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Abandonner aujourd’hui nos couleurs serait un choix inutile pour le pays


La crise politique que traverse le pays est le résultat direct de la confusion, des reniements et des inconséquences, de tous bords, qui ont écoeuré les Français.

Pour ma part, je n’ai jamais varié : je suis convaincu que notre vie publique ne retrouvera son sens que par la constance et la clarté. Et que la France ne se relèvera que par la reconstruction d’une famille politique de droite, assumée, exigeante, renouvelée, qui saura tirer toutes les leçons des déceptions du passé, pour proposer la seule ligne claire qui puisse sortir le pays de toutes les impasses qui le piègent.

C’est le sens de la campagne que j’ai menée lors de cette élection européenne, qui me conduit aujourd’hui à porter la voix du pays au sein de la droite européenne, qui devient la première force politique en Europe. Nous ne sommes pas condamnés à abdiquer. Je ne renierai pas aujourd’hui l’engagement que j’ai pris devant les Français. Je continuerai de travailler pour refonder la droite à laquelle je crois : déterminée sur la sécurité et la maîtrise des frontières, courageuse dans le combat pour la liberté et contre la folie budgétaire, claire dans sa défense de la souveraineté nationale et dans ses engagements internationaux.

Abandonner aujourd’hui nos couleurs serait un choix inutile pour le pays : tout prouve déjà que la majorité actuelle sera défaite, et que nos candidats reconstruiront un groupe de droite fort et cohérent à l’Assemblée nationale, qui votera ce qui ira dans le sens de nos convictions et de l’intérêt de la France, sans qu’aucun accord d’appareil ne soit nécessaire pour cela. Je comprends les incertitudes, les impatiences ; mais je sais qu’en réalité, un tel accord serait contre-productif : il accomplirait en effet ce dont rêve Emmanuel Macron depuis toujours, qui veut faire croire que rien n’existe entre lui et le RN. J’ai combattu ce faux duel pendant des années. Je crois à un débat clair. Je ne vais pas changer d’avis aujourd’hui, alors que le résultat des élections européennes montre justement que nous pouvons retrouver un élan.

Continuer à tracer cette voie n’implique pas pour autant de nier la première menace qui pèse aujourd’hui sur la France, celle d’une victoire de l’extrême-gauche. L’alliance innommable passée hier entre les partis de gauche et la France Insoumise peut conduire demain au pouvoir des élus qui pactisent avec l’islamisme, qui justifient l’antisémitisme, qui soutiennent explicitement toutes les forces du chaos. La droite n’a aucune leçon de morale à recevoir des antifascistes de comédie qui prétendent, comme ils l’ont fait hier à Paris, combattre le RN en arrachant des drapeaux français. Et je le dis avec détermination : partout où il faudra faire un choix, nous devrons toujours faire barrage à cette alliance d’extrême-gauche, et nous préoccuper d’abord de la survie de la France et des principes qui la fondent.

Comme je l’avais promis, je suis aujourd’hui au travail au Parlement européen pour y mener les combats, décisifs pour le pays et pour l’Europe, qui vont s’y jouer dès les jours qui viennent. Cela ne m’empêchera pas de prendre toute ma part à l’effort patient qui nous attend en France pour reconstruire la droite, et pour relever le pays, dans la clarté, la constance et la fidélité, qui sont plus que jamais la condition de la confiance retrouvée.

François-Xavier Bellamy

Élections européennes : pour répondre à quelques questions souvent posées

Des réponses claires à sept questions qui reviennent souvent, pour vos discussions en famille, entre collègues ou entre amis… Les jours qui viennent seront décisifs : n’hésitez pas à partager ce lien à tous ceux qui s’interrogent encore !

  1. « Quel parti aura le plus d’impact demain en Europe ? »
  2. « On dit que « voter LR, c’est voter Ursula von der Leyen » ? »
  3. « Fx Bellamy a des désaccords avec son propre groupe PPE. »
  4. « On dit qu’il y a un risque de coalition entre LR et Macron après les élections européennes »
  5. « La droite aujourd’hui est chez Emmanuel Macron. »
  6. « Mais pourquoi voter pour LR et non une autre liste de droite ? »
  7. « Pourquoi ne pas faire l’union des droites ? »
  8. « Pour battre Emmanuel Macron et que la situation change enfin, il faut que le RN arrive en tête de cette élection. »

« Quel parti aura le plus d’impact demain en Europe ? »

Les Républicains font partie du PPE, le parti de la droite européenne, qui va gagner cette élection en Europe. Comme toutes les enquêtes le montrent depuis des mois, le PPE (Parti populaire européen) va obtenir le plus grand nombre de députés au Parlement européen. Ce parti de la droite européenne comptera aussi plus de la moitié des chefs d’État et de gouvernement en Europe, et par conséquent également la majorité des commissaires européens. C’est la première fois que le PPE aura un rôle aussi décisif dans les choix politiques en Europe.

Les autres partis politiques français n’auront pas les mêmes leviers pour agir. ID est un groupe minoritaire et peu actif, ECR est également minoritaire et divisé au point qu’il pourrait disparaître au début du prochain mandat, Renew va voir ses effectifs encore diminuer.

Malgré la crise que traversent les partis de gouvernement en France, seul les députés LR auront la possibilité demain d’agir concrètement – pour libérer l’économie, reconstruire les frontières, défendre la France dans les débats européens.

Quel que soit l’ordre d’arrivée, dans une élection proportionnelle à un tour, envoyer un député de plus dans le groupe où l’essentiel se jouera est le plus sûr moyen d’agir sur les décisions à venir. Si vous voulez que votre voix ait un impact, soutenir François-Xavier Bellamy est le seul vote utile.


« On dit que « voter LR, c’est voter Ursula von der Leyen » ? »

C’est faux. En fait, « voter LR » est la seule façon d’éviter qu’elle soit reconduite.

Les députés LR et leur groupe PPE n’ont pas soutenu la désignation d’Ursula von der Leyen en 2019. Elle est devenue présidente de la Commission par l’intervention d’Emmanuel Macron, qui a fait obstacle au candidat du PPE.

Ils ne la soutiennent pas davantage cette année. François-Xavier Bellamy a été le premier à s’opposer à sa reconduction ; une grande partie du PPE a depuis rejoint cette ligne : la moitié des élus du PPE qui participaient au congrès où elle a présenté sa candidature ne l’ont pas soutenue, alors qu’elle était seule en lice.

