LCP a suivi François-Xavier Bellamy au Parlement européen

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LCP a suivi François-Xavier Bellamy pour l’émission, Ça vous regarde, le temps de quelques heures de travail au Parlement européen. Reportage d’Ahmed Tazir diffusé le 6 décembre 2019.

Débat sur l’écologie : retour sur la session plénière de novembre 2019 au Parlement européen

 

Voir aussi :

Échanges avec Angela Merkel, des élus du Bundestag et des dirigeants de la CDU-CSU

François-Xavier Bellamy et Angela Merkel, Berlin, novembre 2019

Quelques mots pour revenir avec vous sur ce premier déplacement en Allemagne : trois jours très denses, consacrés à nouer des relations avec de nombreux acteurs qui joueront un rôle important pour avancer dans les années à venir sur les sujets concrets qui attendent nos pays.

Échanges avec Angela Merkel, des élus du Bundestag et des dirigeants de la CDU-CSU

Au cours de ce déplacement, j’ai pu échanger avec la Chancelière Angela Merkel, de nombreux élus importants du Bundestag, et des dirigeants de la CDU-CSU. J’ai été reçu par la Fondation Konrad Adenauer, et invité à la Europa Rede, un discours annuel organisé chaque année à la veille de la commémoration de la chute du mur de Berlin, et prononcé cette année par Ursula von der Leyen, nouvelle présidente de la Commission européenne.

Quels enseignements retirer de ce premier déplacement en Allemagne ? Je repars d’abord avec le sentiment qu’il nous faut reconstruire un dialogue plus franc et plus concret pour tenter de rapprocher nos points de vue. Sur beaucoup de sujets, nous avons parfois des désaccords avec nos amis allemands, et cela a pu fragiliser notre pays et toute l’Europe dans un moment pourtant critique : sur le rapport à la mondialisation, au commerce extérieur, à la politique monétaire ; sur la crise migratoire, ou encore sur la réponse à apporter au défi climatique… Ces sujets essentiels ont pu être l’occasion, ces dernières années, d’incompréhensions et d’erreurs. Mais il me semble que nous avons aujourd’hui un moment à saisir : en France comme en Allemagne, nous percevons bien aujourd’hui que l’Europe est en crise, qu’elle semble subir une histoire qui s’écrit trop souvent sans elle. Cette crise peut être une chance, si elle devient l’occasion d’un réveil.

Le dialogue avec nos interlocuteurs allemands peut être direct et ouvert

J’ai été très surpris et heureux de voir à quel point, sur tous ces enjeux, le dialogue avec nos interlocuteurs allemands peut être direct et ouvert. J’ai abordé de nombreuses priorités que nous avons défendues pendant notre campagne, et qui pourront se réaliser si nous les partageons avec l’Allemagne : rééquilibrer la mondialisation par une nouvelle approche du commerce international ; protéger les frontières extérieures de l’Europe pour que nos pays puissent déterminer librement leur politique migratoire ; se doter, non plus seulement de normes européennes, mais d’une vraie stratégie commune pour notre industrie, afin de garantir notre autonomie et nos emplois… Sur tous ces sujets, bien des pas en avant sont possibles aujourd’hui. Bien sûr, la France et l’Allemagne ne décideront pas seules de l’avenir de l’Europe ; mais si nos pays progressent sur ces sujets concrets, ils peuvent servir le renouveau dont nous avons besoin.

Cela suppose d’aborder tous ces débats avec sérieux, avec exigence mais aussi avec l’écoute et la simplicité nécessaires. La voix de la France est souvent rendue inaudible par une forme d’arrogance et d’inconséquence. Avec les amis allemands que j’ai rencontrés, nous avons convenu d’initier un rendez-vous au moins annuel, en nous consacrant à chaque fois à un sujet précis, pour pouvoir obtenir des avancées concrètes.

François-Xavier Bellamy

 

Avec Hans-Gert Pöttering, ancien président du Parlement européen, Angela Merkel, et Norbert Lammert, ancien président du Bundestag et président de la Konrad-Adenauer-Stiftung

Publiée par François-Xavier Bellamy sur Dimanche 10 novembre 2019

Turquie et politique migratoire : retour sur la session plénière d’octobre 2019 au Parlement européen

 

Ajout (2 décembre 2019) :

Souligner deux points essentiels à la suite des auditions de Sylvie Goulard

La désignation de Mme Goulard comme commissaire a été écartée aujourd’hui par le vote des commissions parlementaires concernées.

Dans le processus d’auditions qui a conduit à ce vote, notre groupe a travaillé de façon sérieuse, sans chercher à faire de coup politique, mais sans concession ni compromission. Nous avons posé à Mme Goulard les questions qui s’imposaient, pour avoir la certitude qu’elle pouvait conduire sa mission de façon sereine et en toute indépendance. Ses réponses ne nous ont pas permis d’en avoir la garantie. Le vote très majoritaire des parlementaires montre que ce sentiment a été largement partagé.

A la suite de ce vote, je voudrais souligner deux points essentiels.

Reconstruire l’influence de la France en Europe

Reconstruire l’influence de la France en Europe suppose que le Président de la République et sa majorité retrouvent un peu d’humilité, de respect et de sens de l’écoute. Beaucoup de nos collègues ont trouvé très surprenant qu’une enquête qui disqualifiait Mme Goulard pour être ministre à Paris, ne la disqualifie pas pour devenir commissaire à Bruxelles. Beaucoup ont trouvé inquiétant que les élus Renew choisissent d’écarter, avant même son audition, un candidat d’Europe de l’Est qui n’avait jamais fait l’objet de la moindre enquête, et ferment ensuite les yeux sur les difficultés importantes soulevées par une candidate française. Nous n’avons cessé de signaler ces difficultés depuis plusieurs semaines, sans être entendus apparemment… L’Europe ne peut pas se construire sur un deux poids – deux mesures aussi manifeste, et la France se discréditera malheureusement si ses gouvernants persistent à vouloir s’imposer ainsi.

Le respect dû à la démocratie suppose que le processus parlementaire soit pleinement respecté

Par ailleurs, comme nouvel élu, j’ai été frappé de voir s’exercer des pressions multiples sur des collègues élus dans d’autres groupes politiques, pour tenter de modifier leurs décisions concernant Mme Goulard. La moralisation de la vie publique, l’exigence de transparence et le respect dû à la démocratie, suppose que le processus parlementaire soit pleinement respecté, et que les questions essentielles puissent être posées. Si l’on veut retrouver la confiance des citoyens, il faut rompre avec ces jeux d’influence qui discréditent depuis trop longtemps les institutions européennes.

Pour notre part, nous avons travaillé pour être à la hauteur du mandat que nous ont confié les électeurs. Nous avons pris ce processus au sérieux, sans jamais tomber dans des oppositions politiciennes stériles ; et nous sommes prêts à travailler avec la personne que M. Macron désignera maintenant pour représenter la France au sein de la Commission européenne. Mais nous avons aussi montré que nous prenions notre mandat parlementaire au sérieux, et que nous n’accepterons de nous laisser intimider ni par de mauvais procès, ni par quelque pression politique que ce soit.

François-Xavier Bellamy

Photo : © European Union 2019 – Source EP / S.PIRLET 

 

Première audition de Sylvie Goulard en commission ITRE : 

Seconde audition de Sylvie Goulard en commission ITRE :