sécurité et la stabilité de l’Europe

L’Ukraine doit-elle rentrer dans l’Union européenne ? 

L’Ukraine veut être européenne. Ne pas répondre à cette aspiration, qui lui vaut aujourd’hui d’être attaquée, serait une faute morale et un suicide géopolitique. Il est cependant certain qu’un nouvel élargissement contribuerait à déstabiliser une Union européenne qui a plus que jamais besoin de se renforcer. L’Union doit se réformer, plutôt que s’élargir. Il nous faut être lucides : accorder le statut d’Etat membre à l’Ukraine signifierait créer une concurrence intenable pour nos agriculteurs, et retirer la PAC ou les fonds structurels à plusieurs Etats membres.

Nous ne pouvons pas dire non à l’Ukraine, mais nous ne pouvons pas lui faire la fausse promesse d’une adhésion. Il nous faut inventer avec elle une manière d’être européen qui n’implique pas d’être un État membre de l’UE : cela peut passer par exemple par une plus grande structuration du statut d’Etat associé, un statut qui existe aujourd’hui mais est presque vide de sens. Ce serait alors à nous d’écrire avec les Ukrainiens les politiques que nous pourrions mettre en commun, afin de développer une action concertée ensemble.

La France doit-elle rester dans le commandement intégré de l’Otan ?

Oui, mais elle doit surtout y peser davantage. Le problème de la France dans l’OTAN – comme dans l’Union européenne – est qu’elle ne se donne pas les moyens politiques de faire valoir ses priorités stratégiques, d’imposer son agenda. Le sujet n’est pas que la Russie : nous devons attirer l’attention des pays de l’OTAN sur le danger que représente pour l’Alliance Atlantique la trajectoire de la Turquie par exemple, qui représente à l’heure actuelle une véritable menace pour les pays européens. 

 

 

A lire aussi : Le peuple ukrainien a besoin de tout, sauf de fausses promesses

Le peuple ukrainien a besoin de tout, sauf de fausses promesses

ukraine

Tribune de François-Xavier Bellamy et Céline Imart parue dans le Monde le 14 mars 2024

 

Depuis deux ans, le peuple ukrainien résiste à l’attaque de la Russie. Dans ce combat où se joue son avenir et celui de notre continent, il a besoin de tout, sauf de fausses promesses. Les récentes déclarations du président de la République sur l’éventualité d’un envoi de troupes au sol ne sont d’aucune aide aux forces ukrainiennes ; en divisant les occidentaux, elles fragilisent l’Ukraine, et l’Europe, et la France.

Face à un agresseur déterminé, rien n’est plus dangereux que de brandir une menace manifestement inutilisable.

Mieux vaut encore jouer sur l’incertitude ; en faisant en fait le choix de sortir de l’ambiguïté – à nos dépens, Emmanuel Macron a contraint beaucoup d’alliés, l’OTAN même, et son propre gouvernement pour finir, à contredire ses annonces : les soutiens de l’Ukraine ne peuvent envisager d’envoyer leurs forces combattre la Russie. Si aucune puissance occidentale n’est entrée en guerre ouverte avec Moscou même aux heures les plus dures de la guerre froide, ce n’est pas par “esprit de défaite”, mais parce que cela ne pouvait qu’ajouter au danger. Et ce n’est pas une France en plein déclassement stratégique et diplomatique qui renversera cette équation.

Emmanuel Macron a en effet dégainé une arme qu’il aura lui-même largement contribué à décharger sous les yeux du monde entier : le repli de la présence française en Afrique, les revers qu’y ont connu nos armées faute de lucidité politique, les incohérences bruyantes sur l’Ukraine ou sur Israël, mais aussi la trajectoire budgétaire intenable du pays, l’effondrement record de sa balance commerciale, la cession de nombreux actifs essentiels… Tout cela contribue à disqualifier le scénario d’une puissance française déployant des forces conventionnelles importantes en Ukraine. 

En réalité, ce coup de communication ne visait à couvrir qu’Emmanuel Macron

En matière d’aide militaire, la France arriverait au 15ème rang des pays européens, très loin des 17,1 milliards d’euros de matériels donnés par l’Allemagne. Le gouvernement conteste ce chiffrage, mais contrairement à l’Institut Kiel qui l’a publié, il se refuse à indiquer sa méthodologie. Et le principal problème tient surtout au fait qu’il ne s’est pas préparé à agir dans la durée : après avoir cédé des matériels existants, la France ne peut bien sûr désarmer ses propres forces pour soutenir l’Ukraine.