Au lendemain de l’élection, la décision se prendra au sein du PPE, qui sera la première force politique en Europe. C’est là qu’il faudra peser en s’alliant avec les députés d’autres pays qui partagent notre vision.

Dans les autres partis, beaucoup critiquent comme nous le bilan de cette Commission ; la différence, c’est que nous serons les seuls à pouvoir agir pour obtenir le changement de cap dont l’Europe a besoin.


« Fx Bellamy a des désaccords avec son propre groupe PPE. »

Le PPE est le parti de la droite européenne. Au cours de ce mandat, c’est à François-Xavier Bellamy qu’il a demandé de définir sa nouvelle charte.

Cela n’empêche pas qu’il existe bien sûr des désaccords au sein de ce parti européen. Les débats au sein du parlement montrent régulièrement les divergences entre les pays, et cela vaut pour tous les groupes politiques. Aucun député français ne sera d’accord sur tous les sujets avec ses alliés en Europe.

Le PPE aura enfin les leviers pour agir dans les cinq prochaines années, avec le plus grand nombre de députés, de chefs d’État et de commissaires européens. Aucun autre groupe, comme ECR par exemple, ne pourra faire la décision sans le PPE. C’est donc le lieu où il faudra être pour agir de l’intérieur et obtenir des résultats, et François-Xavier Bellamy l’a déjà montré.


« On dit qu’il y a un risque de coalition entre LR et Macron après les élections européennes »

Ces rumeurs ne se fondent sur rien et n’ont pour but que de déstabiliser la campagne de François-Xavier Bellamy. Gérard Larcher a récemment de nouveau balayé l’hypothèse d’une coalition.

Il y a sept ans qu’Emmanuel Macron est à l’Elysée : tous ceux qui sont engagés chez LR auraient eu de nombreuses occasions de basculer du côté du pouvoir. Les opportunistes sont partis ; ceux qui restent ont tenu bon, parce qu’ils savent que le devoir de LR est d’incarner une alternative.

Pendant cinq ans, au parlement européen, François-Xavier Bellamy s’est confronté durement aux élus macronistes, premiers alliés de la gauche pour fragiliser nos frontières, saborder le nucléaire, organiser la décroissance agricole ou la dérive budgétaire, et même fermer les yeux sur l’entrisme islamiste qui menace nos institutions.


« La droite aujourd’hui est chez Emmanuel Macron. »

Au Parlement européen, les macronistes ont formé une majorité avec les socialistes et les écologistes. Ils appartiennent au groupe « Renew », concurrent du PPE, mais c’est un groupe de plus petite taille.

Leur tête de liste Valérie Hayer dit voter à 90% avec les socialistes. Ils ont soutenu la décroissance entraînée par le Pacte vert, la fragilisation de notre industrie en votant systématiquement contre le nucléaire, le refus de contrôler les frontières de l’Europe. Pascal Canfin, député macroniste venu des Verts, a porté le gel de 10% des surfaces agricoles en Europe. Valérie Hayer a combattu notre volonté de financer des infrastructures physiques de protection des frontières de l’Europe, contre l’avis de nombreux gouvernements européens.

À Bruxelles, la majorité d’Emmanuel Macron a simplement constitué la force d’appoint du groupe socialiste. À Paris, le bilan du gouvernement sur la dette, la dépense publique, l’insécurité, l’immigration, l’école, l’énergie et tant d’autres sujets, n’a fait qu’aggraver celui de la gauche au pouvoir.


« Mais pourquoi voter pour LR et non une autre liste de droite ? »

Ce n’est pas en dispersant les voix de la droite, en multipliant les partis, que nos idées gagneront : c’est en reprenant notre place dans le parti qui a le devoir de porter ces idées. François-Xavier Bellamy n’a jamais varié sur la méthode qu’il veut suivre.

Ne vous engagez pas en cherchant le parti qui aurait toujours tout bien fait, ou qui ne compterait que des gens qui n’ont jamais fait d’erreurs : ça n’existe pas. Cherchez où agir pour être utile. LR a des leviers pour agir dont aucun autre parti ne dispose : des parlementaires à l’Assemblée, la majorité au Sénat, le plus grand nombre d’élus locaux partout en France, et une délégation dans la première force politique en Europe. Est-ce que vos idées peuvent réussir si vous abandonnez le navire ?


« Pourquoi ne pas faire l’union des droites ? »

Il faut bien sûr faire l’union dans la droite, en s’appuyant sur la formation politique qui a pour mission de représenter tous les électeurs de droite. Pour faire cette union, il est contre-productif d’organiser une division supplémentaire en créant son parti, ou de rejoindre un groupe très minoritaire au Parlement européen… Les électeurs de droite doivent redevenir majoritaires, en France comme en Europe.

Multiplier les structures politiques qui se font concurrence ne conduira à rien. Si vous êtes un électeur de droite déçu, c’est une raison de plus de venir reconstruire avec nous. C’est en relevant le parti qui doit incarner la droite en France et en Europe que nous pourrons retrouver l’occasion d’agir.


« Pour battre Emmanuel Macron et que la situation change enfin, il faut que le RN arrive en tête de cette élection. »

Beaucoup l’ont oublié, mais le RN a déjà gagné la dernière élection européenne, en promettant que tout allait changer. Cela n’a eu aucun impact. Au plan national, Emmanuel Macron a déjà annoncé que le résultat de ces élections ne ferait pas changer le gouvernement.

En revanche, les conséquences sont durables au plan européen : le vote du 9 juin va définir la place de la France à Bruxelles pendant cinq ans. En 2014 comme en 2019, le RN a reçu des Français le plus grand nombre de députés, pendant deux mandats : mais il n’en a absolument rien fait. En dix ans, il n’a pas fait bouger une virgule dans un seul texte européen.

Contrairement à ce que prétendent ses élus, ce n’est pas parce que le RN était « dans l’opposition » : François-Xavier Bellamy et les élus de sa délégation au Parlement européen se sont également opposés à une grande partie des mesures portées par la Commission pendant ce mandat. Mais ils ont travaillé sur le fond, pesé dans les négociations, remporté des combats – sur l’agriculture, le nucléaire, les frontières, l’industrie de défense, la lutte contre l’islamisme… Vous pouvez retrouver ici un aperçu du bilan. Avec trois fois plus de députés, le RN n’a aucun bilan.

