Une mise en scène

Réaction au débat entre Gabriel Attal et Jordan Bardella

Nous somme dans une crise démocratique assez profonde, qui se révèle dans la mise en scène à laquelle nous avons assisté. Qu’est-ce qui permet d’organiser la confrontation entre ces deux personnes ? Ni les sondages, ni les intentions de vote, et encore moins la réalité du débat européen ne justifie l’organisation par le service public de cette confrontation.

Plus de la moitié des Français ne se reconnaissent pas dans ce débat. Je suis venu par respect pour eux, parce qu’ils ont le droit à la parole.

 

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Élections européennes : pour répondre à quelques questions souvent posées

Des réponses claires à sept questions qui reviennent souvent, pour vos discussions en famille, entre collègues ou entre amis… Les jours qui viennent seront décisifs : n’hésitez pas à partager ce lien à tous ceux qui s’interrogent encore !

  1. « Quel parti aura le plus d’impact demain en Europe ? »
  2. « On dit que « voter LR, c’est voter Ursula von der Leyen » ? »
  3. « Fx Bellamy a des désaccords avec son propre groupe PPE. »
  4. « On dit qu’il y a un risque de coalition entre LR et Macron après les élections européennes »
  5. « La droite aujourd’hui est chez Emmanuel Macron. »
  6. « Mais pourquoi voter pour LR et non une autre liste de droite ? »
  7. « Pourquoi ne pas faire l’union des droites ? »
  8. « Pour battre Emmanuel Macron et que la situation change enfin, il faut que le RN arrive en tête de cette élection. »

« Quel parti aura le plus d’impact demain en Europe ? »

Les Républicains font partie du PPE, le parti de la droite européenne, qui va gagner cette élection en Europe. Comme toutes les enquêtes le montrent depuis des mois, le PPE (Parti populaire européen) va obtenir le plus grand nombre de députés au Parlement européen. Ce parti de la droite européenne comptera aussi plus de la moitié des chefs d’État et de gouvernement en Europe, et par conséquent également la majorité des commissaires européens. C’est la première fois que le PPE aura un rôle aussi décisif dans les choix politiques en Europe.

Les autres partis politiques français n’auront pas les mêmes leviers pour agir. ID est un groupe minoritaire et peu actif, ECR est également minoritaire et divisé au point qu’il pourrait disparaître au début du prochain mandat, Renew va voir ses effectifs encore diminuer.

Malgré la crise que traversent les partis de gouvernement en France, seul les députés LR auront la possibilité demain d’agir concrètement – pour libérer l’économie, reconstruire les frontières, défendre la France dans les débats européens.

Quel que soit l’ordre d’arrivée, dans une élection proportionnelle à un tour, envoyer un député de plus dans le groupe où l’essentiel se jouera est le plus sûr moyen d’agir sur les décisions à venir. Si vous voulez que votre voix ait un impact, soutenir François-Xavier Bellamy est le seul vote utile.


« On dit que « voter LR, c’est voter Ursula von der Leyen » ? »

C’est faux. En fait, « voter LR » est la seule façon d’éviter qu’elle soit reconduite.

Les députés LR et leur groupe PPE n’ont pas soutenu la désignation d’Ursula von der Leyen en 2019. Elle est devenue présidente de la Commission par l’intervention d’Emmanuel Macron, qui a fait obstacle au candidat du PPE.

Ils ne la soutiennent pas davantage cette année. François-Xavier Bellamy a été le premier à s’opposer à sa reconduction ; une grande partie du PPE a depuis rejoint cette ligne : la moitié des élus du PPE qui participaient au congrès où elle a présenté sa candidature ne l’ont pas soutenue, alors qu’elle était seule en lice.

Au lendemain de l’élection, la décision se prendra au sein du PPE, qui sera la première force politique en Europe. C’est là qu’il faudra peser en s’alliant avec les députés d’autres pays qui partagent notre vision.