Il fallait donc mobiliser massivement notre industrie de défense pour prendre le relais. Sur ce plan, elle est encore plus loin du compte… Lassé d’apparaître comme l’un des soutiens les plus inefficaces, notre président a donc riposté avec ce qu’il sait faire de mieux : une nouvelle polémique. De ce point de vue, l’opération est réussie ; mais on peut comprendre l’irritation de nos alliés européens à qui Paris fait soudain des procès en “lâcheté”, quand ils alertent depuis plus longtemps, et agissent avec plus d’efforts.

Il est temps de revenir au sérieux : la situation en Ukraine n’est pas le prétexte d’un clivage politicien utile pour les élections, c’est la tragédie d’un peuple dont l’issue engage l’avenir de l’Europe

Il est temps de revenir au sérieux : la situation en Ukraine n’est pas le prétexte d’un clivage politicien utile pour les élections, c’est la tragédie d’un peuple dont l’issue engage l’avenir de l’Europe. L’accord bilatéral signé par Paris ne suffira pas à assumer le défi : il faut relancer massivement notre industrie de défense et l’orienter vers la production des matériels et surtout des munitions dont les forces ukrainiennes ont un besoin vital. Reconstruire un travail diplomatique patient et déterminé pour contrer le récit de Vladimir Poutine et l’isoler des pays qu’il a ciblés. Soutenir l’économie ukrainienne sans fragiliser nos producteurs, en utilisant le marché européen comme un couloir commercial vers les débouchés internationaux. Mettre fin au contournement des sanctions, et saisir enfin, pour financer cet effort, les milliards de biens mal acquis russes en Europe. 

Ce sont des actions concrètes qui renforceront l’Ukraine. Les promesses sans lendemain ne peuvent que la fragiliser.

C’est aussi pour cette raison qu’il faut regarder lucidement le processus d’adhésion de Kiev à l’Union européenne. Nous ne pouvons fermer la porte à ce peuple voisin, attaqué précisément parce qu’il veut être européen ; ce serait une faute morale, et un suicide géopolitique. Mais la différence entre nos économies, nos modèles sociaux, nos standards de production, est si massive, qu’une entrée de l’Ukraine dans l’UE déstabiliserait toute les politiques européennes. Nous ne renforcerons pas l’Europe en retirant la PAC ou les fonds structurels à l’essentiel des États-membres, en créant une nouvelle concurrence intenable pour tous ceux qui produisent dans nos pays, et en ajoutant encore à la complexité de la décision collective. Les mêmes raisons ont conduit au gel des élargissements qui depuis des années contribue à discréditer l’Europe partout à ses frontières.

puisqu’il ne serait pas raisonnable d’élargir une Union fragilisée par ses propres crises intérieures, choisissons l’exigence de la vérité et de l’inventivité, et construisons ensemble cette nouvelle étape de l’histoire européenne au lieu de vendre des chimères

La situation que traverse l’Ukraine nous oblige à sortir de cette impasse en retrouvant l’imagination : inventons avec le peuple ukrainien une manière d’être européen qui ne passe pas nécessairement par le fait d’être un État-membre de l’Union européenne. Structurons le statut d’État-associé, qui permettrait une action partagée dans de nombreux domaines d’intérêts communs, sans déstabiliser tout le projet européen. Nous pouvons organiser bien des outils de convergence sur le plan agricole, industriel, commercial, dans l’intérêt même de nos producteurs, qui n’impliquent pas pour autant un accès au marché intérieur ou au budget de la PAC ; nous pouvons développer des moyens de solidarité qui n’exigeront pas de retirer les fonds structurels à nos régions.

Le modèle que nous inventerons ainsi doit pouvoir servir à arrimer à l’Europe bien d’autres pays qui l’attendent. 

Leur opposer un refus, ou pire encore, comme aujourd’hui, une candidature sans fin, ce serait laisser les marches du continent devenir une zone d’influence russe, chinoise, ou turque… Mais puisqu’il ne serait pas raisonnable d’élargir une Union fragilisée par ses propres crises intérieures, choisissons l’exigence de la vérité et de l’inventivité, et construisons ensemble cette nouvelle étape de l’histoire européenne au lieu de vendre des chimères.