Faire gagner le RN, c’est donc le plus sûr moyen que rien ne change, comme en 2019 ; et c’est laisser la liberté à Emmanuel Macron pour poursuivre sa politique en Europe, au lieu de renforcer le seul groupe de droite qui peut s’opposer à lui.

 


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La France est paralysée par l’irresponsabilité du macronisme

Entretien publié dans le JJD en mai 2024

 

Le JDD. Quel regard portez-vous sur la flambée des violences en Nouvelle-Calédonie ?

François-Xavier Bellamy. La Nouvelle-Calédonie, c’est la France. Les Calédoniens ont dit à trois reprises qu’ils resteraient Français. Ce qui se passe sur le territoire calédonien, c’est aussi ce qui menace le territoire de la métropole : une violence débridée qui cherche à s’imposer par le pillage et la destruction, comme les émeutes de l’an dernier. Après des années de faillite régalienne, l’État est aujourd’hui face au spectre de la guerre civile. Nous sommes de tout cœur avec les familles des gendarmes tombés pour cette terre de France au milieu du Pacifique, et avec les Calédoniens.

Quels sont les facteurs qui ont provoqué ces émeutes ?

Il y a bien sûr une histoire du conflit indépendantiste en Calédonie. Mais la situation actuelle est nouvelle : ceux qui sèment la violence ne formulent pas de revendications politiques claires. Ils disent une haine explicite des Blancs, une volonté de destruction. Les agresseurs, souvent très jeunes, ne parlent même plus du dégel du corps électoral. C’est le point commun avec les émeutes de l’été dernier : ce n’est pas un projet politique, c’est l’effondrement de la politique.

Marine Le Pen est ouverte à un nouveau référendum d’autodétermination « dans quarante ans ». A-t-elle raison de jouer la « pacification » ?

Cette déclaration est réellement révoltante. Après trois référendums, les Calédoniens ont conclu le processus entamé par les accords de Nouméa : ils ont le droit d’écrire leur avenir sans rester encore suspendus à un nouveau scrutin. En reniant son propre vote, Marine Le Pen donne raison à la violence. Que fera-t-elle demain si les banlieues étaient en feu ? Sera-t-elle prête à tout lâcher ? C’est le contraire de la pacification, qui ne peut venir que de l’exemple de la fermeté enfin retrouvée. Le RN est ambigu même sur l’unité de la nation. Il n’a jamais condamné la déstabilisation en Calédonie par l’Azerbaïdjan, dont M. Mariani est proche. Et ses partenaires de l’AFD exigent que la France « donne » Mayotte aux Comores ! Je ne pourrais jamais avoir pour allié une force politique en Europe qui veut qu’un département français soit cédé à un pays hostile.

De son côté, Mélenchon dénonce un retour du « néocolonialisme » en Nouvelle-Calédonie.

On peut ironiser sur le fait que Jean-Luc Mélenchon défend maintenant le droit du sang. Mais moi, ça ne m’amuse pas. La France insoumise ne combat plus des adversaires politiques : elle combat la France. Elle encourage sa fracturation. Elle justifie la violence. Elle transforme des pillards en héros. Elle banalise l’antisémitisme et fait de l’apologie du terrorisme islamiste un argument de campagne. La France insoumise a choisi la sédition.

Voyez-vous un point commun entre les événements récents en Nouvelle-Calédonie, l’Eurovision, l’attaque de la synagogue à Rouen ou Sciences Po ?

La haine de ce que nous sommes. C’est cette haine qui, aujourd’hui, est au cœur de la violence qui monte. La haine de ce que nous représentons, de ce que la France doit incarner, de ce que la civilisation européenne a encore à dire au monde. C’est de cette haine que la France insoumise cherche à faire un réservoir électoral. Cette trahison-là, rien ne pourra jamais l’excuser.

Sur des sujets comme l’insécurité, l’immigration, la Nouvelle-Calédonie, la justice et la dette, la question de la responsabilité politique est rarement abordée. Est-il vraiment si difficile d’admettre ses erreurs ?

Le plus marquant dans les crises actuelles, c’est que personne n’assume jamais rien au sommet de l’État. Tout le monde se défausse. Ce gouvernement ne gouverne pas, il commente. Le ministre de l’Intérieur n’est pas responsable de l’explosion de la violence. Le Stade de France, ce sont les supporters britanniques ; la crise migratoire, c’est le gouvernement italien. Le ministre de l’Économie découvre 16 milliards de dérapage du déficit en faisant mine d’être surpris. Quand a-t-on vu pour la dernière fois un ministre démissionner parce qu’un échec exigeait de prendre ses responsabilités ? Quand un proviseur est menacé de mort par les islamistes, c’est lui qui démissionne pour protéger son lycée : la ministre de l’Éducation se contente de s’indigner. Quand l’assassinat de deux agents de la pénitentiaire montre que le crime organisé a pris le contrôle en prison, le ministre de la Justice ne présente que ses condoléances.

Les ministres ne sont pas responsables de tout.

Non, la situation du pays vient de loin. Mais il y a longtemps maintenant que cette majorité l’aggrave. Emmanuel Macron est là depuis douze ans… Il est peut-être temps d’assumer son bilan. Rien n’arrive par le hasard des circonstances. Les Français savent qu’il faut répondre de ses actes. Si vous êtes chef d’entreprise et que vous faites de mauvais choix, vous assumez la faillite. Il n’y a aucune raison que les seuls qui n’aient jamais à rendre compte de ce qu’ils ont fait, ou de ce qu’ils n’ont pas fait, soient au sommet de l’État. La France est paralysée par l’irresponsabilité du macronisme.

Votre intervention à Sciences Po face aux étudiants propalestiniens a été remarquée. Les observateurs disent que le philosophe bien élevé s’est fâché. Qu’en pensez-vous ?

C’était spontané. Il ne faut jamais reculer. Certains ont dit que j’avais changé, mais c’est pourtant comme ça que j’ai agi tous les jours au Parlement européen : aller au combat, tenir sa ligne, dénoncer le mensonge. Assumer la contradiction en face, à chaque fois que c’est nécessaire. Je l’ai fait dans l’hémicycle face à Ursula von der Leyen, à Emmanuel Macron, à Olaf Scholz, et tous les jours dans les moments moins visibles du travail parlementaire. J’espère ne jamais avoir froid aux yeux quand il s’agit de défendre les Français.