Dans les autres partis, beaucoup critiquent comme nous le bilan de cette Commission ; la différence, c’est que nous serons les seuls à pouvoir agir pour obtenir le changement de cap dont l’Europe a besoin.


« Fx Bellamy a des désaccords avec son propre groupe PPE. »

Le PPE est le parti de la droite européenne. Au cours de ce mandat, c’est à François-Xavier Bellamy qu’il a demandé de définir sa nouvelle charte.

Cela n’empêche pas qu’il existe bien sûr des désaccords au sein de ce parti européen. Les débats au sein du parlement montrent régulièrement les divergences entre les pays, et cela vaut pour tous les groupes politiques. Aucun député français ne sera d’accord sur tous les sujets avec ses alliés en Europe.

Le PPE aura enfin les leviers pour agir dans les cinq prochaines années, avec le plus grand nombre de députés, de chefs d’État et de commissaires européens. Aucun autre groupe, comme ECR par exemple, ne pourra faire la décision sans le PPE. C’est donc le lieu où il faudra être pour agir de l’intérieur et obtenir des résultats, et François-Xavier Bellamy l’a déjà montré.


« On dit qu’il y a un risque de coalition entre LR et Macron après les élections européennes »

Ces rumeurs ne se fondent sur rien et n’ont pour but que de déstabiliser la campagne de François-Xavier Bellamy. Gérard Larcher a récemment de nouveau balayé l’hypothèse d’une coalition.

Il y a sept ans qu’Emmanuel Macron est à l’Elysée : tous ceux qui sont engagés chez LR auraient eu de nombreuses occasions de basculer du côté du pouvoir. Les opportunistes sont partis ; ceux qui restent ont tenu bon, parce qu’ils savent que le devoir de LR est d’incarner une alternative.

Pendant cinq ans, au parlement européen, François-Xavier Bellamy s’est confronté durement aux élus macronistes, premiers alliés de la gauche pour fragiliser nos frontières, saborder le nucléaire, organiser la décroissance agricole ou la dérive budgétaire, et même fermer les yeux sur l’entrisme islamiste qui menace nos institutions.


« La droite aujourd’hui est chez Emmanuel Macron. »

Au Parlement européen, les macronistes ont formé une majorité avec les socialistes et les écologistes. Ils appartiennent au groupe « Renew », concurrent du PPE, mais c’est un groupe de plus petite taille.

Leur tête de liste Valérie Hayer dit voter à 90% avec les socialistes. Ils ont soutenu la décroissance entraînée par le Pacte vert, la fragilisation de notre industrie en votant systématiquement contre le nucléaire, le refus de contrôler les frontières de l’Europe. Pascal Canfin, député macroniste venu des Verts, a porté le gel de 10% des surfaces agricoles en Europe. Valérie Hayer a combattu notre volonté de financer des infrastructures physiques de protection des frontières de l’Europe, contre l’avis de nombreux gouvernements européens.

À Bruxelles, la majorité d’Emmanuel Macron a simplement constitué la force d’appoint du groupe socialiste. À Paris, le bilan du gouvernement sur la dette, la dépense publique, l’insécurité, l’immigration, l’école, l’énergie et tant d’autres sujets, n’a fait qu’aggraver celui de la gauche au pouvoir.


« Mais pourquoi voter pour LR et non une autre liste de droite ? »

Ce n’est pas en dispersant les voix de la droite, en multipliant les partis, que nos idées gagneront : c’est en reprenant notre place dans le parti qui a le devoir de porter ces idées. François-Xavier Bellamy n’a jamais varié sur la méthode qu’il veut suivre.

Ne vous engagez pas en cherchant le parti qui aurait toujours tout bien fait, ou qui ne compterait que des gens qui n’ont jamais fait d’erreurs : ça n’existe pas. Cherchez où agir pour être utile. LR a des leviers pour agir dont aucun autre parti ne dispose : des parlementaires à l’Assemblée, la majorité au Sénat, le plus grand nombre d’élus locaux partout en France, et une délégation dans la première force politique en Europe. Est-ce que vos idées peuvent réussir si vous abandonnez le navire ?