Le moment que nous vivons est en effet historique : il impose le sens des responsabilités, la lucidité dans la réflexion, le courage dans l’effort, l’imagination pour échapper aux faux dilemmes que voudraient imposer de vieilles habitudes. À cette condition seulement seront possibles le relèvement de l’Ukraine, de l’Europe, et de la France.


L’Europe n’est pas à Bakou, elle est à Yerablur

Yerablur

Intervention de François-Xavier Bellamy lors de la séance plénière de février, à Strasbourg

Monsieur le Président, hier, le 26 février, l’ambassadeur d’Azerbaïdjan auprès de l’Union européenne, Vaqif Sadiqov, a écrit : « depuis 1992, l’Arménie est gouvernée par des fascistes assoiffés de sang. Ils resteront fascistes jusqu’à finir à Yerablur ». Yerablur, c’est le cimetière militaire arménien auquel la violence azérie a condamné des milliers de jeunes de 20 ans ces dernières années. Ils ne demandaient rien d’autre que de vivre en paix sur la terre de leur peuple.

Aujourd’hui, l’Azerbaïdjan menace, après le Haut-Karabakh, le territoire de la République d’Arménie.

Yerablur nous regarde aussi. Si Aliev se sent tout permis, c’est qu’après avoir assiégé une population civile, après un déplacement et un nettoyage ethnique, après l’agression, les bombes à sous munitions, la Commission européenne l’a déclaré un partenaire fiable et lui a acheté plus de gaz. Pourquoi ne se sentirait-il pas tout permis ?

Chers collègues, il est temps d’agir enfin et de comprendre que l’Europe n’a plus le droit au silence. Il est temps de dire à M. Sadiqov que l’Europe n’est pas à Bakou, qu’elle est du côté de la démocratie et de la liberté, du côté de la civilisation que nous partageons avec l’Arménie, qu’elle est dans ce lieu où je suis allé et dont je ne suis pas revenu le même. L’Europe est à Yerablur.


Revoir l’intervention

« Ouvrez des livres d’histoire, et non Tik Tok. »


En Europe, les amis du Hamas arrachent les affiches qui portent leurs noms…

En Europe, les amis du Hamas arrachent les affiches qui portent leurs noms : Liran Berman est le grand frère des jumeaux Gali et Ziv Berman, Yonatan et Ido Lulu-Shamriz sont les frères d’Alon Lulu-Shamriz, Yamit Ashkenazi est la sœur de Doron Ashkenazi.

Gali et Ziv Berman, Alon Lulu-Shamriz et Doron Ashkenazi, parmi les 137 Israéliens otages de la terreur islamiste depuis le 7 octobre, ont été kidnappés le 7 octobre 2023 à Kfar Aza par le Hamas. Ils ont parcouru plusieurs pays début décembre 2023 pour maintenir le niveau d’alerte le plus haut afin que tout soit fait pour la libération de leurs frères et sœurs.

François-Xavier Bellamy les a reçus au Parlement européen, avec David Lega, député du PPE membre de la commission des affaires étrangères, afin de contribuer à cette sensibilisation. Écoutez leur récit.


(extrait-phare, en anglais avec sous-titres français)

(en anglais)


Des sanctions contre l’Azerbaïdjan, maintenant.

Intervention de François-Xavier Bellamy en réunion spéciale de la commission des affaires étrangères du Parlement européen, ce matin, après l’envoi, la veille avec Bruno Retailleau, d’une lettre au Président de la République.

« Chers collègues,

Nous sommes à l’heure terrible des conséquences.

Et ces conséquences, elles sont payées par le peuple arménien aujourd’hui, qui, dans le Haut-Karabakh, est victime d’une opération militaire, parce que le silence de l’Europe et du monde occidental au cours des derniers mois, malgré toutes les transgressions de l’Azerbaïdjan, n’a fait qu’inciter Aliyev à aller encore plus loin. Personne ne peut nier qu’aujourd’hui, ce qui est violé, c’est le droit international le plus élémentaire, le droit humanitaire. Personne ne peut faire comme si l’essentiel n’était pas en jeu.

Et maintenant, il est temps de sortir de cette passivité, quand l’Azerbaïdjan prétend mener une opération antiterroriste et est en réalité en train de tuer des enfants, des femmes, des civils innocents. Il est absolument nécessaire que nous passions des condamnations – unanimes ici, et c’est tant mieux – à l’action.

Il faut des sanctions contre le régime d’Aliyev. Pas dans une semaine, pas dans quelques jours. Maintenant. Dans les heures qui viennent.