Malgré vos efforts, votre campagne peine à décoller. À la même période il y a cinq ans, vous étiez à 13 % et avez terminé à 8 %. Aujourd’hui, vous êtes entre 7 et 8 %. Craignez-vous de ne pas dépasser les 5 % ?

Non. Ce que je retiens de 2019, c’est que tout s’est joué dans les derniers jours. La dernière ligne droite sera décisive. L’important pour moi n’est pas le score des partis, mais d’avoir le plus d’élus possible là où les combats se joueront pour l’avenir du pays. Le PPE sera la première force politique en Europe dans les cinq années à venir : c’est là qu’il faudra compter pour obtenir le changement de cap dont nous avons besoin. Le RN a gagné deux fois l’élection européenne, et il n’en a rien fait. Son succès serait la garantie du statu quo. Avec trois fois moins d’élus, c’est nous qui avons combattu la décroissance agricole, protégé le nucléaire, empêché la relocalisation des migrants, interdit à la Commission de promouvoir le hijab. Je me bats pour que nous ayons le plus de poids demain, là où il faudra être pour gagner les batailles nécessaires.

Vous êtes en concurrence avec Marion Maréchal. Pourquoi les électeurs de droite devraient-ils vous choisir vous ?

C’est Reconquête qui rêve de ce duel. Mon adversaire, c’est la gauche et le macronisme qui fragilisent le pays. Comment parler d’union des droites quand on cible d’abord la droite ? Comment parler de clarté quand on s’entoure de professionnels du reniement, comme M. Peltier, qu’Éric Zemmour appelait « le traître de comédie » ? L’électorat de droite doit se réunir dans le parti qui a pour mission historique de le représenter. S’il n’a pas toujours été à la hauteur de cette mission, c’est une raison de plus pour reconstruire avec nous. Déserter ce parti qui devient la première force politique d’Europe, ce serait renoncer à agir, trahir nos idées et abandonner les Français.

 

Propos recueillis par Jules Torres

Le peuple ukrainien a besoin de tout, sauf de fausses promesses

ukraine

Tribune de François-Xavier Bellamy et Céline Imart parue dans le Monde le 14 mars 2024

 

Depuis deux ans, le peuple ukrainien résiste à l’attaque de la Russie. Dans ce combat où se joue son avenir et celui de notre continent, il a besoin de tout, sauf de fausses promesses. Les récentes déclarations du président de la République sur l’éventualité d’un envoi de troupes au sol ne sont d’aucune aide aux forces ukrainiennes ; en divisant les occidentaux, elles fragilisent l’Ukraine, et l’Europe, et la France.

Face à un agresseur déterminé, rien n’est plus dangereux que de brandir une menace manifestement inutilisable.

Mieux vaut encore jouer sur l’incertitude ; en faisant en fait le choix de sortir de l’ambiguïté – à nos dépens, Emmanuel Macron a contraint beaucoup d’alliés, l’OTAN même, et son propre gouvernement pour finir, à contredire ses annonces : les soutiens de l’Ukraine ne peuvent envisager d’envoyer leurs forces combattre la Russie. Si aucune puissance occidentale n’est entrée en guerre ouverte avec Moscou même aux heures les plus dures de la guerre froide, ce n’est pas par “esprit de défaite”, mais parce que cela ne pouvait qu’ajouter au danger. Et ce n’est pas une France en plein déclassement stratégique et diplomatique qui renversera cette équation.

Emmanuel Macron a en effet dégainé une arme qu’il aura lui-même largement contribué à décharger sous les yeux du monde entier : le repli de la présence française en Afrique, les revers qu’y ont connu nos armées faute de lucidité politique, les incohérences bruyantes sur l’Ukraine ou sur Israël, mais aussi la trajectoire budgétaire intenable du pays, l’effondrement record de sa balance commerciale, la cession de nombreux actifs essentiels… Tout cela contribue à disqualifier le scénario d’une puissance française déployant des forces conventionnelles importantes en Ukraine. 

En réalité, ce coup de communication ne visait à couvrir qu’Emmanuel Macron

En matière d’aide militaire, la France arriverait au 15ème rang des pays européens, très loin des 17,1 milliards d’euros de matériels donnés par l’Allemagne. Le gouvernement conteste ce chiffrage, mais contrairement à l’Institut Kiel qui l’a publié, il se refuse à indiquer sa méthodologie. Et le principal problème tient surtout au fait qu’il ne s’est pas préparé à agir dans la durée : après avoir cédé des matériels existants, la France ne peut bien sûr désarmer ses propres forces pour soutenir l’Ukraine.

Il fallait donc mobiliser massivement notre industrie de défense pour prendre le relais. Sur ce plan, elle est encore plus loin du compte… Lassé d’apparaître comme l’un des soutiens les plus inefficaces, notre président a donc riposté avec ce qu’il sait faire de mieux : une nouvelle polémique. De ce point de vue, l’opération est réussie ; mais on peut comprendre l’irritation de nos alliés européens à qui Paris fait soudain des procès en “lâcheté”, quand ils alertent depuis plus longtemps, et agissent avec plus d’efforts.

Il est temps de revenir au sérieux : la situation en Ukraine n’est pas le prétexte d’un clivage politicien utile pour les élections, c’est la tragédie d’un peuple dont l’issue engage l’avenir de l’Europe

Il est temps de revenir au sérieux : la situation en Ukraine n’est pas le prétexte d’un clivage politicien utile pour les élections, c’est la tragédie d’un peuple dont l’issue engage l’avenir de l’Europe. L’accord bilatéral signé par Paris ne suffira pas à assumer le défi : il faut relancer massivement notre industrie de défense et l’orienter vers la production des matériels et surtout des munitions dont les forces ukrainiennes ont un besoin vital. Reconstruire un travail diplomatique patient et déterminé pour contrer le récit de Vladimir Poutine et l’isoler des pays qu’il a ciblés. Soutenir l’économie ukrainienne sans fragiliser nos producteurs, en utilisant le marché européen comme un couloir commercial vers les débouchés internationaux. Mettre fin au contournement des sanctions, et saisir enfin, pour financer cet effort, les milliards de biens mal acquis russes en Europe. 

