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Vous n’aurez jamais le courage de combattre l’ennemi si vous n’avez même pas le courage de le nommer

Intervention en hémicycle durant la dernière session plénière de novembre 2020 au Parlement européen

« Le Conseil européen affirme que le terrorisme est causé par « l’extrémisme violent » : ce déni de réalité nous laisse idéologiquement désarmés face à l’islamisme. Vous n’aurez jamais le courage de combattre l’ennemi qui nous attaque, si vous n’avez même pas le courage de le nommer. »

 

Les islamistes s’attaquent à ce qu’ils savent être la France.

« Dans cette église, l’islamisme a frappé la France, et ses racines chrétiennes que nos gouvernants voulaient depuis si longtemps oublier. C’est notre civilisation qui est en jeu, notre manière de vivre, notre liberté de conscience, tout ce qui nous a fondés. Pour mener la résistance, les mots ne peuvent suffire, maintenant seuls les actes comptent. Voici déjà quelques priorités concrètes, rappelées depuis longtemps et qui sont désormais une urgence absolue. »

Pour accéder à l’entretien complet, rendez-vous à ce lien.

La liberté d’expression est-elle en recul en France ?

« Présent à la Sorbonne pour l’hommage national à Samuel Paty : l’unité de notre pays est nécessaire pour faire face à l’islamisme. Mais elle ne peut signifier le silence devant les reniements qui nous ont rendus vulnérables. »

Extrait d’un entretien initialement paru sur lepoint.fr, propos recueillis par Jérôme Cordelier.

[…]

En tant que professeur, avez-vous eu à subir du terrorisme communautaire face à vos enseignements ?

J’ai eu l’occasion d’enseigner dans des quartiers où la population musulmane était majoritaire. e n’ai jamais eu l’occasion de me sentir en insécurité ; mais il est vrai que j’enseigne en terminale, et que les difficultés se situent essentiellement à l’échelle du collège, du fait de l’obligation scolaire. Comme beaucoup de collègues, j’ai cependant constaté comment une forme de conditionnement religieux pouvait organiser chez des élèves une défiance de principe à l’égard de l’école de la République. Cette attitude est manifeste quand on aborde l’histoire, la biologie et la philosophie.

Le professeur de philosophie est réputé susceptible de chercher à propager l’athéisme. En abordant des points d’enseignements qui peuvent paraître anodins, vous voyez surgir chez vos élèves des réflexes conditionnés. Dans un sondage récent de l’Ifop, 40 % des professeurs déclarent qu’ils s’autocensurent. Ils savent que, s’ils sont accusés d’islamophobie, l’institution ne les soutiendra pas. La consigne du « pas de vague » fait des ravages. L’idée « d’islamophobie » a fait son œuvre. Beaucoup de professeurs préfèrent baisser les yeux face aux intimidations religieuses.

La liberté d’expression est-elle en recul en France ?

Indéniablement, elle l’est, et elle le sera de plus en plus par la peur qu’installent ces attentats répétés. On ne pensait pas qu’un jour quelqu’un puisse mourir en enseignant. Mais le plus inquiétant est que cette liberté d’expression recule aussi à cause de nos propres règles et lois. Anastasia Colosimo l’a très bien démontré dans son livre Les Bûchers de la liberté en soulignant comment nous avions déstabilisé la belle architecture de la loi de 1881 sur la liberté de la presse.

Depuis 1972, étape par étape, une succession de textes, comme la loi Taubira sur la mémoire de l’esclavage, a démantelé cette liberté. Au motif de la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et le négationnisme, on a multiplié les corsets et les restrictions. Aujourd’hui, ces belles intentions se retournent contre nous. L’accusation d’islamophobie est une manière de rétablir le délit de blasphème. L’université al-Azhar, autorité suprême de l’islam sunnite, juste après la mort de Samuel Paty, tout en feignant de regretter cet attentat, rappelle son souhait de voir s’instaurer une régulation mondiale afin « d’incriminer la diffamation des religions ». L’islamisme reprend le vocabulaire de l’antiracisme pour s’en prendre à notre liberté ! Je suis sidéré, le mot est faible, que l’on veuille ressusciter en France la loi Avia dite contre la haine, qui voulait pénaliser explicitement les propos islamophobes. Le cours de Samuel Paty aurait pu tomber sous le coup de cette loi ! Elle aurait été utilisée pour instruire les accusations contre lui.