« Pourquoi ne pas faire l’union des droites ? »

Il faut bien sûr faire l’union dans la droite, en s’appuyant sur la formation politique qui a pour mission de représenter tous les électeurs de droite. Pour faire cette union, il est contre-productif d’organiser une division supplémentaire en créant son parti, ou de rejoindre un groupe très minoritaire au Parlement européen… Les électeurs de droite doivent redevenir majoritaires, en France comme en Europe.

Multiplier les structures politiques qui se font concurrence ne conduira à rien. Si vous êtes un électeur de droite déçu, c’est une raison de plus de venir reconstruire avec nous. C’est en relevant le parti qui doit incarner la droite en France et en Europe que nous pourrons retrouver l’occasion d’agir.


« Pour battre Emmanuel Macron et que la situation change enfin, il faut que le RN arrive en tête de cette élection. »

Beaucoup l’ont oublié, mais le RN a déjà gagné la dernière élection européenne, en promettant que tout allait changer. Cela n’a eu aucun impact. Au plan national, Emmanuel Macron a déjà annoncé que le résultat de ces élections ne ferait pas changer le gouvernement.

En revanche, les conséquences sont durables au plan européen : le vote du 9 juin va définir la place de la France à Bruxelles pendant cinq ans. En 2014 comme en 2019, le RN a reçu des Français le plus grand nombre de députés, pendant deux mandats : mais il n’en a absolument rien fait. En dix ans, il n’a pas fait bouger une virgule dans un seul texte européen.

Contrairement à ce que prétendent ses élus, ce n’est pas parce que le RN était « dans l’opposition » : François-Xavier Bellamy et les élus de sa délégation au Parlement européen se sont également opposés à une grande partie des mesures portées par la Commission pendant ce mandat. Mais ils ont travaillé sur le fond, pesé dans les négociations, remporté des combats – sur l’agriculture, le nucléaire, les frontières, l’industrie de défense, la lutte contre l’islamisme… Vous pouvez retrouver ici un aperçu du bilan. Avec trois fois plus de députés, le RN n’a aucun bilan.

Faire gagner le RN, c’est donc le plus sûr moyen que rien ne change, comme en 2019 ; et c’est laisser la liberté à Emmanuel Macron pour poursuivre sa politique en Europe, au lieu de renforcer le seul groupe de droite qui peut s’opposer à lui.

 


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Peut-on se passer du libre-échange ?

Tribune parue dans Les Echos le 22 mai 2024

L’Europe ne peut et ne doit pas se couper du commerce mondial. Mais il a connu un tournant critique, et nous paierons cher le fait d’être le dernier continent à l’avoir compris…

Avec les Etats-Unis, l’Europe a longtemps été à l’avant-garde du libre-échange, dans un contexte de supériorité économique, industrielle et technologique indiscutable. La chute du mur de Berlin a marqué le début d’une grande phase de mondialisation, perçue comme le triomphe de l’Occident, de ses valeurs et de son modèle économique.

La montée en puissance des pays émergents, mais aussi le décrochage depuis une quinzaine d’année de l’Europe par rapport aux Etats-Unis, ont changé la donne. Dans le contexte du retour de rivalités géopolitiques affirmées, le commerce international est redevenu un outil stratégique. En accueillant la Chine, l’OMC n’a pas vécu son triomphe, mais sa fin : ses membres les plus importants ont fait voler en éclat ses principes. Subventions publiques massives à la production, barrières tarifaires et réglementaires de pure opportunité, exclusivité nationale sur les marchés publics… : les Etats-Unis comme la Chine se sont affranchis sans complexe des règles du jeu, tout en neutralisant l’arbitre.

Dans ce contexte, l’Europe doit éviter deux impasses.