Ce sont des actions concrètes qui renforceront l’Ukraine. Les promesses sans lendemain ne peuvent que la fragiliser.

C’est aussi pour cette raison qu’il faut regarder lucidement le processus d’adhésion de Kiev à l’Union européenne. Nous ne pouvons fermer la porte à ce peuple voisin, attaqué précisément parce qu’il veut être européen ; ce serait une faute morale, et un suicide géopolitique. Mais la différence entre nos économies, nos modèles sociaux, nos standards de production, est si massive, qu’une entrée de l’Ukraine dans l’UE déstabiliserait toute les politiques européennes. Nous ne renforcerons pas l’Europe en retirant la PAC ou les fonds structurels à l’essentiel des États-membres, en créant une nouvelle concurrence intenable pour tous ceux qui produisent dans nos pays, et en ajoutant encore à la complexité de la décision collective. Les mêmes raisons ont conduit au gel des élargissements qui depuis des années contribue à discréditer l’Europe partout à ses frontières.

puisqu’il ne serait pas raisonnable d’élargir une Union fragilisée par ses propres crises intérieures, choisissons l’exigence de la vérité et de l’inventivité, et construisons ensemble cette nouvelle étape de l’histoire européenne au lieu de vendre des chimères

La situation que traverse l’Ukraine nous oblige à sortir de cette impasse en retrouvant l’imagination : inventons avec le peuple ukrainien une manière d’être européen qui ne passe pas nécessairement par le fait d’être un État-membre de l’Union européenne. Structurons le statut d’État-associé, qui permettrait une action partagée dans de nombreux domaines d’intérêts communs, sans déstabiliser tout le projet européen. Nous pouvons organiser bien des outils de convergence sur le plan agricole, industriel, commercial, dans l’intérêt même de nos producteurs, qui n’impliquent pas pour autant un accès au marché intérieur ou au budget de la PAC ; nous pouvons développer des moyens de solidarité qui n’exigeront pas de retirer les fonds structurels à nos régions.

Le modèle que nous inventerons ainsi doit pouvoir servir à arrimer à l’Europe bien d’autres pays qui l’attendent. 

Leur opposer un refus, ou pire encore, comme aujourd’hui, une candidature sans fin, ce serait laisser les marches du continent devenir une zone d’influence russe, chinoise, ou turque… Mais puisqu’il ne serait pas raisonnable d’élargir une Union fragilisée par ses propres crises intérieures, choisissons l’exigence de la vérité et de l’inventivité, et construisons ensemble cette nouvelle étape de l’histoire européenne au lieu de vendre des chimères.

Le moment que nous vivons est en effet historique : il impose le sens des responsabilités, la lucidité dans la réflexion, le courage dans l’effort, l’imagination pour échapper aux faux dilemmes que voudraient imposer de vieilles habitudes. À cette condition seulement seront possibles le relèvement de l’Ukraine, de l’Europe, et de la France.


Agriculture : que chacun assume son bilan et sa responsabilité

Réponse à Jérémy Decerle en hémicycle au cours d’un débat sur l’agriculture européenne

Cher collègue, vous dites opportunément maintenant qu’il ne faut pas polariser le sujet de l’agriculture, mais vous souvenez-vous du moment où vous votiez pour la loi sur la restauration de la nature ? Et nous étions critiqués au PPE par vous ou par vos collègues parce que nous alertions sur le fait que ce texte allait faire baisser de 10 % la surface agricole utile en Europe ? Vous rappelez-vous le moment où notre délégation avait alerté sur la stratégie « De la ferme à la fourchette », que vous avez votée ?

Vous dites qu’il ne faut pas importer l’agriculture que nous ne voulons pas produire. Mais vous rappelez-vous avoir voté pour l’accord avec la Nouvelle-Zélande, que nous n’avons pas voté, parce qu’il va contribuer à faire venir sur notre sol des tonnes de produits que nous ne produisons pas chez nous : 30 000 tonnes d’agneaux, 20 000 tonnes de lait en poudre, développé avec des techniques que nous refusons à nos propres agriculteurs ?

Il est temps aussi de faire le bilan de ce que chacun assume et de regarder en face les responsabilités de nos groupes respectifs. Si nous voulons vraiment défendre l’agriculture, nous lui devons la vérité.


Revoir l’intervention : 

Refuser l’irresponsabilité générale : non, cet attentat n’avait rien d’inéluctable.

Fabien Clairefond - François-Xavier Bellamy au sujet de Pap Ndiaye et de sa demande de répartir les efforts de mixité socialeTexte initialement paru dans Le Figaro du 16 octobre 2023.

Il y a quelque chose de pire que l’horreur : c’est la répétition de l’horreur. Quelque chose de pire que la terreur : c’est l’habitude. Un professeur a été tué, dans son lycée, au cri de Allah Akbar. Et le rituel reprend, déjà familier : indignations politiques, condamnations de circonstance, « crime odieux », « valeurs de la République », micros tendus, la détresse des collègues, les yeux rougis des élèves, détails de l’enquête, déplacement des autorités, « dire le soutien de la Nation », « restons unis et debout », marches blanches, minutes de silence… Combien de fois faudra-t-il subir cette répétition ?

La liste est trop longue déjà. Au point qu’elle risque de susciter, après la révolte, une forme de résignation. Nous étions quatre millions à descendre dans la rue pour les morts de Charlie. Avons-nous fini par admettre une nouvelle normalité ? Vendredi, quelques heures après l’attentat, un expert expliquait sur une radio du service public que même si la prévention du terrorisme est « relativement bien » assurée en France, il est fatalement « impossible de surveiller tout le territoire », et que par conséquent « il y a des moments où il faut se dire que la violence fait partie de la société ». Puisqu’il existe toujours un « risque du passage à l’acte violent », le spécialiste en tirait cette conclusion : « C’est dur à entendre, mais ça fait partie de la vie ». Des professeurs tués dans leur lycée par des islamistes : trois ans après la mort de Samuel Paty, c’est donc cela, la « vie » à laquelle il va falloir s’habituer ?

Il y a quelque chose de pire que l’horreur : c’est la répétition de l’horreur. Quelque chose de pire que la terreur : c’est l’habitude.