Comment proposer comme remède une loi qui restreint la liberté d’expression et n’est rien d’autre qu’un acte de complaisance à la censure que l’islamisme essaie de nous imposer ? Cette loi Avia a été censurée par le Conseil constitutionnel au motif qu’elle enfreignait la liberté d’expression, et certains beaux esprits maintenant proposent de modifier la Constitution pour mettre en place ce nouveau carcan ! Cela reviendrait à pénaliser la jeune Mila, Zineb El Rhazoui, Samuel Paty… Critiquer une religion n’a rien à voir avec le racisme. Mettre le doigt dans cet engrenage, c’est renoncer à notre liberté de penser.

Vous qui ne faites pas mystère de votre foi catholique, craignez-vous une stigmatisation des croyants ?

C’est un risque et une inquiétude, en effet. On ferait une erreur en parlant des religions de façon générale, comme si elles posaient un problème global. Le concept de laïcité est né du christianisme, et on ne pourra lui donner sa pleine validité qu’en reconnaissant nos racines chrétiennes. En réalité, notre problème, c’est la rencontre de l’islam avec un monde pétri de christianisme. Notre défi majeur est de lutter contre l’islamisme en associant à ce combat une grande partie des musulmans paisibles qui cherchent à vivre leur foi en étant respectueux de nos lois. C’est pour cela qu’il faut respecter notre liberté d’expression.

L’islamophobie ne tue que ceux qui en sont accusés.

Extraits d’un entretien initialement publiée dans La Croix. Propos recueillis par Audrey Dufour.

La Croix : En s’en prenant à l’école, cet attentat vise-t-il un symbole du modèle républicain ?

François-Xavier Bellamy : […] C’est une attaque contre le modèle français et sa tradition de l’enseignement dans son ensemble. Le modèle de la laïcité est inhérent à la tradition chrétienne. Le terme provient d’ailleurs du vocabulaire ecclésial. L’idée de la laïcité n’est donc pas spontanément comprise par d’autres religions, comme l’islam, et notre défi aujourd’hui est de partager ces principes fondamentaux avec une population marquée par une autre religion, dans laquelle ces principes n’existaient pas.

Quelle réaction attendez-vous après cet attentat ?

Le moment appelle à une fermeté particulière. Nous sommes tous fatigués des marches compassionnelles. Il est temps de réagir. Et pour commencer, de mettre hors d’état de nuire ceux qui posent des cibles. L’islamophobie ne tue que ceux qui en sont accusés ; nous l’avons déjà vécu avec les attaques contre Charlie Hebdo et nous le revivons aujourd’hui.

L’islamophobie ne tue que ceux qui en sont accusés.

Samuel Paty est mort d’avoir été accusé d’islamophobie. Ce terme et les soupçons permanents qu’il fait porter conduisent à la censure, à la menace, puis à la violence et font reculer notre modèle de société. J’attends donc que le gouvernement s’engage pour une dissolution rapide du CCIF, le Collectif contre l’islamophobie en France, qui joue une stratégie d’intimidation délétère.

Du côté de l’éducation nationale, il faut mettre un terme à cette consigne de « ne pas faire de vague », et soutenir les enseignants face aux difficultés qu’ils rencontrent, leur faire confiance. Il aurait dû être réaffirmé très clairement et immédiatement que cet enseignant n’avait commis aucune faute, que la liberté pédagogique était une liberté non négociable.

Vous êtes vous-même enseignant en philosophie, avez-vous déjà ressenti une forme d’insécurité ou d’autocensure dans vos cours ?

Personnellement jamais, mais je sais que c’est que le cas de beaucoup de mes collègues. Je me souviens notamment de l’un d’entre eux qui avait affirmé que le voile ne serait jamais une obligation en France et a été muté après des plaintes de familles. Un discours religieux dans bien des milieux musulmans cherche à susciter la distance avec les institutions de la République, pour interdire aux enfants une confiance envers la France, qui leur est décrite comme une trahison de leur communauté d’origine. […]

Parler de séparatisme revient à se rassurer à bon compte, en s’imaginant des communautés qui font sécession et se replient sur elles-mêmes. Au contraire, les islamistes ont une ambition de conquête.

La loi sur le séparatisme en préparation par le gouvernement vous semble-t-elle suffisante pour répondre à ces problèmes ?