Le premier danger serait de se replier dans un protectionnisme frileux, sans vision et sans ambition. C’est un risque majeur pour la France en particulier ; dans une zone euro excédentaire commercialement, notre pays paie cher son retard de compétitivité : 100 milliards de déficit commercial l’an dernier, record atteint par l’État champion du monde des impôts, des charges et de la complexité. Si nous voulons retrouver notre prospérité, la pire erreur serait de tenter de s’enfermer dans quatre murs pour se protéger de la compétition mondiale ; ce serait le plus sûr moyen de mourir à petit feu. Il n’y a pas d’autre option que la liberté : libérer nos entrepreneurs, nos industriels, nos agriculteurs, des sables mouvants administratifs, sociaux et fiscaux qui découragent tous les jours le travail et la production en France.

En allégeant drastiquement les codes et les charges, en sortant de la prime à l’inactivité, en recréant un principe de confiance envers le risque et l’investissement, en interdisant les surtranspositions – avec un objectif : remettre le pays à niveau au moins des concurrents européens.

Deuxième impasse tout aussi dangereuse : la naïveté.

Cet indispensable travail ne suffira pas en effet à nous rendre compétitifs face à n’importe quels modèles, sauf à entrer dans une course délétère aux subventions publiques ou au moins-disant systématique. C’est l’une des raisons pour laquelle nous n’avons pas soutenu le CETA : ce serait condamner politiquement le libre-échange que d’organiser en son nom une concurrence déloyale contre nos propres producteurs. La trajectoire de cet accord est d’ailleurs, à moyen terme, irrémédiablement déficitaire pour la France. Le débat qu’il a suscité est légitime ; mais il ne doit pas faire oublier que l’essentiel est de toute façon ailleurs.

Face à la stratégie agressive de surproduction chinoise, l’Europe ne doit pas laisser les États-Unis réagir seuls, sauf à se condamner à devenir l’unique marché de débouché pour le projet de Pékin. L’urgence est de compléter le MACF pour y inclure les produits manufacturés, en rétablissant les quotas gratuits pour nos industriels jusqu’à sa pleine effectivité.

L’Union devra également apprendre à appliquer des quotas, et mener plus rapidement ses enquêtes anti-dumping, en mobilisant tous les outils juridiques que nous avons créés au cours du dernier mandat. L’été dernier, le chef économiste de la Commission déclarait encore qu’il faudrait remercier la Chine de subventionner les voitures qu’elle nous vendra : c’est à cette naïveté dangereuse qu’il est urgent de mettre fin. Sinon, les prochaines crises nous réveilleront trop tard à une vulnérabilité devenue irréversible.

Pour un principe de non-régression économique en Europe

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Tribune parue dans l’Opinion en mai 2024

Face au décrochage économique de l’Europe, la tête de liste de LR pour les élections européennes, qui dévoile mardi son projet européen, plaide pour qu’aucun projet « entravant la production et l’activité économique » ne puisse être approuvé au sein de l’UE. 

Au moment où l’Europe doit affronter des défis géopolitiques inédits, il est temps de prendre enfin conscience que nous perdrons toute capacité d’agir si nous laissons se poursuivre le double décrochage économique qui s’accélère sous nos yeux : celui de l’Europe dans le monde, et de la France en Europe. Alors que l’Europe pesait un poids économique équivalent à celui des Etats-Unis et nettement supérieur à celui de la Chine en 2010, l’écart est désormais de 80% en faveur des Etats-Unis, tandis que la Chine nous a rattrapés.

L’Union européenne était structurellement une puissance exportatrice : 

Elle a accusé en 2022 un déficit commercial de plus de 400 milliards d’euros, certes lié à la crise énergétique mais, plus structurellement, aux multiples entraves à la production qui ont été le résultat des politiques européennes ces dernières années.