C’est finalement, à sa manière, le message qu’envoyait au même moment le président de la République, en consacrant ses cinq minutes d’intervention au lycée Gambetta à remercier tout le monde : les professeurs et les élèves, les policiers félicités pour leur rapidité, tout comme les magistrats, les élus qui font bloc, et les soignants si réactifs. On ne peut que s’associer à la reconnaissance du pays pour ceux qui aujourd’hui se retrouvent en première ligne… Mais en s’arrêtant à ces mots, le président donnait l’étrange impression que tout s’était finalement aussi bien passé que possible, et que rien n’avait failli. Une autre manière de signifier qu’on ne pourrait faire mieux pour empêcher l’inéluctable violence de frapper à nouveau, et que l’essentiel serait, la prochaine fois comme aujourd’hui, de rester « unis, groupés et debout ».

Mais nous ne voulons plus de ces mots. Nous n’en pouvons plus. Il faut enfin sortir du déni de réalité. L’unité nationale, oui ; mais pas au prix du regard pudiquement détourné sur les années de faillite qui ont laissé l’horreur s’imposer. Car cet attentat, comme ceux qui l’ont précédé, n’avait rien d’inéluctable : nommer lucidement les fautes multiples qui ont rendu possible le pire, c’est la condition pour s’en sortir enfin.

Cette tragédie frappe l’institution scolaire, première victime de ce long échec collectif, fragilisée par des décennies de « réformes » toujours inspirées par la même idéologie : toujours moins transmettre, moins enseigner, moins assumer l’héritage – quitte à laisser toujours plus de déshérités. Le criminel d’Arras, comme ceux qui en juillet ont brûlé des dizaines d’écoles, avait passé des années sur les bancs de nos salles de classe : comment avons-nous pu laisser des esprits à ce points vides, décérébrés et incultes, qu’ils soient si facilement séduits par l’islamisme stupide des réseaux et des quartiers ? Comment notre école a-t-elle pu taire ou dénoncer la culture qu’elle devait enseigner, au point que ses propres élèves se sentent le droit de la mépriser jusqu’à vouloir la détruire ? Alors que nous consacrons à l’Education nationale le premier budget de l’État, un jeune sur cinq arrive à ses dix-huit ans sans savoir lire correctement le français. Beaucoup de mes collègues professeurs l’ont dit comme moi depuis longtemps : là où la culture n’est plus apprise, il ne faut pas s’étonner de voir surgir la barbarie. Cet effondrement silencieux de l’école, à coups de lâcheté politique, de réformes absurdes, de « pas de vagues » imposé, aura volé aux professeurs leur métier, et aux élèves leur chance de recevoir ce que nous avions à leur enseigner : le résultat est sous nos yeux. Mais il n’y a aucune fatalité à ce naufrage éducatif, si nous sortons enfin du déni de réalité pour concentrer l’effort de tout le pays au relèvement de notre école, avec pour seule mission de transmettre.

La seconde tâche essentielle, c’est celle de reconstruire nos frontières. Là encore, la faillite est évidente. Dominique Bernard est mort parce que l’État s’est désarmé face à l’immigration illégale. Le criminel est un tchétchène – comme le meurtrier de Samuel Paty, qui avait lui aussi été d’abord débouté du droit d’asile ; sa dérive islamiste avait été signalée par l’Éducation nationale ; son frère est en prison pour avoir soutenu un projet d’attentat et relayé la propagande de Daech, et lui-même était fiché S. Cette famille aurait dû être expulsée depuis longtemps, avant qu’un collectif d’associations et de militants de gauche ne s’y opposent en invoquant une circulaire : comme dans tant d’autres cas, l’illégalité avait trouvé secours dans la toile de conventions, de jurisprudence et de bureaucratie qui paralyse l’État. Ceux qui s’enlisent dans le déni – les mêmes qui dénoncent le couteau pour ne pas nommer le djihad, et qui prefèrent fuir les micros que d’avoir à reconnaître le terrorisme du Hamas – ceux-là refuseront encore de voir le lien entre ce crime et la faillite migratoire. Mais l’évidence est là : si nous avions fait respecter nos lois, nos principes et nos frontières, Dominique Bernard, comme Samuel Paty et tant d’autres, serait en vie aujourd’hui. Prétendre que nous vivons les drames inévitables d’une société normale, c’est s’exonérer trop vite de toute responsabilité. À nous de remettre le droit à l’endroit pour sortir de cette folie – et c’est possible, pourvu que l’on aille, comme nous l’avons proposé, jusqu’à utiliser le levier de la Constitution pour rendre sa force à la loi.

Il n’y a aucune fatalité à ce naufrage éducatif, si nous sortons enfin du déni de réalité pour concentrer l’effort de tout le pays au relèvement de notre école, avec pour seule mission de transmettre. La seconde tâche essentielle, c’est celle de reconstruire nos frontières.

Un professeur a été tué dans son lycée au cri de Allah Akbar. Devant la somme des aberrations, des échecs, des dénis qui ont rendu possible une telle folie, tout dirigeant digne de ce nom devrait dire : j’ai échoué. Tout un pays bouleversé devrait dire : nous avons échoué. Au lendemain de la grande défaite de 40, Saint-Exupéry écrivait que la France se relèverait en retrouvant le sens de la responsabilité. « Il importe d’abord de prendre en charge. Chacun est responsable de tous. » Nous devons à Dominique Bernard, et à tous ses collègues qui reprendront les cours lundi, de ne pas faire comme si personne n’y pouvait rien, comme si tout était normal – de ne jamais nous habituer. C’est la condition nécessaire pour un renouveau politique qui nous permette enfin de sortir de l’impuissance. « Nous entrerons demain dans la nuit. Que mon pays soit encore quand reviendra le jour ! »

Un moratoire législatif pour mettre fin à l’excès de normes

Tweets publiés suite à l’appel d’Emmanuel Macron à un moratoire législatif dans la réglementation environnementale européenne

 

Depuis des mois, nous exigeons avec le PPE un moratoire législatif pour mettre fin à l’excès des normes qui plombe tous ceux qui produisent et travaillent en Europe. Les élus macronistes, eux, poussent avec la gauche et les verts pour les réglementations les plus contraignantes.