Il faut dénoncer le contrat gazier honteux qui nous lie à l’Azerbaïdjan. Pas dans quelques jours. Maintenant.

Et cela seul peut empêcher que le pire se présente à nous. Car le pire, c’est l’épuration ethnique qu’Aliyev veut organiser, qu’il a dit vouloir organiser. Chers collègues, l’Union européenne est née sur l’expérience d’un génocide. Le peuple arménien a déjà subi un génocide. C’était en 1915 et aujourd’hui, ceux qui sont en train de s’attaquer au Haut-Karabakh ne mènent pas seulement une guerre territoriale : ils attaquent un peuple qu’ils veulent faire disparaître, qu’ils veulent rayer de l’histoire. Et pourquoi ? Parce que ce peuple est lié à la civilisation européenne, par son héritage, par sa culture.

Il faut des sanctions contre le régime d’Aliyev. Pas dans une semaine, pas dans quelques jours. Maintenant. Dans les heures qui viennent. Il faut dénoncer le contrat gazier honteux qui nous lie à l’Azerbaïdjan. Pas dans quelques jours. Maintenant.

Est-ce que nous allons rester silencieux ? Est-ce que nous nous contenterons de grandes déclarations ? Est-ce que nous allons voir, à nouveau, le Conseil et la Commission poursuivre une forme d’aveuglement volontaire, mettre les deux parties sur le même plan ? Si nous continuons ainsi, chers collègues, nous serons responsables devant l’histoire de ce que nous aurons laissé commettre.

Et ce sera la trahison la plus grave que l’Europe puisse faire contre elle-même. »


 

Artsakh : à nos gouvernements d’agir, maintenant.

François-Xavier Bellamy avec Paruyr Hovhanissyan en Arménie

Retour de deux jours de déplacement en Arménie, pour de nombreux échanges, en particulier avec le vice-ministre des Affaires étrangères Paruyr Hovhannisyan et le vice-président du Parlement Ruben Rubinyan, afin d’évoquer l’appui urgent que nous devons à l’Arménie dans ce moment crucial.

Après plus de huit mois de siège par l’Azerbaïdjan, la situation dans le Haut-Karabakh s’aggrave chaque jour pour les 120 000 civils qui y vivent. Tout manque. Cette stratégie de la terreur a déjà fait plusieurs morts, faute de soins en particulier. Désormais la famine menace. Malgré la condamnation de la Cour Internationale de Justice, Aliev poursuit ce blocus inhumain. Les alertes se multiplient : il y a deux jours, Juan Mendez, ancien envoyé spécial de l’ONU pour la prévention des génocides a alerté sur le projet de nettoyage ethnique revendiqué par Bakou.

À nos gouvernements d’agir, maintenant.

L’Europe ne peut pas laisser faire. Le Parlement européen a voté l’amendement que j’avais déposé pour sanctionner le régime d’Aliev jusqu’au respect de l’arrêt de la CIJ. Ce levier peut sauver les civils menacés, dont trente mille enfants… La responsabilité de mettre en œuvre cette décision incombe à nos gouvernements : c’est à eux d’agir maintenant.

Pour mieux comprendre la situation en Artsakh

Pour mieux comprendre la situation en Artsakh, et pourquoi ce que défend aujourd’hui le peuple arménien concerne aussi notre propre sécurité et l’avenir de l’Europe, un lien vers ce colloque il y a deux mois à Bruxelles :

 

Au sujet de la résolution du Parlement européen sur le Liban

En complément de la vidéo explicative, au sujet de la résolution du Parlement européen sur le Liban :

« Pour revenir sur la résolution du Parlement européen sur le Liban, et répondre à M. Thierry Mariani, quelques mots par écrit pour être précis sur le détail : j’apparais dans la liste des signataires du texte, car j’ai en effet contribué à sa rédaction, en rédigeant des paragraphes sur la corruption, l’urgence d’une enquête internationale sur l’explosion du port de Beyrouth, la nécessité de sanctions ciblées sur les responsables du blocage de l’élection présidentielle et des entraves à la justice, et l’impératif du retour des réfugiés syriens. Le rapport de forces entre les groupes politiques a fait tomber ce passage que le PPE n’a cessé de défendre.