Qu’il s’agisse de l’agriculture, avec les projets Farm to Fork et restauration de la nature, de l’énergie, par la lutte acharnée contre l’énergie nucléaire, ou plus généralement de l’industrie, livrée à une concurrence déloyale de la Chine et minée par nos propres décisions – comme l’interdiction des véhicules thermiques d’ici 2035, le bilan est catastrophique.

Une inflation normative aberrante fait désormais peser un risque pénal sur tous les chefs d’entreprise, avec par exemple les directives CSRD ou Devoir de vigilance, votée en avril dernier par cette coalition récurrente alliant l’extrême gauche, les socialistes, les verts et les macronistes. Sursaut.

Nous n’avons cessé de nous opposer à ce projet de décroissance :

Le sursaut est désormais urgent, et doit être concret. Au principe de non-régression écologique si souvent mobilisé, nous voulons adjoindre un principe de non-régression économique, industrielle et agricole. Aucun projet entravant la production et l’activité économique ne doit pouvoir être approuvé ; et le prochain parlement devra soumettre à ce critère l’ensemble des directives et règlements existants qui pèsent sur nos entreprises.

Ce travail essentiel, dans lequel je compte m’investir personnellement, ne pourra être mené que par des députés européens réellement investis, pas par des touristes parlementaires absents de tous les combats qui comptent. Mais ce décrochage économique dans le monde ne doit pas masquer celui de la France au sein de l’Europe.

Derrière la mise en scène des investissements étrangers en France, la réalité est que nous affichons le déficit commercial le plus important de tous les pays européens, de 100 milliards d’euros en 2023 après le record historique de 162 milliards d’euros en 2022.

Nous sommes le troisième pays le plus endetté de l’UE après la Grèce et l’Italie, et notre trajectoire budgétaire est bien plus préoccupante.

La France s’enfonce dans la dérive de ses finances publiques et dans la consommation à crédit, la faute à des dépenses publiques hors de contrôle et aux prélèvements obligatoires les plus élevés de l’OCDE. Dans cet enfer fiscal, la France qui travaille voit ses efforts confisqués pour financer des dépenses irresponsables, en particulier par les minorités de blocage qui continuent à imposer leur chantage comme si de rien n’était.

Même les Jeux olympiques deviennent une occasion pour exiger des privilèges.

L’accord entre la SNCF et ses syndicats, qui revient à ne pas appliquer la réforme des retraites, est un vrai crachat au visage des salariés, du privé comme du public, qui paient deux fois pour la dérive de ce corporatisme irresponsable, comme contribuables et comme clients. Un tel hold-up n’est possible que par la lâcheté de la quasi-totalité de la classe politique française : la majorité fait semblant de découvrir le problème pour ne pas avoir à y toucher, et le RN prend comme la gauche le parti de Sud Rail, contre une majorité silencieuse que personne ne semble vouloir écouter.

Trop, c’est trop : pour rompre avec cette surenchère, le gouvernement doit exiger de la SNCF qu’elle annule cet accord, et se saisir enfin de la proposition de loi soutenue au Sénat par la droite et le centre limitant les grèves dans les transports publics, comme en Italie. La faute originelle du macronisme a été de céder aux zadistes de Notre-Dame des Landes, abandonnant le droit et la démocratie à une occupation violente.

Si cette logique n’est pas renversée maintenant, c’est le relèvement du pays qui s’en trouvera durablement compromis. Il est temps que la France qui travaille cesse enfin de subir en silence ; c’est la mission de la droite d’en être le porte-voix.

Il y a un an : débat face à Olaf Scholz

Bellamy / Glucksmann : le vrai débat européen

Débat sur BFM TV le 14 avril 2024

Conflit au Moyen-Orient, invasion russe de l’Ukraine, crise migratoire, écologie, agriculture, pouvoir d’achat… François-Xavier Bellamy et Raphaël Glucksmann confrontent leurs convictions sur les principaux enjeux auxquels font face les Français.