Malgré leurs critiques, et contre cette dérive – qui inquiète même les élus de leur propre groupe issus d’autres pays, nous n’avons cessé de rappeler que fragiliser l’industrie et l’agriculture en Europe, c’est importer une production bien moins soucieuse de l’environnement…

Que feront-ils maintenant sur les nouvelles normes qui se préparent ? Le macronisme est une succession révoltante de contradictions, masquées par le « en même temps », sur les sujets les plus stratégiques pourtant. Logique que de tels reniements mènent à l’écœurement démocratique…

 

Malgré les députés macronistes, protéger nos pays contre l’immigration illégale

Désavoués par le Parlement européen, les députés macronistes voulaient empêcher l’Europe d’agir face à l’immigration illégale.

Moment politique décisif, et tellement révélateur, aujourd’hui à l’occasion de la plénière du Parlement : dans un vote sur le budget européen pour 2024, notre groupe PPE a fait adopter (321 +, 290 -, 20 abstentions) un amendement rendant possible des financements européens pour des moyens de protection physiques aux frontières extérieures, que la Commission refusait jusque là.

Depuis plusieurs mois, la délégation française Renaissance n’a eu de cesse d’attaquer avec virulence notre position, Valérie Hayer dénonçant même hier notre demande « ignoble » de soutenir les États-membres qui voudraient construire des murs à leurs frontières avec des pays tiers. Que dira la délégation macroniste aux 32 députés de son propre groupe qui ont soutenu notre position aujourd’hui ?

Que peut-elle dire aux douze gouvernements européens qui ont appelé à l’aide lorsqu’en 2021 le régime de Loukachenko organisait une crise migratoire pour déstabiliser nos pays ? Que répondra-t-elle à la Grèce, à l’Espagne, à l’Italie, à tous les pays de première entrée qui demandent que l’Union européenne les aide à protéger des frontières qui sont celles de notre continent tout entier ?

Que peut-elle expliquer aux Français surtout ? Avant-hier encore, le président de la République promettait de « renforcer le contrôle de l’immigration illégale ». Le ministre de l’Intérieur multiplie les déclarations martiales. Mais à Strasbourg, leurs élus s’organisent avec la gauche et l’extrême gauche pour faire tomber un texte budgétaire uniquement parce qu’il permet de financer les infrastructures nécessaires pour protéger nos frontières.

Se donner enfin les moyens d’empêcher l’immigration illégale

Le choix à faire est pourtant simple. Soit nous voulons d’une Europe qui se donne enfin les moyens d’empêcher les entrées illégales, pour que nos pays retrouvent la capacité de déterminer leur politique migratoire, et de sortir d’une vulnérabilité qui n’a cessé de nous exposer à toutes les menaces hybrides (celles de la Biélorussie hier, mais aussi de la Turquie d’Erdogan ou des organisations islamistes qui ont frappé nos pays au cours des dernières années).

Et et pour cela, il faut s’en donner les moyens. Cela ne se réduit pas au débat d’aujourd’hui, bien sûr : la stratégie globale que nous préparons aujourd’hui doit reposer sur la clarification du mandat de Frontex et son renforcement, sur un dialogue enfin franc avec les pays de départ, sur une coopération déterminée pour les retours et des aides au développement clairement conditionnées à la coopération en matière de réadmissions, sur une politique de l’asile refondée pour que ce principe essentiel ne soit plus détourné constamment comme il l’est aujourd’hui. Et parmi tous ces éléments, il faudra aussi poursuivre, là où c’est nécessaire, la construction de murs quand la configuration des frontières terrestres l’exige. C’est ce que met en œuvre aujourd’hui la Finlande, sous l’impulsion d’un ministre Vert au sein d’un gouvernement de gauche. Les élus macronistes l’accuseront-ils de « céder à l’extrémisme » ?

Puisque le parti macroniste considère que protéger une frontière est un acte coupable, il faut qu’il explique aux Français qu’il agit en Europe pour empêcher toute politique migratoire sérieuse et responsable.

Refuser que l’Europe s’engage dans cette protection, c’est refuser toute stratégie pour protéger nos frontières.

S’il est illégitime d’utiliser une infrastructure physique pour empêcher le franchissement illégal d’une frontière, pourquoi financer une agence de gardes frontières dans le même but ? Le vote d’aujourd’hui permet de comprendre pourquoi la majorité présidentielle française n’a pas défendu l’agence Frontex, comme nous l’avons fait sans relâche, face aux attaques de la gauche… Derrière les proclamations de solidarité européenne, ses élus choisissent aujourd’hui de mépriser tous les pays de l’Union placés en première ligne, qui demandent notre soutien pour assumer ce défi commun.

Il est temps qu’ils assument enfin une position cohérente : puisque le parti macroniste considère que protéger une frontière est un acte coupable, il faut qu’il explique aux Français qu’il agit en Europe pour empêcher toute politique migratoire sérieuse et responsable. Le Parlement européen, malgré ces manoeuvres, a désavoué majoritairement cette obsession idéologique : laissant la majorité présidentielle à ce combat minoritaire, nous poursuivrons notre travail pour protéger enfin l’Europe face à l’immigration illégale.

La conséquence destructrice du « En même temps »

François-Xavier Bellamy était l’invité de Public Sénat le mardi 21 mars.

 

À droite, le droit d’être déçu et le devoir de rester lucide.

Texte publié dans Le Figaro du 24 mai 2022.

Une étrange atmosphère s’est emparée de notre vie politique. Au moment où les crises multiples que nous traversons devraient imposer la plus grande clarté dans la parole et dans l’action, tout semble au contraire confus et inconsistant comme jamais. L’« ancien monde » a été sévèrement jugé, souvent à raison ; mais au moins, on ne s’y posait pas la question de savoir si un élu allait soudainement soutenir tout ce qu’il avait combattu au motif d’une opportunité passagère. La politique n’était pas toujours morale, mais il y avait quelques principes ; la réflexion qui animait les vieux partis manquait souvent de profondeur, mais on tenait au moins à quelques idées. Les figures importantes du débat public n’étaient pas interchangeables : elles avaient leur vision, leur caractère, et c’était la condition pour choisir la continuité ou l’alternance en toute connaissance de cause. D’une élection présidentielle, on pouvait déduire à peu près la cohérence du gouvernement qui viendrait. Dans le « nouveau monde », on peut hésiter, pour des postes stratégiques, entre des personnalités dont les convictions semblent radicalement opposées – comme si le fond n’avait plus aucune importance. La fiction du « en même temps » couvre cette confusion généralisée ; il n’y a plus de réel, seulement de la communication.