Parler de séparatisme revient à se rassurer à bon compte, en s’imaginant des communautés qui font sécession et se replient sur elles-mêmes. Au contraire, les islamistes ont une ambition de conquête par la violence et la censure, pour détruire nos libertés et imposer à tous le silence. Quand Jean-Michel Blanquer dit que cet acte est « inqualifiable », c’est faux. Le vrai nom de ce qui est arrivé c’est le terrorisme islamiste ; parler de séparatisme, c’est une nouvelle version du déni qui condamne la République à reculer depuis trop longtemps. Pour faire face à la violence, il faut la nommer et la combattre.

Crédit photo : Daina LE LARDIC / EP 2020

Aucune construction politique, aucune civilisation n’a d’avenir si elle ne maîtrise pas son territoire.

Photo : visite du camp de Kara Tepe, sur l’île grecque de Lesbos, en octobre 2020. © fxbellamy.fr

Entretien initialement paru dans Valeurs Actuelles le 8 octobre 2020.

L’attentat près des anciens locaux de Charlie Hebdo a porté dans le débat public la problématique des mineurs isolés. Il a fallu attendre ce drame pour que l’on s’en préoccupe…
Ce sujet est symptomatique de l’hypocrisie totale de nos politiques migratoires. Beaucoup d’élus départementaux alertent depuis des années sur ces “mineurs non accompagnés”, qui sont en fait très souvent des adultes connaissant parfaitement les failles de notre droit et cherchant seulement à bénéficier de ce statut protégé. Ce détournement manifeste est régulièrement couvert par paresse, lâcheté ou idéologie. Cela coûte deux milliards d’euros chaque année.

Le terroriste du 25 septembre était en effet un « faux » mineur. Que faudrait-il changer pour que ce système ne soit plus dévoyé ?
Il est indispensable que l’âge soit vérifié avant que quelqu’un soit reconnu comme mineur, pour mettre fin à ces mensonges évidents. Le juge qui s’est opposé à cette vérification dans le cas de ce migrant pakistanais devrait d’ailleurs s’en expliquer aujourd’hui… De manière plus générale, il faut réformer ce statut car la situation actuelle, loin de protéger les mineurs, créé une incitation au départ qui les met directement en danger : le gouvernement a d’ailleurs commis une faute très grave en renforçant ce risque, quand il a élargi récemment le regroupement familial aux mineurs. Bien sûr, dans l’urgence, il faut prendre soin d’un enfant isolé qui arriverait chez nous ; mais le seul objectif doit être d’organiser le plus rapidement possible son rapatriement vers sa famille dans son pays d’origine. La seule manière d’éviter que des mineurs ne soient jetés sur les routes de l’exil, c’est de garantir que personne ne restera sur le sol européen s’il n’a pas été autorisé à y entrer légalement. C’est la clé de toute politique qui protège vraiment ; il ne peut y avoir de vraie humanité sans maîtrise de nos frontières.

Que répondez-vous à ceux qui, jusqu’au gouvernement, estiment que l’accueil inconditionnel de ces mineurs relève de “l’honneur de la France” ?
Je leur réponds : allez faire un tour dans les hôtels sociaux où l’on héberge ces mineurs, et dites-moi si cela s’appelle l’honneur de la France. Allez à Lesbos voir les enfants piégés dans l’impasse migratoire, et dites-moi s’il s’agit de l’honneur de l’Europe. Le trafic d’êtres humains organisé par les passeurs, et la misère qu’il suscite, sont permis par la passivité coupable de nos pays, notre incapacité à maîtriser nos frontières, tout cela au nom de ce que les belles âmes, depuis le confort de leurs bureaux parisiens, appellent « l’honneur de la France ».
Bien sûr, il est légitime d’accueillir des gens réellement menacés ; nous n’avons d’ailleurs pas fait assez pour les chrétiens persécutés, ou les afghans qui avaient travaillé avec les soldats français. Mais le droit d’asile n’a rien à voir avec le détournement systématique dont il est l’objet aujourd’hui : sur plus de 150 000 demandeurs d’asile chaque année, 80% sont déboutés ; mais seuls 4 à 6% d’entre eux sont réellement expulsés… Ce n’est pas de la solidarité, juste de l’impuissance.

Vous revenez de Grèce, et plus précisément de l’île de Lesbos, symbole de la crise migratoire. Quel constat y avez-vous établi ?
C’est un immense drame humain. D’abord pour ces milliers de migrants auxquels des passeurs avaient vendu l’espoir, et qui se retrouvent dans une impasse, piégés dans des conditions très précaires et des procédures aberrantes. Et bien sûr une épreuve pour les Grecs, en première ligne face à cette situation. Ils vivent déjà les tensions et les conflits que cette situation prépare à grande échelle.