Le groupe ID, lui, ne s’est jamais impliqué dans la préparation de la résolution, et n’est pas intervenu une seule fois pour soutenir cette position, pourtant décisive. C’est aussi par leur silence que les autres groupes, de l’extrême gauche à Renew, ont pu imposer le paragraphe 13. Lors du vote en plénière, nous avons exigé un vote séparé sur ce paragraphe, pour pouvoir supprimer le problème majeur, l’injonction faite au Liban de se soumettre aux conventions internationales l’obligeant à garder ces réfugiés sur son sol. Le groupe ID ne l’a pas demandé…

Parce nous n’avons pas gagné sur ce vote séparé et que le texte restait donc en l’état, notre groupe a décidé de ne pas voter pour cette résolution, malgré les avancées essentielles que nous avions obtenues. M. Mariani ment donc sur toute la ligne quand il nous reproche ce texte.

De tous les groupes du Parlement, le groupe ID est le seul à ne pas avoir proposé de résolution alternative, et à ne pas avoir participé aux négociations, qui lui étaient bien sûr ouvertes. Si malgré nos efforts le paragraphe 13 est passé en l’état, c’est aussi par son inaction.

Nous travaillons de toutes nos forces pour soutenir nos amis libanais dans l’épreuve qu’ils vivent, et qui concerne tant l’Europe. Il est révoltant qu’une crise si grave soit exploitée par ceux qui ne font rien pour des calculs politiques mensongers. Parce que j’assume avec fierté notre travail et notre engagement, et que je tiens à la vérité, M. Mariani, je vous propose un débat quand vous le voudrez, pour évoquer ce sujet essentiel, et bien d’autres questions encore que je serais heureux de vous poser publiquement… »

François-Xavier Bellamy

 

Voir aussi : quelques questions de François-Xavier Bellamy à la Commission au sujet de la relation UE-Liban et de la crise traversée par le pays

Colloque : Le siège silencieux du Haut-Karabakh

 

Le siège silencieux du Haut-Karabakh - Colloque au Parlement européen

Le mardi 6 juin 2023, François-Xavier Bellamy (LR/PPE) accueillait au Parlement européen, avec l’UGAB Europe et L’Œuvre d’Orient, un colloque sur la situation actuelle au Haut-Karabakh, avec la présence d’invités exceptionnels dont celle de Lika Zakaryan, auteur de « 44 Days: Diary from an Invisible War« , journal écrit pendant la guerre des 44 jours depuis Stepanakert, Pierre d’Argent, avocat, conseil de l’Arménie auprès de la Cour internationale de justice, Gaïdz Minassian, journaliste et enseignant en relations internationales, Céline Gulekjian (UGAB Europe), Mgr Pascal Gollnisch, directeur de L’Œuvre d’Orient, et Andrey Kovatchev, rapporteur permanent du Parlement européen sur l’Arménie.

Cet événement, trois mois après les votes des rapports du Parlement européen sur les relations de l’UE avec l’Arménie et avec l’Azerbaïdjan, était dédié à l’analyse des enjeux politiques, géopolitiques et légaux du conflit, dans le contexte des suites de la guerre de 2020, du blocage du Corridor de Latchine et de l’actualité brûlante de la région.

Retrouvez l’essentiel des interventions dans le communiqué mise en ligne par l’AGBU/UGAB.

Regardez le film Invisible Republic en intégralité en streaming : invisiblerepublicfilm.com.

00:00:44 Mot de bienvenue et d’introduction
00:02:26 Présentation du film Invisible Republic par Céline Gulekjian (UGAB Europe) (traduction simultanée en français)
00:06:50 Extraits du film Invisible Republic, tiré du journal de Lika Zakaryan durant la guerre de 2020
00:21:50 Echange entre Lika Zakaryan et François-Xavier Bellamy (traduction simultanée en français)
00:37:38 Début de la table-ronde sur les enjeux politiques, géopolitiques et légaux de la situation actuelle au Haut-Karabakh
00:38:42 Intervention de Gaïdz Minassian
00:49:30 Intervention de Pierre d’Argent
01:04:30 Intervention d’Andrey Kovatchev (traduction simultanée en français)
01:13:45 Deuxième intervention de Mgr Pascal Gollnisch
01:23:26 Deuxième intervention de Gaïdz Minassian
01:27:56 Deuxième intervention de Pierre d’Argent
01:29:23 Séance de questions-réponses
01:49:06 Conclusion de François-Xavier Bellamy

Déplacement en Nouvelle-Calédonie


Retour sur cinq jours de déplacement de travail en Nouvelle-Calédonie

 

 

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