Gestation pour autrui, une nouvelle forme de traites d’êtres humains

Evénement organisé par François-Xavier Bellamy (groupe PPE) au Parlement européen, à l’occasion du vote sur la Directive combattant le trafic d’êtres humains

Vote important cette semaine

Après un accord avec les États-membres et la Commission, le Parlement a adopté en dernière lecture, par une majorité de voix de droite comme de gauche, la proposition de François-Xavier Bellamy d’inclure la gestation pour autrui dans la directive européenne contre la traite des êtres humains.

Ce travail a été fait avec les élues de la Gauche européenne en charge de cette directive : refuser l’exploitation des femmes et la marchandisation des enfants est un combat qui doit nous réunir, bien au-delà des clivages politiques.

C’est un devoir pour toute l’Europe.

Merci à Olivia Maurel d’être venue, à l’occasion de ce vote important, partager au Parlement son témoignage si courageux d’enfant née de GPA, qui sait ce que cela signifie ; et à Bernard Garcia Larrain, docteur en droit qui porte cette cause au plan international. Le travail continue ! 


Le vrai danger pour le climat, c’est la décroissance de l’Europe.

« Aujourd’hui, dans ce débat aberrant, nous voilà attaqués parce que nous avons réussi à obtenir que l’Europe soutienne enfin nos agriculteurs. Nous voilà mis en accusation parce que nous attaquerions le climat.

Mais la vérité, chers collègues des Verts, chers collègues de la gauche, chers collègues macronistes, c’est que l’attaque, elle vient de vous :

  • Attaques contre nos emplois, qui ont été fragilisés directement par les choix industriels désastreux que vous aurez portés ;
  • Attaques contre notre souveraineté et notre indépendance, avec votre obsession contre le nucléaire ;
  • Attaques contre notre prospérité, avec l’agenda de décroissance économique et agricole que vous n’aurez cessé de mener malgré nos avertissements ;
  • Attaques, enfin, contre le climat lui-même.

Parce que oui, le climat n’est pas mis en danger aujourd’hui par ceux qui travaillent et qui produisent en Europe, et qui respectent les règles environnementales les plus exigeantes au monde. Les deux tiers des émissions mondiales sont faites par dix pays, dont un seul est européen.

Et la vérité, c’est que tout ce que nous avons fait, tout ce que vous avez porté pour empêcher les Européens de produire chez eux ce dont nous avons besoin, vous l’avez fait pour offrir des parts de marché sur notre continent à ces modèles de production qui détruisent le plus la planète.

Il faut revenir à la rationalité.

Votre responsabilité sera immense.

Le 9 juin, les électeurs voteront et nous remettrons l’Europe à l’endroit. »

Tout ce que vous avez porté pour empêcher les Européens de produire chez eux ce dont nous avons besoin, vous l’avez fait pour offrir des parts de marché sur notre continent à ces modèles de production qui détruisent le plus la planète. Il faut revenir à la rationalité.


Cette dernière session plénière a tout de même été l’occasion d’une vraie victoire pour les agriculteurs, grâce aux efforts du PPE :

Renouvellement de la flotte de pêche dans les outre-mer : une urgence absolue

Intervention de François-Xavier Bellamy, député du groupe PPE membre de la commission de la pêche

flotte de pêche dans les outre-mer

La question du renouvellement de la flotte est sans doute l’une des questions les plus désolantes que nous ayons eues à traiter, et à traiter à nouveau, au cours de ce mandat.

Désolante parce que, depuis des années maintenant, le Parlement a fait un choix clair – et même nos prédécesseurs ont voté ici au cours du dernier mandat – pour demander que soient enfin libérés les moyens nécessaires pour soutenir le renouvellement de la flotte dans les régions ultrapériphériques. Et aujourd’hui encore, nous en sommes au même point, à des réponses qui, finalement, n’arrivent jamais à la conclusion nécessaire, et à des manœuvres dilatoires qui ne cessent de retarder le fait que soient enfin mis sur la table les fonds dont les pêcheurs ont besoin pour renouveler leur flotte.