L’Union européenne, tiraillée par les intérêts divergents des nations qui la composent, peut-elle défendre une ligne cohérente sur la question migratoire ?
Si elle n’y arrive pas, elle est vouée à disparaître. Aucune construction politique, aucune civilisation n’a d’avenir si elle ne maîtrise pas son territoire. Mais je voudrais quand même rappeler que l’Europe n’est pas la première responsable en la matière : la plus grande part de l’immigration qui entre chaque année en France est une immigration légale. L’Etat a délivré l’an dernier plus de 300 000 titres de séjour, l’équivalent de la ville de Bordeaux ! Chaque année, ce gouvernement bat un nouveau record, et il en est totalement responsable.

Aucune construction politique, aucune civilisation n’a d’avenir si elle ne maîtrise pas son territoire. Mais je voudrais quand même rappeler que l’Europe n’est pas la première responsable en la matière : la plus grande part de l’immigration qui entre chaque année en France est une immigration légale.

Malgré tout, s’accorder à 27 sur une politique migratoire commune ne vous semble-t-il pas difficile à réaliser politiquement ?
Bien sûr, mais la situation évolue. En 2015, les pays européens ont été violemment divisés sur la crise migratoire. Quand l’Allemagne a accueilli plus d’un million de migrants sur son sol, d’autres pays – comme ceux du groupe de Visegrad – s’opposaient vigoureusement à cette ouverture. Aujourd’hui, la ligne de Viktor Orban l’a clairement emporté. Regardez le pacte sur les migrations, présenté par la Commission européenne : il reste dans ce projet des points qui posent de vrais problèmes, mais fondamentalement, l’option prise par la commission consiste à protéger concrètement les frontières extérieures de l’Europe, et à adopter enfin une vraie politique de reconduites. Un élément crucial : la commission accepte enfin de renoncer à l’idée inopérante et anti-démocratique de la relocalisation obligatoire de quotas de migrants dans les Etats membres. Cela représente une rupture substantielle depuis 2015 – Angela Merkel elle-même ne défend plus ses positions de l’époque.

En 2015, justement, l’Europe avait en quelques sortes “sous-traité” le contrôle de ses frontières à Recep Tayyip Erdogan. Quelle doit-être aujourd’hui l’attitude de l’Europe vis-à-vis de la Turquie ?
L’Europe est coupable de rester aussi passive et silencieuse face à la menace globale que fait peser sur elle l’action d’Erdogan en Grèce, à Chypre, ou contre l’Arménie aujourd’hui. Plusieurs mesures s’imposent immédiatement : arrêter bien sûr une bonne fois pour toutes la procédure d’adhésion de la Turquie à l’UE, cette fiction aberrante que nous dénonçons depuis longtemps, et stopper les financements qui y sont liés ; instaurer des sanctions contre le régime turc et ses principes figures. Face à cette menace, l’alliance des pays européens peut les renforcer en matière de contrôle des frontières, de sécurité et de défense, notamment pour les rendre moins dépendants de l’Otan – dont la Turquie est membre. Nous en sommes loin aujourd’hui.

Le président de la République a présenté récemment un plan de lutte contre “les séparatismes”, salué largement dans la classe politique – y compris à droite. Qu’en avez-vous pensé ?
Pour ma part, je ne trouve malheureusement dans ce discours qu’un mélange de naïveté, d’inconséquence et de pure communication. L’islamisme représente une menace politique vitale : le président propose une réponse juridique… mais pourquoi créer un nouvel arsenal de lois, quand on a renoncé à appliquer celles qui existent déjà, par manque de volonté et de fermeté ? Emmanuel Macron persévère par ailleurs dans cette culture de l’excuse qui consiste à mettre encore et toujours la France en accusation. Il dénonce le « surmoi post-colonial » de la France, qu’il avait déjà accusée de crimes contre l’humanité ; il relie les attentats islamistes au fait que nous n’avons pas donné sa chance à la jeunesse… Mais bien des jeunes vivent dans les territoires déshérités et abandonnés de la France périphérique, qui n’ont d’ailleurs pas bénéficié des financements colossaux des « politiques de la ville » ; et ceux-là ne commettent pas d’attentats ! Il est absurde de penser, par une espèce de matérialisme post-marxiste, que tout s’explique par l’économie et qu’on en vient à tuer des gens à coups de hachoir parce qu’on n’a pas pu intégrer une école de commerce… On ne fera pas reculer le terrorisme en expliquant qu’il y a des raisons qui pourraient le légitimer.