Nul n’est censé ignorer les faits ; et après cinq ans de macronisme, celui qui votait à droite ne peut, sans se renier, considérer que ce président correspond à ce que la France attendait.

Le réel existe pourtant, et il se rappellera à nous tôt ou tard. Les élus qui, dans l’espoir d’un poste, taisent soudain les alertes qu’ils lançaient, portent une lourde responsabilité morale ; mais ils ne sont pas seuls. En ce lendemain de réélection, nombreux sont aussi les électeurs qui oublient tout ce à quoi ils se disaient attachés. Il est encore temps d’ouvrir les yeux… Nul n’est censé ignorer les faits ; et après cinq ans de macronisme, celui qui votait à droite ne peut, sans se renier, considérer que ce président correspond à ce que la France attendait. Que la droite vous ait déçu, comment ne pas le comprendre ? Mais qu’un parti n’ait pas été à la hauteur ne rend pas nécessairement son adversaire convaincant. Vous n’avez pas le droit à une sévérité sélective. Si vous avez trouvé la droite insuffisante, comment pourriez-vous ne pas juger ce président inquiétant ? En votant à droite, vous disiez votre volonté d’une meilleure gestion des finances publiques : avant même que le covid n’apparaisse, les dépenses courantes de l’Etat avaient plus augmenté sous Emmanuel Macron que sous François Hollande. Le niveau des dettes publiques française et allemande était comparable il y a dix ans, l’écart approche 50 points aujourd’hui. Vous vouliez que notre économie retrouve son dynamisme ? La France vient de passer le record de 100 milliards d’euros de déficit commercial annuel. Nous sommes devenus dépendants même dans les secteurs les plus stratégiques : l’énergie, confiée successivement à trois ministres anti-nucléaire, ou l’alimentation – dont nous sommes devenus importateurs net pour la première fois. À Bruxelles, les élus LREM votent maintenant pour faire baisser notre production agricole, au nom d’un culte de la décroissance qui aggravera notre dépendance, sans même sauver l’environnement.

Bien sûr, les problèmes de la France ne datent pas d’hier, et tous les partis qui ont exercé le pouvoir au cours des dernières décennies ont leur part de ce bilan ; mais les déceptions du passé ne sauraient exonérer ce président, arrivé à l’Elysée il y a déjà dix ans, de son propre passif.

Vous vous inquiétiez de l’insécurité ? Tous les indicateurs montrent la montée de la violence. Vous vouliez le rétablissement de l’autorité de l’Etat, garante de la concorde publique ? Vous avez eu les gilets jaunes, des semaines d’affrontements inutiles créés par une énième hausse de taxes. Vous étiez préoccupés d’une immigration trop importante ? Jamais la France n’aura donné autant de titres de séjour que sous le quinquennat qui s’achève ; et jamais elle n’aura aussi peu expulsé les immigrés illégaux. Sur aucun des sujets essentiels pour l’avenir de notre pays, Emmanuel Macron n’a fait mieux que François Hollande. La courbe du chômage elle-même, emblématique de l’échec du socialisme au pouvoir, baisse plus lentement que chez la plupart de nos voisins. Bien sûr, les problèmes de la France ne datent pas d’hier, et tous les partis qui ont exercé le pouvoir au cours des dernières décennies ont leur part de ce bilan ; mais les déceptions du passé ne sauraient exonérer ce président, arrivé à l’Elysée il y a déjà dix ans, de son propre passif.

Le plus important de ces sujets reste bien sûr l’école : là aussi, les réformes du dernier mandat n’auront fait que prolonger le désastre du quinquennat socialiste. La disparition du bac et l’effacement des savoirs fondamentaux au lycée, la disqualification des concours de l’enseignement, le combat déterminé contre la liberté scolaire, ont encore aggravé la crise très profonde de notre système éducatif et la révoltante injustice qu’elle cause. A cette injustice, Emmanuel Macron répond aujourd’hui, non en réhabilitant la mission éducative, mais en mettant à sa tête l’idéologie qui ne cesse d’en faire le procès : son nouveau ministre est l’une des figures de la mouvance décoloniale, qui considère nos institutions, à commencer par l’école, comme des rouages du « racisme structurel » dont la France serait intrinsèquement coupable. Jean-Michel Blanquer avait au moins lutté courageusement contre ce risque vital pour l’unité nationale. Contre l’ambition de renouer avec une culture commune, c’est en intellectuel conscient des enjeux majeurs attachés à ce débat que Pap Ndiaye a participé à des colloques interdits aux blancs. Et on voudrait nous faire croire qu’il est raciste de s’inquiéter d’une telle orientation ? Quelle folie… Si vous pensiez que l’urgence est de renouer avec la transmission des savoirs fondamentaux à tous les enfants de ce pays, quelle que soit leur couleur de peau, vous avez le droit de refuser que l’éducation nationale devienne l’otage de cette folie racialiste, qui prépare tant de crises pour l’avenir.

Respecter une élection n’oblige pas à la complaisance envers celui qui l’a gagnée ; il n’est pas contraire à la démocratie de tenir à ses convictions, ni de vouloir qu’un gouvernement ait une opposition clairvoyante.

Vous avez le droit de rester lucides ; vous en avez aussi le devoir. Dans ce moment de confusion, peu d’élus auront finalement cédé à la tentation de l’opportunisme ; les électeurs doivent se souvenir qu’ils sont eux aussi responsables. Respecter une élection n’oblige pas à la complaisance envers celui qui l’a gagnée ; il n’est pas contraire à la démocratie de tenir à ses convictions, ni de vouloir qu’un gouvernement ait une opposition clairvoyante. Renoncer à cette clairvoyance, ce serait le symptôme d’une indifférence envers l’avenir, d’un relativisme inconséquent, qui constituent le terreau de la crise démocratique que nous traversons aujourd’hui. La politique retrouvera son sens par cette exigence de vérité et de constance – qui, pour reprendre le mot de Saint-Exupéry, vaut pour chacun de nous. « Chacun est responsable. Chacun est seul responsable de tous. »