Vous l’avez dit, Monsieur le Président, nous parlons ici de sécurité. Nous parlons de la vie et de la mort de ceux qui vont en mer pour pouvoir nourrir les Européens. Nous parlons aussi de l’attractivité du métier et du renouvellement de la flotte. Nous parlons du confort à bord qui est évidemment nécessaire. Nous parlons donc de la capacité à continuer de produire dans nos pays.

Vous disiez, Monsieur le Président, si les bateaux ne sont pas renouvelés, alors ce sont des filières entières qui vont s’effondrer, qui ne seront pas remplacées.

Elles seront en réalité évidemment remplacées par les importations. Elles seront remplacées par une pêche que nous importons. Et cette pêche-là, La Commission sait-elle qu’elle est massivement subventionnée ? Prenons l’exemple simple de la Réunion, de Mayotte : Comment ne pas voir que, dans l’océan Indien, aujourd’hui, partout, nous voyons une pêche chinoise, une pêche indienne, une pêche iranienne, une pêche africaine qui sont en réalité largement équipées par des moyens publics, y compris, et c’est là le sujet de révolte le plus absolu, des pêcheurs européens, par des moyens publics européens.

Nous ne parlons pas d’augmenter l’effort de pêche ! Nous parlons seulement de la possibilité de le poursuivre. 

J’ai été rapporteur pour l’accord de pêche que nous avons renouvelé récemment avec l’île Maurice.

Dans cet accord de pêche, la Commission européenne, l’Union européenne, met à disposition des pêcheurs mauriciens des moyens pour renouveler leur flotte. Donc les pêcheurs de la Réunion, les pêcheurs de Mayotte auxquels la Commission interdit de recourir à des fonds que même nos États seraient prêts à mettre sur la table pour les aider à investir dans leur avenir, voient arriver dans leurs eaux, dans nos eaux, dans les eaux internationales, des bateaux neufs financés avec des fonds européens qui leur sont à eux refusés.

Comment est-ce possible de comprendre une telle contradiction ?

Alors on nous dit il y a la dimension environnementale, il y a l’impact environnemental ; il y a les infos sur les subventions dangereuses pour l’environnement ; mais nous ne parlons pas d’augmenter l’effort de pêche ! Nous parlons seulement de la possibilité de le poursuivre. Et surtout, nous parlons d’une pêche dont l’impact est de toute façon très modeste. Comment est-ce qu’on peut expliquer à des pêcheurs – prenez par exemple sur la flotte thonière, dont la totalité des captures autorisée est 30 tonnes de thon albacore par an – qu’on ne veuille pas renouveler leur flotte alors que les senneurs européens ont droit au total à 73 000 tonnes ?

Évidemment, ce n’est pas là que se trouve le problème environnemental.

Donc nous commettons un contresens économique, un contresens géopolitique et une faute majeure contre le choix démocratique du Parlement et des institutions européennes, une faute majeure contre les pêcheurs européens. Et c’est en leur nom, je crois, qu’il est temps, maintenant, que nous sortions des discours qui tournent autour du problème pour aller enfin à la résolution. Nous espérons que dans les prochains jours, dans les prochaines semaines, avant la fin de ce mandat, en tous les cas, nous aurons de la part de la Commission enfin une vraie réponse qui ne soit pas seulement l’ajout de lignes directrices supplémentaires, mais une réponse concrète pour permettre de débloquer ces fonds qui sont attendus avec tant d’urgence par les pêcheurs européens. Merci beaucoup.


Débat Public Sénat – ce qui comptera, c’est que les électeurs regardent le bilan de chacun

Premier débat de listes avant l’élection européenne du 9 juin

Débat


Plus ou moins d’Europe ?


Agriculture


Immigration


Nucléaire


Ce qui comptera, c’est que les électeurs regardent le bilan de chacun.

 


Revoir le débat :