Emmanuel Macron a parlé à plusieurs reprises dans ce discours de la “civilisation islamique”, présente de fait dans notre pays. Est-ce une manière d’acter que notre société est désormais multiculturelle ?
En l’écoutant, je me demandais, songeur, s’il serait prêt à parler de la civilisation chrétienne. Emmanuel Macron avait explicitement refusé, dans son discours aux Bernardins, de reconnaître les racines chrétiennes de notre civilisation. Nous sommes prêts à reconnaître la culture de l’Autre : seule notre propre origine n’est pas admise dans le panthéon diversitaire. Dans ce réflexe multiculturaliste, il y a l’illusion de croire qu’on sauvera le « vivre ensemble » en acceptant de sacrifier sans cesse un peu plus de notre culture, de nos principes et de notre manière de vivre. Mais le déni de soi ne ramènera pas la paix, au contraire, il ne peut susciter que l’éclatement de la société en une juxtaposition de communautarismes revendicatifs.

Cela ne trouve-t-il pas une une traduction concrète sur la question de l’apprentissage de l’arabe ?
C’est un contresens majeur. Dans notre pays, à 18 ans, un jeune sur cinq est en difficulté dans la lecture et l’écriture du français : et on voudrait lutter contre le séparatisme en promouvant l’enseignement de l’arabe ? Le vrai défi qui nous attend, c’est de garantir que chaque enfant qui grandit en France soit authentiquement français, pas seulement pas l’état civil mais par la culture, le sentiment d’appartenance, et d’abord par la langue. Il n’y a aucune raison d’enfermer indéfiniment les enfants de la troisième ou quatrième génération dans une communauté linguistique autonome qui se perpétuerait en France.

Vous dites qu’Emmanuel Macron n’a pas évoqué la civilisation chrétienne. Dans son discours, le mot « France » était également quasi systématiquement remplacé par celui de “République”, comme si les deux étaient synonymes. Faut-il y voir plus qu’un tic de langage ?
C’est le symptôme de la confusion dont je parlais tout à l’heure : nous voulons apporter une réponse juridique à un problème politique. La République est une forme institutionnelle ; il faut faire respecter la loi commune, ni plus, ni moins. Emmanuel Macron veut « faire aimer la république » : mais comme l’avait si bien dit Charlotte d’Ornellas, on ne se passionne pas pour la littérature républicaine, on ne savoure pas la gastronomie républicaine, on n’est pas ému par la beauté des paysages républicains ! C’est le même président qui affirmait qu’ « il n’y a pas de culture française »… L’Etat ne peut susciter aucune adhésion s’il prétend être aimé pour lui-même, s’il n’est pas capable de reconnaître qu’il n’est qu’une forme institutionnelle au service de la perpétuation de cet héritage culturel que nous appelons la France.

Que faudrait-il donc faire pour lutter contre le séparatisme islamiste ?
La première réponse, c’est de faire appliquer la loi partout, sans faiblesse, de punir la première infraction, de sanctionner sans faillir ceux qui défient nos lois – tout cela est d’abord une question de volonté politique. La seconde, c’est de mettre fin à l’immigration massive, et de commencer par mener le travail d’intégration en échec depuis si longtemps. Prétendre lutter contre le séparatisme quand on laisse entrer chaque année en France 450 000 personnes, c’est simplement un mensonge. Enfin, la troisième réponse est l’éducation : s’il nous reste une chance d’éviter la fracturation définitive de notre société, elle passe par la bataille des cœurs. Seule l’éducation peut transmettre de nouveau la culture française à tous les jeunes qui vivent en France, la donner à connaître et à aimer. C’est possible, et je l’ai vécu comme bien des enseignants qui mesurent la valeur de l’héritage qu’ils ont à partager. Mais il y a vraiment urgence…


Europe et politique migratoire : quelques éléments sur le projet de la commission européenne (ajouté le 22/10/20)

« Pour un débat enfin sérieux sur le sujet crucial de la politique migratoire en Europe, et en vue du travail qui nous attend au Parlement pour obtenir des résultats efficaces sur ce sujet, quelques éléments sur le projet présenté récemment par la commission. »